articles de fond

Les «incidents» d’Aigues-Mortes (août 1893): xénophobie populaire et usages politiques de l’événement

Julien Duval-Pélissier
Les 16 et 17 août 1893, la commune occitane d’Aigues-Mortes devient le théâtre d’une rixe populaire d’une rare violence. Exacerbés par les tensions économiques et internationales, les conflits locaux entre ouvriers français et italiens atteignent alors un point de rupture, dégénérant en véritable chasse à l’homme. Le bilan de ces journées : huit morts et une cinquantaine de blessés graves, tous des travailleurs transalpins. Par l’étude discursive de sa réception chez un quotidien parisien, La Lanterne, cet article explore les usages politiques de l’événement, rapidement instrumentalisé à travers une rhétorique nationaliste, italophobe et exclusive. Au-delà de l’utilisation médiatique des « incidents » d’Aigues-Mortes, cette enquête s’attache aux représentations ouvrières de l’événement. Instantanément constitué en lieu de mémoire, selon des modalités parfois contradictoires, le massacre s’intègre au langage ouvrier pour permettre d’appuyer un large éventail de revendications sociales.

Un lieu de commémoration à reconsidération : celui de l’expédition du duc d’Anville érigé en 1929 au bassin de Bedford à Halifax

Robert Lanteigne
L’échec de l’expédition française du duc d’Anville de 1746 et le séjour d’une grande partie de sa flotte dans la baie de Chibouctou en Nouvelle-Écosse est un événement peu traité dans l’historiographie de l’Amérique française. À ce jour, il existe un monument commémorant cet événement dans le parc situé sur le bord du bassin Bedford, en banlieue de la ville d’Halifax. Toutefois, il est désormais possible de remettre en question le choix de cet emplacement grâce à des documents d’archives provenant de témoins de cette expédition et démontrant l’emplacement véritable du campement, des troupes et des hôpitaux dans les secteurs immédiats du centre-ville d’Halifax et de sa Citadelle. Ces nouvelles données apportent une perspective nouvelle sur cet événement.