Nouvelles

« Gens de guerre lansquenetz, protestants et hérétiques »: culture discursive et pratiques confessionnelles

Nicolas Handfield
Acte de colloque, 4e édition du colloque Jean-Marie Fecteau, mars 2019
Cet acte de colloque se consacre à la culture langagière et religieuse des lansquenets, dont l’étude du blasphème fait le lien. Ces deux pratiques sont ici regroupées non seulement parce qu’elles constituent les fondements de l’identité individuelle et collective de ce groupe, mais aussi parce qu’elles sont systématiquement relevées dans les sources. C’est donc probablement d’abord elles qui font la singularité du lansquenet dans le paysage militaire du début du XVIe siècle, pour des contemporains incapables le plus souvent de distinguer les différents patois allemands et dans une société marquée par une forte religiosité.

« Messieurs les Anglais, veuillez tirer les premiers » : l’expérience de la guerre au siècle des Lumières (1715-1789)

Philipp Portelance
Acte de colloque, 4e édition du colloque Jean-Marie Fecteau, mars 2019
Le siècle des Lumières, siècle de raison et de cosmopolitisme, serait ainsi une période militairement peu importante, ou encore un « intervalle décoratif entre les guerres de Religion et […] l’industrialisation du XIXe siècle[4] ». Le XVIIIe siècle est parfois même vu comme une période moins violente entre les guerres du Roi-Soleil et celles, que certains disent totales[5], de la Révolution et de l’Empire. Au regard de celles-ci, en effet – de leur extension et de la conscription qu’elles instaurent en France[6] –, l’historiographie a longtemps présenté les guerres du siècle précédent comme limitées. Il s’agirait d’une guerre de convenance, d’une « querelle de voisinage », voire d’une affaire de famille, comme dans le film de Gérard Krawczyk Fanfan la Tulipe.

DUMAS, Alexandre, L’Église et la politique québécoise, de Taschereau à Duplessis, Montréal, McGill-Queen’s University Press, 2019, 337p.

Maxime Trottier
L’ouvrage d’Alexandre Dumas, spécialiste en histoire religieuse au Québec, comporte deux grandes orientations. La première explore dans la moyenne durée (1930-1960) les relations entretenues entre les autorités politiques et religieuses québécoises, qui relèvent du parti-pris et de l’influence exercée par l’Église dans l’arène politique. La seconde vise à remodeler notre compréhension de la période dite de la Grande Noirceur en réexaminant un cliché tenace concernant l’ère duplessiste : celui d’un régime misant sur une étroite collaboration avec le clergé pour diriger la province.

MEINHOF, Ulrike, Tout le monde parle de la pluie et du beau temps. Pas nous. Textes choisis et présentés par Karin Bauer, Les éditions du Remue-ménage, 2018, 245p.

Chloé Poitras-Raymond
Le 9 mai 1976, Ulrike Meinhof se suicide dans sa cellule de prison. Ce sont plus de 4000 personnes qui se déplaceront pour son cortège funèbre, sans compter les nombreuses manifestations parfois violentes qui auront lieu partout en Allemagne. À la fois journaliste respectée et membre fondatrice de la Fraction Armée rouge (RAF), Meinhof était déjà considérée comme une icône controversée au moment de sa mort. Pour les uns elle était une terroriste impitoyable, alors que pour les autres, elle faisait figure de martyre révolutionnaire.

Les mariages irlandais catholiques à Montréal : 1815-1834

Jonathan Dechesne
Acte de colloque, 4e édition du colloque Jean-Marie Fecteau, mars 2019
Lors de la Grande Famine, plus de 100,000 Irlandais débarquent à Québec alors que durant le premier tiers du XIXe siècle, ils sont plusieurs autres milliers à venir s’installer en Amérique du Nord britannique[1]. De nombreuses études, publiées au cours des dernières années et basées sur des sources journalistiques, administratives ou gouvernementales, ont souligné l’importance de la diaspora irlandaise dans les deux Canadas ainsi que dans les provinces maritimes[2]. Bien que plusieurs chercheurs soulignent que Montréal accueille de plus en plus d’Irlandais vers 1815, peu se sont penchés plus en profondeur sur le sujet. Nous savons qu’ils sont présents à Montréal, mais comment les retrouver? Et, surtout, qui sont-ils plus précisément?

Entre savoir profane et révélation : la pratique exégétique de Roger Bacon

Gabriel Bellerose-Blais
Acte de colloque, 4e édition du colloque Jean-Marie-Fecteau, mars 2019
Philosophe et exégète, Roger Bacon a probablement étudié dans le milieu moins contraignant de l’université d’Oxford, qui ne connut jamais d’interdit aristotélicien. Devenu maître en Arts à Paris au cours des années 1240, celui-ci est parmi les premiers à y enseigner les libri naturales après la bulle parens scientiarum. Depuis le XIXe siècle, Bacon a souvent été perçu comme un précurseur de Galilée et de la modernité scientifique, notamment en raison de son intérêt pour l’expérimentation. De plus, son œuvre, très polémique, paraît traduire un conflit avec la plupart de ses contemporains, qu’ils soient philosophes ou théologiens.

HARPER, Kyle, Comment l’Empire romain s’est effondré : Le climat, les maladies et la chute de Rome, Paris, La Découverte, 2019, 544p.

Alexandre Blier
Dans son ouvrage de synthèse, l’américain Kyle Harper, spécialiste en histoire romaine tardive et professeur à l’Université d’Oklahoma, dresse avec habileté le portrait de la chute de l’Empire romain sous un angle novateur : le rôle du climat et des maladies. Bien que son travail ne contredit pas les thèses de l’historien anglais Edward Gibbon, véritable père de cette grande question historiographique, il la réactualise grâce à l’utilisation de nouvelles technologies.

Le rôle de Spartacus durant la première année de la Troisième guerre servile

Christophe Burgeon
Spartacus démontra ses qualités de chef de guerre, notamment en remportant plusieurs victoires sur les légionnaires et en fédérant la majeure partie de ses troupes autour de lui, tout en réveillant régulièrement leur courage. En outre, il créa des services (logistique, renseignement et transmission de celui-ci) efficaces. Spartacus, s’il fut un chef de guerre unanimement reconnu par les auteurs anciens, n’exprima jamais le souhait de devenir roi, notamment parce qu’il n’avait aucun territoire sous son autorité et qu’il était à la tête d’une armée presque constamment en mouvement. Par ailleurs, les esclaves placés sous son autorité ne constituaient ni une population homogène ni une classe sociale unie.

Luttes religieuses et civiles à Montréal au début du XIXe siècle : La construction de la basilique Notre-Dame de Montréal

Joel Beauchamp-Monfette
Une des images de marque de Montréal est la basilique Notre-Dame. En dépit de sa taille impressionnante, le bâtiment situé en face de la Place d’Armes ne constitue toutefois pas la cathédrale de l’évêché. Sa situation centrale rend particulier le fait qu’elle ne semble pas mériter l’attention de l’Archevêque de Québec. Nous tenterons ici d’illustrer la situation religieuse de Montréal au début des années 1800 et montrer comment on en est arrivé à construire la plus grande église en Amérique du Nord sans qu’elle ne soit jamais une cathédrale.

LEE, J. F., Masters of the Middle Waters: Indian Nations and Colonial Ambitions along the Mississippi, Cambridge, Harvard University Press, 2019, 360 p.

Anne-Marie Dubreuil
Historien spécialiste du XIXe siècle américain et professeur adjoint au département d’histoire de la Pennsylvania State University, Jacob F. Lee propose en mars 2019 son premier ouvrage, Masters of the Middle Waters. Indian Nations and Colonial Ambitions along the Mississippi. L’auteur y décortique les relations entretenues entre les multiples acteurs autochtones et d’origines européennes occupant le milieu du continent américain du XIe siècle jusqu’à la mi-XIXe siècle.