Nouvelles

Appel de candidatures

La revue Histoire, Idées, Sociétés, est présentement à la recherche d’étudiant.e.s souhaitant s’impliquer activement au sein d’un groupe d’universitaires engagés et dévoués. Nous avons plusieurs postes à combler au sein de l’équipe :
-Co-gestionnaire du site web (nous utilisons la plateforme wordpress; notez toutefois qu’aucune connaissance en informatique n’est requise pour ce poste)
-Trésorier/trésorière (gestion du budget)
-Co-responsable des comptes rendus (suivi des recensions d’ouvrages et communication avec les maisons d’édition)
Nous aimerions également, afin de diversifier notre champ d’expertise, avoir parmi nous un.e spécialiste en histoire de l’Antiquité et/ou du Moyen Âge. Les personnes intéressées par l’une de ces fonctions sont priées de faire parvenir un CV et une lettre d’intention à l’adresse suivante: revuehis@gmail.com  avant le lundi 1er octobre 2018. Notez que cette implication est bénévole

Recension – Lucie Pradel, L’âme du monde. Pour une écocritique du patrimoine culturel

Gabriel Thériault
À travers un ouvrage fortement documenté, Lucie Pradel, maître de conférences à l’Université des Antilles et de la Guyane et membre de l’Institut des Amériques, traite des patrimoines immatériels issus de la culture orale. Elle y suggère une perspective nouvelle à propos de l’écocritique de l’univers mythologique et légendaire caribéen. Pradel explique, à juste titre, que l’écocritique correspond à l’analyse des « interactions entre l’homme et la nature et les représentations de cette nature dans les expressions culturelles » (p. 2). Selon la formulation de Cheryll Glofelty, cette approche se résume à « the study of the relationship between literature and the physical environment ».

Le néonationalisme sous la loupe du McGill Daily

Olivier Dufresne
Le 28 mars 1969 à Montréal, entre 10 000 et 15 000 étudiants se rassemblent pour réclamer la francisation de l’Université McGill, ce qui en fait la plus grande manifestation politique d’après-guerre au Québec. Paradoxalement, son organisation est non seulement le fruit de militants québécois francophones, qui dans un contexte néonationaliste revendiquent une plus grande place dans la société québécoise, mais aussi de militants anglophones. Cet article tente de comprendre de quelle manière des militants anglophones au Québec, à la fin des années soixante, ont pu appuyer des revendications qui s’attaquaient directement à leurs privilèges. Grâce à l’analyse discursive des éditoriaux du journal étudiant le McGill Daily concernant les évènements entre les années 1967 et 1970, liées à l’unilinguisme français et à l’indépendantisme, il apparaît que, pour une partie de la gauche anglophone, ces revendications étaient légitimes en raison de leur caractère anticapitaliste et anticolonial.

Immigration et « hygiène mentale » : La dimension raciale du discours médical en faveur de la stérilisation des « faibles d’esprit » dans le Canada des années 1920

Sandrine Labelle
Dans les années 1920, la stérilisation forcée des personnes atteintes de troubles de santé mentale est défendue par certains médecins eugénistes comme solution au problème de surcharge des institutions canadiennes de prise en charge de la folie. L’étude de rapports rédigés par la principale organisation de médecins eugénistes de l’époque met en lumière la dimension xénophobe de ce discours. Les médecins eugénistes capitalisent sur la haine raciale de la majorité anglo-saxonne vis-à-vis des immigrants originaires d’Europe de l’Est. Ils «racialisent» la maladie mentale en faisant du lieu de naissance un facteur de risque déterminant dans le développement de troubles. Le discours du corps médical se fait également alarmiste lorsqu’il aborde la question de la transmission héréditaire des problèmes de santé mentale; la peur d’une transmission des «tares génétiques» de la population migrante à sa descendance se révèle être au cœur de l’argumentaire prostérilisation.

L’Église québécoise en mission : la polarisation des discours jésuites et oblats autour de la violence révolutionnaire (1959-1970)

Marc-Edmond Lamarre
L’Église catholique québécoise subit plusieurs transformations au courant des années 1960. Tant théologiques que structurels, ces changements modèlent une nouvelle institution religieuse. Grâce à l’étude des revues catholiques Relations et Apostolat, cet article met en lumière l’évolution des discours oblats et jésuites, par rapport à la violence révolutionnaire en Amérique latine et au Québec. L’évolution de ces discours nous montre une Église tiraillée mais changeante, dont les acteurs sont hétérogènes et transnationaux. Le bouillonnement politique, théologique et intellectuel latino-américain ainsi que l’ajustement théologique et social issu du Concile Vatican II sont au coeur de l’évolution de cette institution bouleversée par les sixties.

Des districts aux sections : Diviser le territoire parisien sous la Révolution (1789-1790)

Gabriel Cotte
La Révolution française redéfinit drastiquement les cadres territoriaux de Paris. Dès le 14 juillet 1789, les 20 quartiers de police et les 16 quartiers municipaux sont effacés et remplacés par les 60 districts ; ils seront eux-mêmes retracés en 48 sections en juin 1790. À la fois lieu d’assemblée des citoyens et circonscription électorale, ces nouveaux quartiers représentent un des socles de la construction de la citoyenneté parisienne. Cet article propose d’analyser la transition des districts aux sections afin de comprendre l’impact des principes et des pratiques induits par la Révolution sur les réformes territoriales de la capitale. Pour ce faire, nous mobilisons un corpus de sources constitué des mémoires et réflexions produits par les districts concernant la formation des sections. Nous pouvons alors rendre compte de la perception des citoyens parisiens du territoire urbain et des fonctions qu’ils tenaient à lui attribuer.

Itinéraire d’une collection Égyptienne : Le « Grand Tour » de James Ferrier en Égypte (1859)

Guillaume Sellier
En 1859, l’imminent politicien et entrepreneur montréalais James Ferrier rentra d’un voyage familial en Orient avec une imposante collection d’artéfacts, aujourd’hui conservée par le musée Redpath de l’Université McGill à Montréal. Cette collection, composée d’environ 170 pièces provenant d’Égypte, reflète toute l’admiration historico-religieuse et l’intérêt scientifique que portaient J. Ferrier et ses contemporains pour l’antique civilisation pharaonique. Cette courte étude, qui s’intéresse principalement au matériel inscrit (fragments hiéroglyphiques et statuaires), apporte des résultats de recherche préliminaires et quelques réflexions quant au trajet de J. Ferrier en Égypte et aux modalités de collecte de certaines pièces.

Les «incidents» d’Aigues-Mortes (août 1893): xénophobie populaire et usages politiques de l’événement

Julien Duval-Pélissier
Les 16 et 17 août 1893, la commune occitane d’Aigues-Mortes devient le théâtre d’une rixe populaire d’une rare violence. Exacerbés par les tensions économiques et internationales, les conflits locaux entre ouvriers français et italiens atteignent alors un point de rupture, dégénérant en véritable chasse à l’homme. Le bilan de ces journées : huit morts et une cinquantaine de blessés graves, tous des travailleurs transalpins. Par l’étude discursive de sa réception chez un quotidien parisien, La Lanterne, cet article explore les usages politiques de l’événement, rapidement instrumentalisé à travers une rhétorique nationaliste, italophobe et exclusive. Au-delà de l’utilisation médiatique des « incidents » d’Aigues-Mortes, cette enquête s’attache aux représentations ouvrières de l’événement. Instantanément constitué en lieu de mémoire, selon des modalités parfois contradictoires, le massacre s’intègre au langage ouvrier pour permettre d’appuyer un large éventail de revendications sociales.

Un lieu de commémoration à reconsidération : celui de l’expédition du duc d’Anville érigé en 1929 au bassin de Bedford à Halifax

Robert Lanteigne
L’échec de l’expédition française du duc d’Anville de 1746 et le séjour d’une grande partie de sa flotte dans la baie de Chibouctou en Nouvelle-Écosse est un événement peu traité dans l’historiographie de l’Amérique française. À ce jour, il existe un monument commémorant cet événement dans le parc situé sur le bord du bassin Bedford, en banlieue de la ville d’Halifax. Toutefois, il est désormais possible de remettre en question le choix de cet emplacement grâce à des documents d’archives provenant de témoins de cette expédition et démontrant l’emplacement véritable du campement, des troupes et des hôpitaux dans les secteurs immédiats du centre-ville d’Halifax et de sa Citadelle. Ces nouvelles données apportent une perspective nouvelle sur cet événement.

Trois théoriciens politiques et la révolution zapatiste

Chloé Guérin Gosselin Baccalauréat, Histoire, Université du Québec à Montréal   La révolution zapatiste qui éclata en 1994 dans le sud-est du Mexique eut un énorme retentissement national et international pour plusieurs raisons. Première révolution depuis la fin du bipolarisme et l’institution du nouvel ordre international à la suite de la chute de l’URSS, elle […]