Un lieu de commémoration à reconsidération : celui de l’expédition du duc d’Anville érigé en 1929 au bassin de Bedford à Halifax

Robert Lanteigne

 

L’échec de l’expédition française du duc d’Anville de 1746 et le séjour d’une grande partie de sa flotte dans la baie de Chibouctou en Nouvelle-Écosse est un événement peu traité dans l’historiographie de l’Amérique française. À ce jour, il existe un monument commémorant cet événement dans le parc situé sur le bord du bassin Bedford, en banlieue de la ville d’Halifax. Toutefois, il est désormais possible de remettre en question le choix de cet emplacement grâce à des documents d’archives provenant de témoins de cette expédition et démontrant l’emplacement véritable du campement, des troupes et des hôpitaux dans les secteurs immédiats du centre-ville d’Halifax et de sa Citadelle. Ces nouvelles données apportent une perspective nouvelle sur cet événement.

Lors de recherches sur l’histoire du Jean Joseph de Saint-Malo, navire qui fit naufrage en 1754 dans la baie de Gaspé[2], nous avons constaté que cet ancien corsaire de 250-300 tonneaux fût converti en transport de troupes pour l’expédition du duc d’Anville de 1746. Cette expédition a fait l’objet d’une plaque commémorative et d’un cairn érigés sur le bord du bassin de Bedford à Halifax. Il s’avère que le site, dû à l’initiative de Henry N. Paint dans un article adressé au Conseil de la Société Historique d’Halifax (Council of the Historical Society of Halifax ou CHSC) en 1913[3], n’a jamais été confirmé comme étant le vrai site du campement[4]. Malgré tout, le site fut reconnu formellement en 1925 par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada (CLMHC)[5] et inauguré par le lieutenant-gouverneur de la Nouvelle-Écosse en 1929[6]. En 1967, la plaque fut déplacée à l’endroit actuel pour permettre l’élargissement de la route[7].

Dans un premier temps, prenons connaissance de l’expédition de 1746. Le 11 mai 1745 se déroulaient deux batailles sur deux sites séparés par l’océan Atlantique. Alors que les Français remportaient une importante victoire à Fontenoy près de Tournai dans les Flandres, les Britanniques débutaient le siège de la forteresse de Louisbourg, siège qui fût victorieux. Les autorités françaises réagirent avec honte et colère à cette dernière perte. Le ministre Maurepas organisa une ambitieuse expédition pour l’année suivante. Cette expédition secrètement préparée pendant plusieurs mois et composée de soixante-quatre navires avec plus de dix mille matelots et militaires avait pour but de défendre le Canada, sinon reprendre l’Acadie puis Louisbourg et finalement attaquer Plaisance à Terre-Neuve ou la Nouvelle-Angleterre.

L’expédition débuta par une pénible traversée qui dura plus de trois mois. Il y eut plusieurs centaines de malades et de morts en mer. La majorité de la flotte réussit à atteindre le lieu de rendez-vous, soit le havre de Chibouctou, à la fin de septembre. Un autre malheur survint en Nouvelle-Écosse, soit la mort du duc d’Anville qui sera remplacé temporairement par le vice-amiral Constantin-Louis D’Estourmel. Ce dernier ne pouvant supporter la lourdeur de la tâche remit le commandement au marquis Jacques-Pierre de Taffanel de La Jonquière. C’est précisément à Chibouctou que devait s’accomplir une coordination d’une attaque contre Port-Royal avec le détachement de milice canadienne et d’alliés autochtones sous le commandement du capitaine Jean-Baptiste-Nicolas-Roch de Ramezay.

Finalement, de La Jonquière décida que le lieu du rendez-vous serait plutôt un campement pour y refaire ses forces, soigner un grand nombre de malades et enterrer ceux qui y décédèrent. Cette décision rendit les membres de son conseil de guerre optimistes pour une attaque contre Port-Royal. Après quelques semaines, l’attaque contre Port-Royal fut lancée puis annulée en mer à cause des vents contraires. Finalement, de La Jonquière mit un terme à l’expédition et la flotte retourna vers les côtes de France dont les derniers navires arrivèrent en décembre. À part quelques prises en mer, l’expédition de la plus importante flotte française dans l’histoire de la Nouvelle-France fut un échec retentissant, échec que les autorités françaises prirent grand soin de dissimuler à sa population.

Avec quatre bataillons de troupe de terre, dont deux du régiment de Ponthieu, on peut présumer que le déploiement du campement s’est fait selon le règlement de l’infanterie française de 1744[8] dont l’intention première était d’assurer l’ordre et la discipline. Ainsi, après que les majors des régiments eurent choisi leur terrain, trois sergents et trois caporaux par bataillon, munis de cordeaux de quelques toises, délimitèrent et marquèrent les espaces pour les tentes, les grandes et les petites rues. Ensuite, une série de tentes séparées par des distances établies en pas furent érigées pour les grenadiers, les fusiliers, les cuisiniers, les tambours et des vivandiers. Dans la continuité de cette unité de compagnie, on y retrouvait les tentes des officiers subalternes, des capitaines et celle de l’État-Major. En face de chaque compagnie se trouvait une garde du camp positionnée à une centaine de pas. Finalement, les latrines étaient placées à vingt pas de la garde et les bouchers à une centaine de pas en arrière de l’État-major. La lessive se faisait dans les eaux courantes en réservant les autres endroits pour la consommation.

C’est précisément la question de l’eau potable qui fut l’élément déclencheur puis le fil conducteur de recherches plus poussées de cartes, d’un journal et d’un mémoire de militaires français du XVIIIe siècle, recherches qui permirent de situer plus précisément ce campement du duc d’Anville[9].

Pour débuter cet article, il fut indispensable d’étudier les travaux de la Historical Society of Nova Scotia (HSNS), société qui reçut le mandat pour mener à terme le projet du site de commémoration. Ces travaux nous permettent de comprendre leurs démarches menant au choix du site actuel, démarches dont les arguments sont questionnables. Ensuite, nous avons observé ce qui a été écrit par quelques historiens canadiens sur l’expédition de 1746. Puis, nous avons analysé les cartes de Joseph-Bernard de Chabert de Cogolin, d’Antoine Mirabert, de Jean-Baptiste de Caux de Blacquetot ainsi que le témoignage du lieutenant Faucher. Étape importante, car elle a permis de situer le campement dans un autre site que celle du bord du bassin de Bedford. En suivant la piste des sources d’eau, nous avons examiné une carte dessinée plus de trente ans plus tard par l’ingénieur militaire britannique, le Suisse Joseph Frederick Wallet DesBarres. Tout cela nous a permis de synthétiser le déploiement du campement et des hôpitaux de campagne en réexaminant les effectifs militaires présents à Chibouctou en 1746.

Les travaux du Historical Society of Nova Scotia

Henry N. Paint et les membres du HSNS ont avoué que le site du parc Centennial, situé près de l’ancienne gare de Rockingham (voir figure A) n’a jamais révélé de preuves matérielles. Après la visite du 25 avril 1913 autour du bassin de Bedford et même dans une partie du havre d’Halifax, les membres estiment que plusieurs sites méritaient une attention spéciale[10]. Les membres du HSNS étaient motivés par plusieurs écrits datant du XIXe siècle.

Le premier ouvrage est celui de Thomas Chandler Haliburton, An Historical and Statistical account of Nova-Scotia, in Two Volumes, où l’auteur situe le campement « […] accordingly encamped on the south side of the inner harbour (Bedford Basin) […] »[11]. Ensuite, il semble qu’un second livre, soit celui de Beamish Murdock, A History of Nova-Scotia, or Acadie[12], ait permis au comité du HSNS d’affirmer que la flotte du duc d’Anville fût ancrée dans le bassin de Bedford grâce à une citation de Murdock « Great gales drove the ships on shore […] »[13]. Toutefois, dans les pages traitant de l’expédition du duc d’Anville, Murdock ne mentionne que l’endroit où sera enterré le duc d’Anville soit « George’s Island ».

Le troisième document, History of The Townships of Dartmouth, Preston and Lawrencetown; Halifax County. N. S.[14], est le fruit du travail de Mary Jane Katzmann, ouvrage posthume publié en 1893 avec annotations par son éditeur, Harry Piers[15]. En fait, il faut voir cet ouvrage comme un ensemble de légendes du comté d’Halifax. L’anecdote la plus importante de Katzmann est sans doute celle de la découverte de nombreux ossements à Dartmouth lors des travaux de voirie[16]. Toutefois, en annotations, Piers se permet d’avancer ses propres conclusions. Ce dernier commence avec un jugement, « In my mind there seems to be no doubt […] » pour affirmer que la rive ouest du bassin de Bedford est bien le site du campement. Son raisonnement provient par sa connaissance d’un lieu nommé « French Landing », endroit qui se trouve entre le « Three and Four Mile Houses »[17]. Puis, Piers fait référence à un ancien cimetière non loin de Birch Cove. Ce dernier y aurait exhumé un crâne dont la couleur de la chevelure suffisait pour lui prouver que ce ne fût pas un « Indian »[18]. Nous savons que Piers est un érudit, mais on peut douter de ses compétences médico-légales.

Toujours dans l’ouvrage de Katzmann[19], Piers puise maintenant dans un roman de Thomas Chandler Haliburton The Clockmaker, or, The Sayings and Doings of Samuel Slick, of Slickville[20], pour établir un lien avec ce dernier cimetière et des supposées épaves explorées par le personnage du roman, Samuel Slick[21]. Haliburton fait raconter par son personnage que sur ce bord du rivage, se trouve un monticule où furent enterrés tous les morts de l’expédition, y compris le duc d’Anville[22]. Ainsi, Piers ne semble pas présumer que le « French Landing » est possiblement en lien avec les guerres napoléoniennes, car il ne mentionne nulle part qu’il y eut des pontons (coques de vieux navires sans gréements) dans le bassin de Bedford, pontons servant de prison pour les prisonniers français jusqu’en 1803[23].

Son analyse se poursuit en affirmant que les ossements retrouvés à Dartmouth ne peuvent être ceux de l’expédition du duc d’Anville, car ils y furent enterrés (sans explication valable) bien avant et non après l’établissement du campement sur les rives du bassin de Bedford[24]. Ensuite, l’éditeur mentionne que la découverte à Dartmouth, d’un crâne avec des dents réparées en or, ne permettait pas de faire de rapprochement avec l’expédition du duc d’Anville[25]. Les seules preuves admissibles pour Piers auraient été celle des ossements « français » trouvés sur une petite île à proximité du Dartmouth cove[26]. Toutefois, ce dernier ne fait aucunement mention qu’il pourrait s’agir de sépultures de colons allemands ou de prisonniers français et acadiens[27].

On constate que Piers avait un préjugé favorable sur un possible site du campement et, possiblement, il ne fut pas le seul à penser ainsi. Un autre membre du comité, William L. Brown, auditeur pour la société, avait forcement eu connaissance d’un ouvrage publié par le NSHS en 1895, à titre posthume, History of Halifax City de Thomas Beamish Akins[28]. Dans cet ouvrage, une note mentionne que le campement du duc d’Anville serait situé sur le rivage ouest du bassin de Bedford près de l’endroit nommé French Landing[29].

Néanmoins, il y a un récit traditionnel portant sur la fondation d’Halifax. De ce récit, Akins écrira « that on clearing the ground for settlement [de la nouvelle ville] a number of dead bodies were discovered among the trees, partly covered by the underwood, supposed to have been soldiers of the Duke D’Anville’s expedition which put into Chebucto Harbor in 1746 […] »[30]. L’auteur sera prudent en mentionnant que Cornwallis ne rapporte nullement cette possibilité dans ses lettres. Cette information d’Akins portant sur les corps retrouvés par les colons allemands lors des travaux pour l’établissement de la ville d’Halifax est tout de même importante, mais le comité n’en fera aucune mention dans son rapport.

Finalement, Harry Piers signera en 1913 avec Henry N. Paint, George Mullane et William L. Brown le rapport pour proposer le site de Rockingham comme le lieu pour établir un monument commémoratif de l’expédition du duc d’Anville[31].

Deux titres sur l’expédition de 1746

Retrouver le Jean Joseph dans des ouvrages traitant de l’expédition du duc d’Anville fut extrêmement difficile. En 1948, Guy Frégault nomme le navire dans son ouvrage François Bigot, Administrateur français[32]. Il faut aussi souligner la contribution de James Pritchard dans son livre Anatomy of a Naval Disaster, publié en 1995[33], qui a examiné les causes de l’échec de l’expédition, l’ensemble des préparatifs, le périple de la flotte et le sort des hommes sur ces navires. À quelques reprises, le Jean Joseph est mentionné dans l’ouvrage de Pritchard, navire parmi les nombreux bâtiments de l’expédition qui jetèrent l’ancre dans la baie de Chibouctou.

L’emplacement du monument coïncide avec l’interprétation de Pritchard qui situe la baie de Birch Cove comme l’endroit choisi par La Jonquière pour établir le campement[34]. Toutefois, l’auteur ne mentionne pas sa source. Puis, en se basant sur les écrits de Cornwallis, qui indiquent qu’aucun arbre ne fût abattu, et sur celles du chirurgien Etienne Chardon de Courcelles, Pritchard déduit également que le campement de fortune fût étalé le long de la plage du bassin, sur une distance de plus d’un mille (1,6 km)[35]. Le nombre de morts qui y furent enterrés varie selon les sources de quelques centaines à plus de deux milles[36]. Quant au récit rapporté par Akins dans History of Halifax City, Pritchard écrit : « Nevertheless, it is not credible that all the dead bodies were buried or dumped into the harbour »[37]. L’auteur du livre Anatomy of a Naval Disaster fera une brève description du travail de l’hydrographe Joseph-Bernard de Chabert de Cogolin et d’une carte de Chibouctou, mais il ne semble pas connaître l’existence des autres cartes de Chabert de Cogolin, ni ceux d’Antoine Mirabert et de Jean-Baptiste de Caux de Blacquetot tout comme le journal du lieutenant Faucher. D’ailleurs, ces trois derniers individus ne figurent nullement dans l’index du livre de Pritchard.

Le bassin de Bedford est le prolongement du havre d’Halifax et constitue un immense plan d’eau idéal pour y ancrer plusieurs dizaines de navires, comme ce fût le cas au cours de la Première et de la Deuxième Guerre mondiale. Au parc Admiral Harry DeWolfe de Bedford, situé au fond du même bassin, de nombreux panneaux d’information rappellent le rôle du bassin comme lieu de rassemblement durant ces deux guerres sans toutefois souligner l’expédition du duc d’Anville. Il faut savoir que le bassin fût le théâtre de recherches subaquatiques pour retrouver des vestiges de l’expédition du duc d’Anville. En 1995, la Geological Survey of Canada effectua un relevé du bassin[38] dont plusieurs anomalies signalées suggèrent la présence de possibles vestiges d’épaves. Puis en 1998, des recherches subaquatiques furent exécutées sur une épave qui s’avéra malheureusement être un navire des années 1940[39].

Le raisonnement de voir le bassin de Bedford comme le lieu de rassemblement de la flotte du duc d’Anville est logique, car le passé récent démontre un tel usage. Pourtant, de nombreuses interrogations apparaissent également pour semer le doute. Associer les berges du bassin comme étant le site du campement méritait d’être vérifié. Pour accomplir cela, il a fallu examiner les déclarations de témoins présents à Chibouctou en 1746 et se questionner sur la présence d’une note inscrite sur un plan, le mot « aiguade ».

Les cartes de Joseph-Bernard de Chabert de Cogolin

Dans Anatomy of a Naval Disaster, Pritchard nous présente une carte de Chabert et raconte le rôle du garde de marine lors de son premier voyage à bord de la frégate, le Castor, puis son second voyage avec une autre frégate, la Sirenne, au cours de la même année[40]. La carte de Chabert présentée par Pritchard est une gravure sur laquelle on voit la nouvelle ville d’Halifax donc la carte est postérieure de plusieurs années à l’expédition française de 1746.

Toutefois, nombreuses sont les cartes dessinées de la main de Chabert lors de son séjour en 1746[41]. Les cartes les plus intéressantes sont celles portant le même titre Plan de la rade et des Ports de Chibouctou ala coste D’Acadie levé géométriquement par Chabert-Cogollin sousbrigadier des gardes de la marine[42]. On apprécie le degré de précision des levées du havre de Chibouctou. On y apprend plusieurs choses (voir figure B) comme le lieu d’ancrage de la frégate l’Aurore (en patrouille avec le Castor) tout au fond de bassin de Bedford. Dans le secteur de Navy Island, Chabert inscrit une note « Port de Mr des Grouillant » dont la signification nous échappe pour l’instant. En sortant du bassin, on franchit un petit détroit qu’il surnomme le « goulet » avec plus loin « l’île aux raquettes » ou île George.

Mais le renseignement le plus important est celui d’une inscription adjacente à un cours d’eau sur la rive ouest entre le goulet et l’île, endroit qu’il nomme « aiguade ». Si Chabert prit la peine d’inscrire et dessiner avec précision l’emplacement d’un cours d’eau douce, c’est qu’il est important de consigner ces renseignements sur les cartes. De plus, l’équipage du Castor avait besoin de cette eau pour soigner les matelots malades[43]. Toutefois, l’emplacement de l’« aiguade » n’est pas sur le rivage du bassin de Bedford actuel, mais plutôt entre le pont Macdonald et l’île George, donc dans l’actuelle ville d’Halifax. Sur d’autres cartes dessinées après la fondation d’Halifax, Chabert reconfirme l’emplacement du ruisseau « aiguade ». Nous allons voir plus loin que Chabert ne fût pas le seul à localiser les sources d’eau fraiche.

La carte d’Antoine Mirabert

La surprise de la carte de Chabert amènera une recherche plus poussée pour découvrir une autre carte, le « plan des bayes de Chibouctou » dessiné en 1753 par Antoine Mirabert[44]. Cette carte qui n’a pas le même degré de précision que les cartes de Chabert offre tout de même une similitude quant à la représentation géographique de Chibouctou. Mirabert décrit le bassin de Bedford (voir figure C) comme celle de « La Grande Baye » identifié par un A, puis le havre d’Halifax comme la « petite baye où étoit mouillé les cadre » avec un B. Ce dernier détail est intéressant puisque cela présume la présence du navire amiral Le Northumberland. Tout près de là, sur le bord de l’actuelle ville de Dartmouth figure un emplacement dessiné par Mirabert comme « Petit carrenage pour les marchandes » par la lettre C. Ainsi, un lieu pour entretenir les coques des navires fut nécessaire en 1746. Il dessine à cet emplacement une petite bande de sable avançant dans le havre. Près de l’île George est le « passage destiné aux frégates » et celle « des gros vaisseaux » par les lettres L et K. Finalement, Mirabert prit soin d’identifier l’emplacement du « Camp des troupes et de débarquement » par l’item M, tout juste au nord de D pour l’« Isle Danville » ou l’île George d’aujourd’hui. Le campement est représenté par un ensemble de tentes séparé en trois groupes ; une suite de quatre grandes et de cinq petites tentes placées perpendiculairement au rivage et une très grande tente longeant le bord de l’eau.

L’item M ou « Camp des troupes et de débarquement » se trouve à une distance, selon les échelles de la carte, de « 80 cordes » ou « 400 pas » soit environ 780m de l’endroit connu aujourd’hui sous le nom d’Old Buring Ground[45]. Il faut souligner que la date de production de la carte (1753) par Mirabert coïncide avec la fin des travaux de la commission franco-britannique établie pour régler la contestation de la frontière de la Nouvelle-Écosse et de la Cadie française. Mirabert mentionne qu’il a produit cette carte sous les ordres du duc d’Anville. Il faut voir dans cette carte une démonstration des Français pour revendiquer leur présence en terre britannique pouvant servir à un échange de territoires. Les travaux des commissaires français et britanniques ne tiendront nullement compte de cette carte lors de la publication des mémoires échangés en 1755[46]. Mais pour le propos de cet article, les renseignements apportés par la carte de Mirabert sont d’une grande importance.

Le mémoire et les cartes de Jean-Baptiste de Caux de Blacquetot

Le prochain document présenté est un mémoire rédigé à Cherbourg le 2 février 1747 par Jean-Baptiste de Caux de Blacquetot[47], un ingénieur militaire du régiment de Ponthieu qui voyagea avec l’expédition en 1746 sur la frégate la Mégère[48]et qui deviendra plus tard général du génie[49]. Ce mémoire fut présenté à la Cour pour souligner les avantages d’établir un établissement français dans le havre de Chibouctou[50]. Caux de Blacquetot écrit un passage dont la description précise les lieux, « […] depuis son goulet sur le Rivage vers L’ouest jusques vis-à-vis l’Isle de la Raquette, où on à etably les hopitaux, et on campa les Troupes, a cause des bois qui couvrent cet emplacement, et des eaux qui l’environnent » (bande rouge sur la carte de la figure D).

Puis ce dernier fait référence à une carte qu’il a dessinée avec divers sites propices pour de futurs forts afin de protéger le havre et le bassin. Ladite carte est signée en date du premier octobre 1746 avec note au verso « joint à son mémoire du 2 février 1747 »[51]. Le renseignement le plus important est l’emplacement précis du campement désigné par la lettre K « Lieu ou l[‘]on a campé ». Le campement est représenté par vingt-sept tentes dont une avec trois drapeaux. Non loin de là en s’éloignant du rivage et séparé par un ruisseau, une grande tente avec fanion au vent. Est-ce la tente du Lieutenant-Colonel du régiment Ponthieu d’Autrechaux? De plus, vers le sud, l’auteur a dessiné également deux petits cours d’eau avec ce qui ressemble à un marécage ou une superficie déboisée. D’ailleurs, il dessinera à l’ouest de la tente avec fanion deux autres marais. La superficie de tout le camp est d’environ 1200 toises ou 2340 mètres par environ cent toises ou 195 mètres ce qui correspond de nos jours à la zone délimitée par la rue Duffus, rue située entre les deux ponts d’Halifax, jusqu’à la rue Sackville au centre-ville et par le boulevard Barrington jusqu’au bord de l’eau. La possible tente du commandant serait positionnée sur le site de l’actuelle citadelle d’Halifax alors que celle ayant les trois drapeaux eut comme emplacement la colline du Old Fort Needham.

Il existe une autre carte sans date, possiblement de la main de Caux de Blacquetot, car le tracé de l’ensemble de la rade est présenté de la même façon[52]. Cette carte pourrait être le modèle brouillon qui a servi à préparer celle accompagnant le mémoire. De part et d’autre d’une petite anse dessinée sur le même rivage côté ouest, on retrouve à nouveau des groupes de tentes. Il faut noter que la petite anse, que l’on peut associer à l’entrée du ruisseau «aiguade» de Chabert se retrouve également sur trois autres cartes, soit celle de James Turner,[53] la seconde par un inconnu[54] et la troisième, datant de 1749 est celle de l’arpenteur Moses Harris[55]

La carte de DesBarres

Ceci nous amène à la carte du havre d’Halifax de l’arpenteur militaire Frederick DesBarres. Cette carte intitulée The Harbour of Halifax, publiée en 1779 dans The Atlantic Neptune, montre quinze cours d’eau se jetant dans le havre, et ce à travers la ville d’Halifax[56]. La carte de DesBarres couvre le secteur en partant au nord avec « The Narrows to Bedford Bason » vers le sud de la ville dont se trouve une rivière identifiée « Fresh Water River », un peu au sud de l’île George.

Le ruisseau dessiné par Chabert, « aiguade », pourrait correspondre à un cours d’eau dessiné par DesBarres, soit celui se jetant près de « Mauger’s Distillery », entre le « Brewer’s Wharf » et les « Careening Wharfs » (voir figures E et F), possiblement à l’emplacement même des quais du site actuel des Forces armées canadiennes. En fait, tous ces cours d’eau douce sont importants en 1746, car un nombre estimé de 6000 barils de galères[57] seront nécessaires pour les 5989 hommes répartis sur les treize navires pour l’attaque de Port-Royal (Annapolis Royal) et les quinze navires-hôpitaux en partance vers la France. DesBarres n’a pas dessiné de cartes montrant le bassin de Bedford où de possibles cours d’eau peuvent avoir existé à l’époque, mais cette information peut être retracée avec Jacques-Nicolas Bellin, cartographe et ingénieur de la marine[58]. Bellin dessina quelques cours d’eau dans le Plan de la baye de Chibouctou nommée par les Anglois Halifax en 1763[59], mais pour notre propos, ces cours d’eau possiblement avec eau saumurée sont moins intéressants.

Le journal de Faucher

Il existe une « relation » concernant le séjour des troupes à Chibouctou dont l’auteur est le lieutenant Faucher, officier sur le Diamant, vaisseau de ligne de 50 canons faisant partie de l’escadre du duc D’Anville[60]. Dans ce document intitulé Journal de Faucher sous formes de lettres, Faucher décrit les efforts des chirurgiens pour secourir les malades et les conditions de séjour dans le campement. Afin de soigner les malades, le lieutenant raconte que « […] les médicamens sont presque tous gatés où Consommés, Cette privation a fait imaginer une liqueur que l’on nomme Sapinete, qui, quoique sans vertu, tient lieu de tout remede; aussi voïons nous périr journellement bien des misérables »[61]. Il enchaîne avec un commentaire sur le site choisi « D’ailleurs l’humidité d’un terrain mal choisi, qu’il a fallu défricher pour y Établir nos hopitaux, est bien plus nuisible, que propre à accélérer la guérison de nos malades »[62].

Ce dernier passage vient contredire Cornwallis sur l’absence d’abattage des arbres avant la fondation d’Halifax, car les militaires français étaient à la recherche de tout espace, même mauvais, pour loger les malades et établir le campement. D’ailleurs, tout indique que le site pourrait être un des marécages que de Caux de Blacquetot a dessiné sur sa carte. Le retour de ces malheureux malades a requis beaucoup de bois prélevé à Chibouctou pour équiper les navires-hôpitaux de brancards et dont les branches récupérées ont possiblement servi à la confection de « sapinete » pour combattre le mal dont ils se croyaient affligés, le scorbut[63].

La disposition des troupes françaises à Chibouctou en 1746

Pritchard démontra dans Anatomy of a Naval Disaster qu’un grand nombre de militaires furent à Chibouctou, en présentant cinq tableaux sur les morts, les malades, les convalescents parmi l’infanterie, les sept navires de marchandises, les seize transports de troupes et les douze navires de guerre français[64]. Il a inclus également deux tableaux touchant les navires qui se préparèrent pour l’assaut contre Port-Royal et ceux qui devinrent des navires-hôpitaux[65].

En utilisant les mêmes archives[66], nous pouvons faire le décompte des compagnies de militaires qui campèrent à Chibouctou, le nombre d’individus par compagnie variant de 40 à 60 selon le régiment (voir tableau 1).

 

Tableau 1

Décompte des compagnies présentes à Chibouctou

Troupes de l’expédition du duc d’Anville Compagnies présentes à Chibouctou

Moyenne d’individus par compagnie

(après décès)

Ponthieu 1er bataillon 12 33
Ponthieu 2e bataillon 15 33
milice Saumur 10 52
milice Fontenay-le-Comte 10 64
Cie franche de la Marine 8 57

 

Les documents légués par les Chabert, Mirabert, Caux de Blacquetot et Faucher nous apportent des renseignements importants pour situer le site du drame de l’automne 1746. Ce site est le rivage ouest du havre d’Halifax, à proximité de l’île George. Il contient de multiples petits cours d’eau douce, essentiels pour soigner les malades, ravitailler les troupes et remplir les barils de galères. L’existence de ces cours d’eau est confirmée trente ans plus tard grâce à la carte de DesBarres. Deux de ces mêmes cours d’eau se retrouvent également sur des cartes modernes de 1878 de compagnies d’assurance des quartiers d’Halifax soit la Fresh Water Brook se jetant dans le havre à la croisée des rues Mount Pleasant et Inglis et l’autre passant près de l’Admiralty House et du Naval Cemetery[67] dans le secteur de l’actuel pont Macdonald.

Il est possible que la carte dessinée par de Caux de Blacquetot ne représente seulement que le campement de son régiment de Ponthieu. Ainsi les deux bataillons de Ponthieu et ses 663 soldats à Chibouctou[68] sont représentés symboliquement par vingt-sept tentes donc possiblement une pour chaque compagnie. Le régiment de l’armée régulière Ponthieu a priorité sur celui des deux bataillons de milices et des troupes de la marine[69]. Donc, leur commandant a choisi le meilleur terrain alors que les autres ont été répartis dans un périmètre défensif. On peut voir ce type de déploiement lors des campagnes de Montcalm à Chouaguen en 1756[70] et au Fort William Henry en 1757[71]. L’agencement à Chibouctou permet de regrouper les forces à proximité l’une de l’autre, avec les décideurs installés sur les hauteurs des collines de la Citadelle et de Old Fort Needham (voir figure F).

Pour les lieux de sépultures, il n’y a qu’une carte examinée dans nos recherches pouvant montrer un tel lieu à Chibouctou soit celle de Mirabert avec l’« Isle Danville » où fût enterré le duc. Par ailleurs, on peut compter sur la présence connue d’au moins un aumônier sur le navire le Viarme de Saint-Malo, Jacques Dupour[72], pour sacraliser un cimetière pour les soldats et matelots enterrés de façon anonyme dans des fosses communes[73]. Selon l’encyclopédie Méthodique Art Militaire, la police (militaire), pour empêcher l’infection et la corruption de l’air, devait obliger « […] les bouchers à tuer leurs bêtes la nuit et très loin du camp, à tenir la main à ce qu’ils en enterrent les entrailles dans des fosses très profondes; elle prendra la même précaution pour les hommes et les animaux morts […] »[74]. Dans le règlement de l’infanterie française de 1744, on précise que les sergents doivent faire enterrer les animaux morts et immondices des boucheries à au moins cinquante pas de gardes du camp[75]. À Chibouctou, la disposition des bouchers des différentes compagnies était ainsi en mesure de prendre en charge les cinquante bœufs que les Acadiens leur amèneront, tel que demandé par François Bigot, l’intendant de la flotte, au prêtre missionnaire Le Loutre[76] 

James Pritchard et son livre Anatomy of a Naval Disaster a fait sortir de l’oubli l’histoire de cette expédition[77]. Mais depuis plus de 20 ans, l’expédition du duc d’Anville n’aura tout de même pas suscité beaucoup d’intérêt.

Toutefois, avec tous les nouveaux renseignements présentés dans cet article, il faut considérer que c’est un autre pas vers la connaissance. Cette nouvelle perspective nous dévoile une partie de la ville d’Halifax comme le site du campement de l’expédition du duc d’Anville. Le corps de ce dernier, qui fût enterré pendant quelques années sur l’île George avant d’être déplacé à la forteresse de Louisbourg[78], nous rappelle qu’il y eut en 1746, cette « coïncidence de l’espace des vivants et de celui des défunts »[79].

L’actuel site du monument du CLMHC situé au Centennial Park fut le résultat des recherches effectuées par le comité du HSNS. Harry Piers connaissait bien le voisinage du bassin et apporta comme ancien éditeur de l’ouvrage de Mary Jane Katzmann, une grande contribution au comité. Enfin, l’initiateur du projet, Henry N. Paint, a toujours considéré le cimetière situé sur le bord du bassin de Bedford ou le «unmarked french burying ground» comme étant le cimetière de l’expédition du duc d’Anville[80].

Personne du comité n’a fait un lien avec les pontons de prisonniers français des guerres napoléoniennes ni songé à effectuer des recherches plus exhaustives d’archives françaises de l’expédition de 1746. Finalement, la tradition voulant que les colons allemands aient trouvé des corps lors des travaux pour l’établissement de la ville d’Halifax ne sera même pas évoquée, donc il n’y a aucun lien avec l’expédition de 1746. Sur ce dernier point, il serait intéressant de retracer un journal d’un colon allemand parmi les premiers arrivants à Lunenberg en 1753.

La question pour l’accès aux archives françaises mérite d’être abordée sommairement en prenant deux exemples. Le premier cas implique Thomas Beamish Akins. Ce dernier fit copier à Paris, de 1860 à 1862, des documents portant sur l’Acadie. Ceci illustre bien qu’il fût possible avec de la volonté, d’obtenir des archives en France, car selon Akins, « les documents publics d’un pays constituent, à eux seuls, sa véritable histoire »[81]. Le deuxième exemple est le facsimilé manuscrit de la carte de Caux de Blacquetot montrant le havre et le bassin de Chibouctou. Cette reproduction dessinée par un artiste à Paris pour les Archives publiques du Canada, possiblement entre 1900 et 1940, est disponible depuis ce temps à Ottawa[82]. Pourtant, une telle carte ne fut-elle pas suffisante pour provoquer des questionnements avant le déplacement du monument en 1967?

En terminant, ce qui importait le plus pour le comité du NSHS, était le geste de commémoration en dehors de la Nouvelle-Écosse pour afficher un sentiment de fierté « […]in our Dominion and perhaps in France also »[83] en incluant une invitation au premier ministre du Québec, Lomer Gouin[84]. L’histoire a amené ces malheureux de l’expédition du duc d’Anville sur le rivage Ouest du havre de Chibouctou, ceci est bien démontré par les archives. Tâchons de ne pas les oublier à nouveau, cette fois en reconsidérant un nouveau site pour le monument du CLMHC avec des endroits significatifs comme la Citadelle, le Old Fort Needham, le centre-ville d’Halifax et l’île George.

 

 

 

[1] Merci à mon épouse, Line Voyer, pour son support inconditionnel et la correction de l’orthographe ainsi qu’à Jean Bélisle et Mario Mimeault, mes deux mentors.

[2] Voir les 3 articles parus sur le Jean Joseph de Saint-Malo. Robert Lanteigne, « Le mythe Thévenard et les conflits entre Inuits et les pêcheurs malouins au Petit Nord de 1749 à 1765 », Le manuscrit, Automne 2014 ; Id., « Pourquoi l’épave de Pointe-Jaune est le Jean Joseph de Saint-Malo », Magazine Gaspésie, no 183, Juillet-Octobre 2015; ce texte a été écrit dans le cadre de l’exposition La malédiction du CARRICKS au Musée de la Gaspésie de Gaspé, où se trouvent maintenant les artéfacts de Pointe-Jaune. Id., « Louis de Lentaigne – Naufragé du navire Jean Joseph de Saint-Malo dans la baie de Gaspé en 1754 », Mémoires de la Société généalogique canadienne-française, vol. 66, no. 2, cahier 284, été 2015, p. 97-114. Le Prix Percy -W.-Foy 2015 a été décerné pour cet article.

[3] Bibliothèque et Archives nationale du Québec (désormais BAnQ), Henry N. Paint, The Unmarked French Burying Ground of a Portion of Duc D’Anville’s Fleet 1746, 1913, p. 2.

[4] Lieu historique national du Canada de l’Encampement-d’Anville, http://www.historicplaces.ca/fr/rep-reg/place-lieu.aspx?id=14826 , 8 juillet 2015.

[5] Lieu historique national du Canada de l’Encampement-d’Anville, Ibid.

[6] James Pritchard, Anatomy of a Naval Disaster, the 1746 French Expedition to North America, Montreal& Kingston, McGill-Queen’s University Press, 1995, note 25 de fin de la page 7, p. 237.

[7] James Pritchard, Anatomy of a Naval Disaster, the 1746 French Expedition to North America, p. 7.

[8] Bibliothèque nationale de France (désormais Gallica), Règlement provisionnel pour le service de l’infanterie (et de la cavalerie) en campagne. Tome 1, France. Secrétariat d’État à la guerre (15..-1791), Imp. Royale, Paris, 1744, Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, F-26037, p. 3-7. http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb33705834q, 29 décembre 2017.

[9] Cela serait une excellente opportunité de présenter les possibles emplacements de sépultures en lien avec le campement du duc d’Anville à Chibouctou grâce à des exemples observés sur de multiples cartes manuscrites de l’ancien Régime, mais dans le but d’alléger cet article, cela ne sera pas abordé.

[10] BAnQ, Henry N. Paint, The Unmarked French Burying Ground of a Portion of Duc D’Anville’s Fleet 1746, 1913, p. 6.

[11] BAnQ, Thomas C. Haliburton, An Historical and Statistical Account of Nova-Scotia, in Two Volumes, Halifax, Joseph Howe, 1829, p. 128.

[12] BAnQ, Beamish Murdock, A History of Nova-Scotia, or Acadie, Halifax, J. Barnes, 1867.

[13] Henry N. Paint, Op.cit., p. 1.

[14] BAnQ, Mary Jane Katzmann, History of the Townships of Dartmouth, Preston and Lawrencetown ; Halifax County, N.-S., Halifax, 1893.

[15] Pour connaître la carrière de l’historien et ancien conservateur du Musée de la Nouvelle-Écosse, voir le site Nova Scotia Archives (désormais NSA), https://novascotia.ca/archives/Piers/, 22 janvier 2017.

[16] Mary Jane Katzmann, Op. cit., p. 6.

[17] Annotations de l’éditeur, Mary Jane Katzmann, Op. cit. p. 6.

[18] Ibid., p. 6.

[19] Ibid.

[20] Il faut consulter l’édition comportant la troisième série, différente des éditions suivantes, BAnQ, Thomas Chandler Haliburton, The Clockmaker, or, The Sayings and Doings of Samuel Slick, of Slickville, London, Bryce, 1836.

[21] Thomas Chandler Haliburton, Op. cit., p. 361.

[22] Ibid. p. 362.

[23] Heather Watts, Michèle Raymond, Halifax’s Northwest Arm. An illustrated History, Halifax, Formac Publishing Company Limited, 2003, p. 12.

[24] Annotations de l’éditeur, Mary Jane Katzmann, Op. cit., p. 7.

[25] Des exemples de dents avec or trouvées par des archéologues et remontant à la Nouvelle-France sont quasi inexistants. Le seul exemple est celui provenant d’un tombeau familial d’un Britannique du XIXe siècle. Merci à l’archéologue Luce Lafrenière-Archambault pour cette information.

[26] Annotations de l’éditeur, Mary Jane Katzmann, Op. cit., p. 7.

[27] Ronnie-Gilles LeBlanc, « Les Acadiens à Halifax et dans l’île George, 1755-1764 », Port Acadie : revue interdisciplinaire en études acadiennes / Port Acadie : An Interdisciplinary Review in Acadian Studies, no 22-23, 2012-2013, p. 46.

[28] BAnQ, Thomas Beamish Akins, History of Halifax City, Ottawa, Canadian Institute of Historical Microreproduction, 1986.

[29] Thomas Beamish Akins, History of Halifax City, p. 11.

[30] Thomas Beamish Akins, Op. cit., p. 11.

[31] Henry N. Paint, Loc. cit., p. 6.

[32] L’auteur mentionne une première fois le Jean-Joseph puis le transforme plus loin en Saint-Joseph (sic). Guy Frégault, François Bigot, Administrateur français, Ottawa, Les Études de l’Institut d’Histoire de l’Amérique française, 1948, p. 259, 271.

[33] James Pritchard, Anatomy of a Naval Disaster, the 1746 French Expedition to North America, Montreal& Kingston, McGill-Queen’s University Press, 1995.

[34] James Pritchard, Anatomy of a Naval Disaster, the 1746 French Expedition to North America, p. 165.

[35] James Pritchard, Op. cit., p. 166.

[36] Ibid., p. 179.

[37] Ibid., note 3 de fin de la page 174, p. 275.

[38] Bob Chaulk, Time in a Bottle, Historic Halifax Harbour from the Bottom Up, Laurencetown Beach, Pottersfield Press, 2002, p. 34.

[39] Bob Chaulk, Op. cit, p. 34-35.

[40] James Pritchard, Op. cit., p. 107, 220.

[41] Gallica, Joseph-Bernard de Chabert, Plan de la rade et des ports de Chibouctou, 1746, Bibliothèque nationale de France, département Cartes et plans, GE SH 18 PF 133 DIV 5 P 9/1. http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb436563038 , 3 décembre 2016 ; Plan de la rade et des ports de Chibouctou, 1746, Bibliothèque nationale de France, département Cartes et plans, GE SH 18 PF 133 DIV 5 P 9/4. http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb43656310j , 3 décembre 2016 ; Plan de la rade et des ports de Chibouctou, 1746, Bibliothèque nationale de France, département Cartes et plans, GE SH 18 PF 133 DIV 5 P 9. http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb43656301k , 3 décembre 2016.

[42] Gallica, Joseph-Bernard de Chabert, Plan de la rade et des ports de Chibouctou, 1746, Bibliothèque nationale de France, département Cartes et plans, GE SH 18 PF 133 DIV 5 P 9/2. http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb43656305z , 3 décembre 2016, Plan de la rade et des ports de Chibouctou, 1746, Bibliothèque nationale de France, département Cartes et plans, GE SH 18 PF 133 DIV 5 P 9/3. http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb436563069 , 3 décembre 2016.

[43] James Pritchard, Op. cit., p. 107.

[44] Gallica, Antoine Mirabert, Plan des bayes de Chibouctou, 1753, Bibliothèque nationale de France, département Cartes et plans, GE SH 18 PF 133 DIV 5 P 15 D. http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb43656352g, 27 novembre 2016.

[45] Le cimetière est situé à l’intersection de la rue Barrington et de la route Spring Garden, www.oldburyingground.ca.

[46] Mary Pedley, « Maps Wars : The role of Maps in the Nova Scotia/ Acadia Boundary Disputes of 1750 », Taylor & Francis, Ltd et Imago Mundi, Ltd, vol. 50, 1998, p. 99.

[47] Bibliothèque et Archives Canada (désormais BAC), De Caux de Blaquetot, Baie de Chibouctou (Nouvelle-Écosse), Cherbourg, France, 2 février 1747, Amérique Septentrionale, Centre des archives d’outre-mer (France) vol. 2, Acadie ou Nouvelle-Écosse. http://collectionscanada.gc.ca/ourl/res.php?url_ver=Z39.88-2004&url_tim=2016-12-23T13%3A47%3A42Z&url_ctx_fmt=info%3Aofi%2Ffmt%3Akev%3Amtx%3Actx&rft_dat=2469198&rfr_id=info%3Asid%2Fcollectionscanada.gc.ca%3Apam&lang=fra, 23 décembre 2016.

[48] BAC, Marine, 1746. Etat des troupes de débarquement, 1746, Série A1. Correspondance générale, Service historique de l’Armée (France) vol. 3188. Marine, 1746, bobine F662, feuillet 303.

[49] Gallica, Georges de Lhomel, Notes généalogiques sur plus de douze cents familles des comtés de Ponthieu et de Montreuil / par N. de X…, P. Prévost, Abbeville, 1887, p. 30.  http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34209407z , 23 décembre 2016.

[50] BAC, De Caux de Blaquetot, Loc. cit.

[51] BAC, De Caux de Blacquetot, Carte de la Baye et Rade de Chibouctou dans la Province d’Acadie, situé par les 44 degrés 32 min.de latitude Nord et les 318 degrés de longitude, levée exactement avec les sondes en brasses d’eau et les Ecueils qui s’y rencontrent, le premier d’Octobre 1746 avec un Projet pour l’etablissement d’une colonie, 1746 (ca.1900), microfiche NMC10875 (H1-2 Sect), Archives nationales d’Outre-mer, Aix-en-Provence, FR CAOM 03DFC74A, http://anom.archivesnationales.culture.gouv.fr/sdx/ulysse/notice?n=1&id=FR CAOM 03DFC74A&qid=sdx_q0&p=1.

[52] Gallica, Carte de la rade et de la baye de Chibouctou, Bibliothèque nationale de France, département Cartes et plans, GE SH 18 PF 133 DIV 5 P 5.

http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb43656111b , 23 décembre 2016.

[53] NSA, James Turner, Map of the Province of Nova Scotia and Parts adjacent, 1759, Nova Scotia Archives Map Collection: 200-1759 : loc. 3.5.6. https://novascotia.ca/archives/maps/archives.asp?ID=9, 25 décembre 2016,

[54] Gallica, Port de Chibouctou, Bibliothèque nationale de France, département Cartes et plans, GE SH 18 PF 133 DIV 5 P 12 D. http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb43656332v , 25 décembre 2016.

[55] Moses Harris, A PLAN of Chebucto Harbour, with the Town of Hallefax, 1749, British Library, dans Expeditions of Honour, The Journal of John Salusbury in Halifax, Nova Scotia , 1749-53, Montreal and Kingston, McGill-Queen’s University Press, 2011, p. 56, 57.

[56] Joseph F.W. Des Barres, «PL 38», The Atlantic Neptune/ published for the use of the Royal Navy of Great Britain by Joseph F.W. Des Barres, under the directions of the Right Honble. The Lords Commissioners of the Admiralty, London, 1780, Barre, Barre Pub. Co, 1966-1969, no. 52. Plan of Halifax and Harbour S46.

[57] Contenant pour la provision d’eau douce d’un volume de 25 à 30 litres; ils ont une forme longue et étroite : http://www.cnrtl.fr/definition/baril, 25 décembre 2016.

[58] Gallica, Jean-Nicolas Bellin, Le petit atlas maritime, receuil de cartes et de plans des quatre parties du monde. Vol. 1/ En cinq volumes. Par ordre de M. le duc de Choiseul. Par le S. de Bellin, Paris, 1764, Bibliothèque nationale de France, département Réserve des livres rares, G-663.  http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb30080729p , 27 décembre 2016.

[59] Ibid., vue 99, p. 28.

[60] BAC, Faucher, Journal de Faucher sous forme de lettres, 1746, source privée, p. 6. http://collectionscanada.gc.ca/ourl/res.php?url_ver=Z39.88-2004&url_tim=2016-12-27T16%3A54%3A22Z&url_ctx_fmt=info%3Aofi%2Ffmt%3Akev%3Amtx%3Actx&rft_dat=99932&rfr_id=info%3Asid%2Fcollectionscanada.gc.ca%3Apam&lang=fra, , 27 décembre 2016.

[61] Faucher, Loc. cit., p. 18.

[62] Ibid., p. 18-19.

[63] Les matelots/pêcheurs de Granville et de Saint-Malo «concoctaient» ce remède au Petit Nord de Terre-Neuve avec des «abrisseaux de sapins et de prust dont on se sert pour faire de la bierre pour ceux qui ont le mal de terre». Gallica, Blaise Vion, Plan de la Grande Baye de Saint Laurent ou Chapeau Rouge, 1697, Bibliothèque nationale de France, département Cartes et plans, GE SH 18 PF 130 DIV 5 P 2 D, http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb421667832 , 27 décembre 2016.

[64] Pritchard, p. 177, 180, 181, 182 et 183.

[65] Pritchard, p. 187, 189.

[66] BAC, Marine, 1746. Etat des troupes de débarquement, 1746, Série A1. Correspondance générale, Service historique de l’Armée (France) vol. 3188. Marine, 1746, bobine F662, feuillets 301-307, Etat des troupes a Chibouctou le 22 octobre 1746, 22 octobre 1746, Acadie, Série A1. Correspondance générale, Service historique de l’Armée (France) vol. 3188. Marine, 1746, bobine F662, feuillets 184, 184², 185, 185², 185³ à 7, 186, 186²,186³ à 4, Extrait des morts malades hors de service et des convalescent des Vaisseaux du Roi et des navires marchands qui composent L’escadre commandéé par monsieur de La Joncquiere Chaif d’Escadre, 1746, Série A1. Correspondance générale, Service historique de l’Armée (France) vol. 3188. Marine, 1746, bobine F662, feuillet 173².

 

[67] NSA, H. W. Hopkins, Outline and Index Map of City of Halifax. N.S., 1878, Hopkins Atlas Nova Scotia Archives Library O/S G 1129 H3 H67 1878. https://novascotia.ca/archives/maps/archives.asp?ID=31, 29 décembre 2016, H. W. Hopkins, Plate T: City Atlas of Halifax, Nova Scotia, 1878, Hopkins Atlas Nova Scotia Archives Library O/S G 1129 H3 H67 1878. https://novascotia.ca/archives/maps/results.asp?Search=1800&Start=31, 29 décembre 2016.

[68] BAC, Marine, 1746. Etat des troupes a Chibouctou le 22 octobre 1746, 22 octobre 1746, Acadie, Série A1. Correspondance générale, Service historique de l’Armée (France) vol. 3188. Marine, 1746, bobine F662, feuillet 186-4.

[69] BAC, Marine, 1746. Mémoire des arrangements faits pour Les quatre Batailllons du Regiment de Ponthieu et de milice de Fontenay le comte et de saumur Embarqués sur l’escadre de M. Le Duc d’Enville, avril 1746, Série A1. Correspondance générale, Service historique de l’Armée (France) vol. 3188. Marine, 1746, bobine F662, fe avril 1746, Série A1. Correspondance générale, Service historique de l’Armée (France) vol. 3188. Marine, 1746, bobine F662, feuillet 4, 4² à 4.

[70] BAC, Jean-Nicolas Desandrouins, Plan des forts de Chouaguen avec le débarquement, le camp et les attaques de l’armée commandée par Mr le Marquis de Montcalm, 1756, Canada, 1240 – Regions métro États-Unis d’Amérique. http://collectionscanada.gc.ca/ourl/res.php?url_ver=Z39.88-2004&url_tim=2016-12-29T19%3A17%3A40Z&url_ctx_fmt=info%3Aofi%2Ffmt%3Akev%3Amtx%3Actx&rft_dat=4139827&rfr_id=info%3Asid%2Fcollectionscanada.gc.ca%3Apam&lang=fra, 29 décembre 2016.

[71] Gallica, Plan du fort George, appellé par les Anglois William-Henri, et de ses attaques, par Mr. le marquis de Montcalm, maréchal des camps, 1757, Bibliothèque nationale de France, MS-6433 (25A). http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb41460650r , 29 décembre 2016.

[72] BAC, Rôle d’armement du Viarme de Saint-Malo de 1744-1746, Bibliothèque et archives Canada (BAC), Archives maritimes, Port de Brest, MG6, C4, Série 1P, Rôles d’équipage de Saint-Malo, 1746, bobine F-2071.

[73] Jacques Mathieu, « De l’individu en histoire » dans Vivre la conquête à travers plus de 25 parcours individuels, tome I, Québec, Septentrion, 2013, p. 1.

[74] Gallica, Louis-Félix Guinement Keralio, Jean-Girard Lacuée et Joseph Servan, Encyclopédie Méthodique. Art Militaire, Tome 3/ Tome Premier, Panckoucke; Paris, Plomteux ; Liège, 1784-1797, Bibliothèque nationale de France, p. 409. http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb409642959, 14 janvier 2017.

[75] Gallica, Règlement provisionnel pour le service de l’infanterie (et de la cavalerie) en campagne. Tome 1, France. Secrétariat d’État à la guerre (15..-1791), Imp. Royale, Paris, 1744, Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, F-26037, p. 20. http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb33705834q, 29 décembre 2017.

[76] BAC, Extrait en forme de journal de ce qui s’est passé […], Série C11A. Correspondance générale ; Canada, 1746, Centre des archives d’outre-mer (France), vol. 85, item 128. http://collectionscanada.gc.ca/ourl/res.php?url_ver=Z39.88-2004&url_tim=2017-12-29T13%3A19%3A13Z&url_ctx_fmt=info%3Aofi%2Ffmt%3Akev%3Amtx%3Actx&rft_dat=3069474&rfr_id=info%3Asid%2Fcollectionscanada.gc.ca%3Apam&lang=fra , 29 décembre 2017.

[77] John A. Dickinson, compte rendu de l’ouvrage de James Pritchard, Anatomy of a Naval Disaster, the 1746 French Expedition to North America, Montreal & Kingston, McGill-Queen’s University Press, 1995, Revue d’histoire de l’Amérique française, vol. 51, no 1, 1997, p. 126, J.R. McNeill, compte rendu du même ouvrage, The American Historical Review, Oxford University Press, vol. 102, no 4, 1997, p. 1172,

Julian Gwyn, compte rendu du même ouvrage, The William and Mary Quarterly, Omohundro Institute of Early American History and Culture, vol. 54, no 2, 1997, p. 430.

[78] James Pritchard, Op. cit., p. 225.

[79] Michel Lauwers, « Mort(s) » dans Dictionnaire raisonné de l’Occident médiéval, direction Jacques Le Goff et Jean-Claude Schmitt, France, Librairie Arthème Fayard/Pluriel, 1999, 2014, p. 775.

[80] Henry N. Paint, Loc. cit., p. 1.

[81] Citation de Akins dans Brian C. Cuthbertson, «Akins, Thomas Beamish», Dictionnaire Biographique du Canada, vol. 12, Université Laval/Universiy of Toronto, 2003-, http://www.biographi.ca/fr/bio/akins_thomas_beamish_12F.html., 23 janvier 2018.

[82] BAC, Isabelle Charron, courriel à Robert Lanteigne, « Carte de la Baye et Rade de Chibouctou – 1746 », 21 janvier 2016.

[83] Henry N. Paint., Loc. cit. p. 3.

[84] Ibid., p. 2.

[85] Gallica, R. Colonel, Magnifique feste donnée par Mr le marquis de Paulmy le 5 septembre aux généraux, officiers et soldats du camp de Gray, 1754, Bibliothèque nationale de France, département Arsenal, MS-6450 (401). http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb42266714d, 14 janvier 2017.

[86] NSA, Halifax N.W., 1918, Nova Scotia Archives Map Collection: V5 1: 31 680. 133a. https://novascotia.ca/archives/maps/archives.asp?ID=70, 14 janvier 2017.