Le « Seth asiatique » de Ramsès II, origine et justification d’un culte

VÉRONIQUE LACROIX

Université du Québec à Montréal

Seth fut longtemps considéré par les anciens Égyptiens comme étant un dieu négatif dont il fallait se méfier. Il est donc étonnant de voir l’importance que prend le culte de ce dieu sous le règne de Séthi I (1290-1279 av. J.-C.) et de son fils Ramsès II (1279-1213 av. J.-C.), qui ira jusqu’à lui dédier une stèle, « la stèle de 400 années de règne ». Encore plus étonnant est le fait que le Seth vénéré par Ramsès II est représenté avec de nombreuses caractéristiques normalement associées aux dieux asiatiques. Seth fait partie de l’Ennéade, divinités primordiales de l’Égypte ancienne. Il est également connu pour être le dieu dynastique de la famille de Ramsès II. Cependant, durant le règne de ce célèbre souverain, il en vient à être adoré alors qu’il revêt des attributs et des caractéristiques étrangères. Or, les anciens Égyptiens sont réputés pour être méfiants des peuples étrangers en général, particulièrement envers ceux originaires d’Asie. L’article suivant remontera donc aux origines de l’arrivée des peuples asiatiques en Égypte afin d’expliquer comment et pourquoi les cultes asiatiques sont arrivés dans ce pays. Puis, en dernier lieu, il abordera les avantages pour Ramsès II d’adopter le culte de ce dieu résultant d’un métissage culturel.

Qui sont Baal et Seth?

Puisque le Levant est une région agricole et qu’elle est, par conséquent, vulnérable au climat, la religion et les mythes y occupent une place centrale [1]. Les Égyptiens anciens ne pouvant expliquer les différents phénomènes naturels, créèrent alors des divinités responsables de contrôler la nature. Ces dernières se devaient d’être constamment adorées ou apaisées afin d’assurer des conditions favorables à une bonne récolte. Baal est un dieu considérable chez les peuples asiatiques du Levant, surtout vénéré durant l’Âge du Bronze (3000-1200 av. J.-C.) et l’Âge de Fer (1200-550 av. J.-C.)[2]. Son domaine est le mont Saphon, il a pour sœur et compagne Anat, déesse de la guerre et de l’amour, qui est toute aussi combative que lui et lui vient souvent en aide[3]. On considère la mort et la résurrection de Baal comme étant étroitement reliées avec les saisons, assurant ainsi l’ordre dans le monde[4]. Il est notamment un dieu guerrier et, cet aspect est surtout mis de l’avant dans divers textes mythiques, dont le « Cycle de Baal ». Dans ces mythes, Baal défait son opposant Yam, la divinité des rivières, des mers et des lacs et acquiert par le fait même son titre de roi[5]. Dans la mythologie cananéenne, Baal assure également le renouveau de la nature par sa lutte constante avec Môt, le dieu de la mort et de la sécheresse, en plus d’entretenir d’étroites relations avec les hommes.

Seth, quant à lui, est un dieu égyptien beaucoup plus ancien qu’il n’y parait. En fait, des traces de l’animal de sethien sont présentes aussi tôt que durant la période de Nagada I (3790 av. J.-C.[6]). De l’époque thinite à la Ve dynastie, « Seth, dieu de l’orage et du désert, est notamment connu pour le rôle qu’il occupe dans les mythes de l’union des Deux Terres (la Haute et la Basse-Égypte) et la destruction d’Apophis. Néanmoins, l’émergence du culte osirien et les évolutions des conceptions funéraires contribuent à changer le regard que les Égyptiens posent sur ce dieu. Ainsi, entre la fin de l’Ancien Empire (2686–2181 av. J.-C.) et le début du Nouvel Empire (1549/1550 à 1292 av. J.-C.), les Égyptiens le perçoivent surtout de façon négative à cause de son rôle dans le meurtre de son frère[7]. Seth a toujours été un dieu paradoxal puisqu’il est à la fois responsable du chaos et du jour nouveau en Égypte. En effet, nuit après nuit il combat le serpent Apophis afin d’assurer le lever du soleil et, pour ce rôle, est adoré des Égyptiens[8]. Tout comme Baal, Seth est reconnu pour son tempérament fougueux et agressif, comme en témoigne le vocabulaire qui lui est associé[9], et a également un certain contrôle sur divers éléments[10]. De plus, Seth est le dieu des Étrangers, ce qui tend à contribuer à l’aversion du peuple égyptien à son égard[11]. En effet, on note un rapport réciproque dans la manière dont les Égyptiens perçoivent Seth et les étrangers. Le règne hittite, lors de la Deuxième Période intermédiaire, a laissé un goût amer dans la culture égyptienne face aux Étrangers. Ce n’est que lors de la période coloniale du Nouvel Empire (1570 av. J.-C. à 1070 av. J.-C.) que les Égyptiens commencent à voir les étrangers d’un œil plus positif.  À partir du moment où être un étranger revêt un sens moins péjoratif, la vision qu’ont les Égyptiens de Seth se charge d’une connotation plus positive. L’association de Seth avec la protection des Étrangers pourrait être l’une des raisons pour lesquelles il fut associé à Baal, lui-même un dieu étranger[12].

Il est possible, en dressant un bref portrait de ces deux divinités, de remarquer plusieurs similarités entre elles. Ces dieux possèdent chacun un tempérament fougueux et agressif en plus d’avoir un contrôle sur les éléments. Par contre, Seth est surtout considéré comme un dieu négatif alors que Baal est lié au renouveau du monde et est un dieu très vénéré par les gens du Levant. C’est d’ailleurs probablement en partie grâce à son association avec les caractéristiques positives de Baal que Seth a pu se défaire de ses attributs les plus négatifs[13].

L’arrivée des peuples asiatiques et de leur culture

Il est fréquent de penser que l’arrivée des Asiatiques en Égypte a lieu lors de la Deuxième Période intermédiaire (1650 à 1550 av. J.-C.), durant l’invasion Hyksôs. Dans la partie suivante, nous démontrerons que cette affirmation est erronée puisque l’immigration asiatique débute durant la période prédynastique, pour ensuite devenir plus soutenue lors du Moyen Empire (2000 à 1700 av. J.-C.). La raison principale de cette augmentation du flux migratoire est en fait due à la progression du commerce qui, entre ses balbutiements à l’époque préhistorique et la période du Moyen Empire, ne fait qu’augmenter, expliquant alors les nouvelles vagues d’immigrants[14].

L’Égypte entretient des relations commerciales privilégiées avec Byblos et le reste du Liban, et ce, dès les périodes les plus reculées, encourageant très tôt les marchands étrangers à immigrer en Égypte pour faciliter les échanges commerciaux. De plus, avec l’augmentation des voyages liés au commerce, l’Égypte doit constamment augmenter sa flotte et a pour cela besoin de marins qui sont souvent recrutés parmi les peuples asiatiques[15]. Ces derniers s’installent surtout dans le Delta, pour des raisons pratiques et géographiques. En effet, les nombreux ports et cours d’eau se trouvant dans la région du Delta favorisent le commerce et, parce qu’une majorité des immigrants asiatiques sont des commerçants ou des marins, le Delta s’avère un choix logique. À la XIIe dynastie (1991 à 1802 avant J.-C.), Tell el-Dab’a devient le port central où se font les échanges commerciaux avec le Levant[16] et c’est surtout à cet endroit, et dans les villes environnantes, qu’une grande majorité d’Asiatiques choisissent de s’établir[17]. C’est d’ailleurs dans ces lieux que l’acculturation fut la plus importante[18]. En effet, avec eux, les Asiatiques amènent une grande partie de leur culture ainsi que quelques-unes de leurs divinités. Bien qu’en général les peuples asiatiques s’assimilent bien à la culture égyptienne, ils conservent néanmoins certains de leurs cultes à des divinités plus fondamentales, comme Baal qui est progressivement assimilé à Seth.

On retrouve plusieurs preuves de cette assimilation, dont un cylindre fait par un artiste égyptien qui tentait de reproduire un style traditionnel syrien. Sur le cylindre, on peut voir Baal conquérant de la mer, adoptant une pose différente du style syrien, son pas est plus long et son corps est légèrement penché vers l’avant, alors que dans une représentation typiquement syrienne, le corps aurait été parfaitement droit. Il s’agit du début de l’assimilation de Baal à Seth, qui deviendra rapidement le dieu local et le patron dynastique, pour son contrôle sur les éléments et son importance dans les deux cultures[19].

La domination Hyksos

La domination Hyksos n’est pas le résultat d’une invasion subite, contrairement à la perception générale qui voudrait qu’elle trouve ses origines des suites de l’invasion d’un peuple étranger. Une telle attaque aurait laissé des traces de violence à Tell el-Dab’a, or, aucune évidence archéologique de destruction n’a été retrouvée. Les premiers rois hyksos seraient donc issus des peuples asiatiques déjà établis en Égypte. Ces rois ont profité de l’affaiblissement du pouvoir royal égyptien pour prendre le pouvoir et imposer une domination locale[20]. La mémoire collective des Égyptiens anciens véhicule l’idée selon laquelle les Hyksos ont tenté de supprimer la culture égyptienne. Cependant, cette hypothèse est fausse et, au contraire, les Hyksos semblent avoir très bien assimilé la culture égyptienne à la leur, vénérant leurs dieux aussi bien que les leurs[21]. Comme en témoignent l’importance et l’assimilation du dieu Seth au dieu Baal, Seth fut d’ailleurs un dieu très important pour les Hyksos. Ce phénomène est chose récurrente, on retrouve d’autres assimilations du même type dans la culture asiatique[22]. Il est possible d’identifier Baal comme étant le dieu qui fut fusionné au dieu Seth, étant donné que Baal sera plus tard identifié grâce à l’animal sethien[23]. Seth fut particulièrement adoré par Apophis, roi Hyksos de la XVe dynastie (1650 à 1550 av. J.-C.). Cette vénération est confirmée par une table d’offrandes construite sous son règne dédiée à Seth. De plus, dans l’histoire de Séqénenrê et Apophis dans le Papyrus Sallier I[24], il est mentionné ceci :

Then king Apophis-life prosperity, health, made him Seth as Lord, and he would not serve any god who was in the land except Seth. And he built a temple of good and eternal work beside the House of King Apophis-life prosperity, health and he appeared every day to have sacrifices made…daily to Seth[25].

Cet extrait démontre l’importance accordée à Seth par le roi Hyksos. Bien qu’il soit improbable qu’Apophis arrête d’honorer les autres divinités, Seth demeure le patron dynastique. Toujours selon le Papyrus Sallier I, Apophis n’a pas été le seul roi Hyksos à adorer principalement Seth. En effet, « un autre roi Hyksos, résidant aussi à Avaris, sommait un prédécesseur de Kamose de deviner une énigme ou de reconnaitre la primauté du dieu Seth »[26].

Il est possible que les Hyksos aient décidé d’intégrer et d’accorder une si grande importance à Seth dans le but de légitimer leur règne. Bien que son culte n’ait jamais été aussi proéminent que sous les Hyksos, Seth est une des divinités primordiales de l’Égypte. Il joue dans le dogme monarchique un rôle essentiel, celui de l’union des Deux Terres. En effet, Seth et Horus (l’Ancien) procèdent au rite dit du Sema-Tawy, où les dieux liens ensemble, le roseau et le papyrus autour du hiéroglyphe du cœur, symbolisant alors l’union du pays sous l’égide de Pharaon. Par conséquent, en faisant du dieu reconnu comme élément essentiel au pouvoir, le dieu protecteur de leur dynastie, les Hyksos recherchaient un moyen incontestable de l’expression de leur légitimité[27]. Le choix de Seth comme dieu dynastique pourrait également reposer sur le désir de garder une certaine continuité. Comme mentionné plus tôt, Seth a été vénéré par les peuples asiatiques bien avant la montée au pouvoir des Hyksos. Ce culte est surtout présent dans la ville d’Avaris, où il est le dieu local. En choisissant Avaris comme capital, les Hyksos ont décidé d’adopter le culte existant du dieu principal de la ville. Cette affirmation est d’ailleurs renforcée par le fait que les rois de la XVe dynastie (1650 à 1550 av. J.-C.) ne semblent pas avoir tenté d’imposer le culte de Seth aux autres villes sous leur domination[28].

L’intégration de Baal à Seth

Il est clair lorsque l’on examine l’iconographie et l’épigraphie reliée au dieu Seth du Nouvel Empire, que celui-ci est assimilé à une divinité asiatique. Grâce à plusieurs ressemblances, il est possible de déterminer qu’il s’agit de Baal. Par exemple, dans le papyrus d’Astarté, Seth est décrit comme luttant contre la mer, or, Baal est lui-même relié à la mer, agissant notamment à titre de protecteur des marins[29]. Dans le même papyrus, Seth est dépeint comme parcourant les montagnes alors que Baal est également un dieu y étant associé. De plus, dans la mythologie asiatique, Baal a comme sœur et épouse la déesse Anat, divinité adorée en Égypte. Cette déesse a été si vénérée, que Séthi Ier donna à son cheval favori le nom de « Anat et satisfaite » et Ramsès II, « Fille d’Anat » à l’une de ses filles favorites[30]. Dans la mythologie égyptienne, Anat est la fille de Rê et l’épouse de Seth, Baal et Seth partagent donc la même épouse[31]. Les deux divinités sont également reconnues pour être puissantes, renommées pour leurs qualités guerrières, leurs valeurs héroïques et leur côté batailleur. En effet, Seth a toujours été perçu comme étant un dieu fougueux au tempérament instable[32] alors que Baal, quant à lui, est défini comme un dieu farouche aimant la guerre[33]. Il est donc possible de constater, avant même de commencer à comparer l’iconographie et l’épigraphie associées avec le dieu Seth au Nouvel Empire, que ce dernier partage de nombreuses caractéristiques avec Baal. Plusieurs sources démontrent ce métissage culturel à travers la création d’un Seth asiatique.

La première source étudiée est la stèle d’Aaphety, datant de la fin de la XIXe dynastie (1292 à 1189 av J.-C.), qui représente un député du nom d’Aapehty (Annexe I) adorant le dieu Seth. La représentation de Seth dans cette stèle est typiquement égyptienne. Il est dépeint sous sa forme hybride, à tête animale et à corps humain et porte une tunique égyptienne. Il tient dans sa main droite l’ankh et dans sa main gauche le sceptre, deux caractéristiques traditionnelles de la représentation des dieux égyptiens. Cette forme de représentation est classique dans l’art égyptien et Seth est facilement reconnaissable. C’est à partir de cette iconographie traditionnelle de Seth que nous comparerons les sources représentant le « Seth asiatique ».  

La deuxième source étudiée est la stèle au foudre (Annexe II). Nous pouvons voir sur cette stèle le dieu Baal, brandissant une masse au-dessus de sa tête avec sa main droite et tenant dans sa main gauche une lance pointant vers le bas dont le manche se transforme en fleur. Une épée et une dague sont également visibles sur son côté gauche, représentant la nature guerrière du dieu. Il arbore une pilosité traditionnelle de la culture asiatique : sa chevelure et sa barbe sont longues et descendent jusqu’à sa poitrine. De plus, il est coiffé d’un casque en pointe orné de cornes, caractéristiques couramment utilisées dans la représentation des dieux d’Asie[34]. Nous utiliserons cette image classique du dieu Baal pour comparer les représentations du Seth asiatique au Nouvel Empire en Égypte.

La troisième source étudiée est la stèle de l’an 400 (Annexe III), érigée en l’an 34 du règne de Ramsès II. Sur cette stèle, il est possible d’identifier trois personnages à l’aide des titulatures présentes : à gauche se trouve le dieu Seth, au centre Ramsès II, qui présente des offrandes au dieu, et à droite, Séthi Ier[35] lors des premières années de sa carrière[36]. Sur cette troisième source, le Seth représenté possède de nombreuses caractéristiques iconographiques pouvant à la fois être associées au Seth traditionnel égyptien et à Baal. Il arbore une couronne de forme conique, ressemblant à la fois à la coiffe blanche de la Haute-Égypte, ou bien au casque traditionnel porté par Baal sur laquelle nous pouvons observer les deux cornes. Un ruban part du dessus de sa tiare pour descendre jusqu’à ses chevilles et se termine par une fleur. Il s’agit aussi d’une représentation asiatique, rappelant la lance de Baal[37]. Ses vêtements s’apparentent à ceux de Baal, il porte un kilt attaché sur sa poitrine par deux bandes. Par comparaison, les deux autres personnages portent des vêtements traditionnels égyptiens, soit des pagnes courts. Finalement, le dieu est dépeint sous forme humaine, alors que les dieux égyptiens sont généralement représentés sous forme zoomorphique ou hybride[38]. Pour ce qui est des attributs égyptiens, le dieu tient dans une main, la croix de vie ankh et dans l’autre, le sceptre was du pouvoir, communes aux divinités masculines égyptiennes. Il est également illustré avec une barbe égyptienne. Si ce n’était de la titulature gravée au-dessus du dieu, le désignant en tant que Seth, nous pourrions penser qu’il s’agit d’une représentation d’un dieu asiatique[39].

La quatrième et dernière source étudiée est la stèle de Baal-Zaphon (Annexe IV). Ce qui est particulier avec cette stèle, c’est qu’il s’agit d’une stèle privée faite selon le style égyptien et conçue par un officiel égyptien, mais elle fut retrouvée en Syrie[40]. Bien que très endommagée, il est possible de discerner la figure de gauche : elle porte une tiare de forme conique sur laquelle se trouve un ruban descendant jusqu’aux chevilles et se terminant en fleur. Il est également possible de voir les restes d’une bande croisant sur la poitrine sur l’épaule droite. La figure est également représentée avec une barbe à l’égyptienne et tient le sceptre traditionnel des dieux d’Égypte[41].

Si nous comparons cette stèle avec la stèle de l’an 400, décrite ci-dessus, nous nous rendons compte que les figures des deux tablettes sont dépeintes exactement de la même façon, avec le même mélange de caractéristiques asiatiques et égyptiennes. Cependant, il y a une différence majeure entre les deux. Alors que la figure de la stèle des 400 années de règnes est identifiée comme étant Seth, la figure de la stèle de Baal-Zaphon est présentée comme étant Baal[42]. Cette différence pourrait s’expliquer par l’origine géographique des deux stèles. Quoi qu’il en soit, il faut surtout retenir la similitude des deux représentations. Alors qu’il fut démontré plus tôt qu’il est possible d’affirmer le métissage de Baal à Seth en étudiant l’iconographie de différentes sources, il est également possible de constater ce métissage à travers l’évolution de l’écriture et des termes utilisés pour désigner la divinité Seth. Tel que mentionné précédemment, entre la période du Moyen et du Nouvel Empire, le vocabulaire utilisé pour désigner Seth est plus positif. En effet, avant le Nouvel Empire, de nombreux mots pouvant être associés à la maladie et à la souffrance étaient employés pour le désigner. À partir du Nouvel Empire, il est possible de classer dans deux catégories les mots généralement liés au dieu, soit la catégorie des « comportements agressifs » et la catégorie « troubles météorologiques »[43].

On note donc la disparition complète des mots pouvant être reliés à la maladie ou la souffrance. À titre d’exemple, l’oiseau du mal[44]   cesse d’être utilisé pour définir Seth et est remplacé par des déterminants anthropomorphiques (, et)[45]. Ce changement dans le vocabulaire va de pair avec les changements de la figure de Seth. Par son association avec le dieu Baal, la figure de Seth devient plus positive. Cette affiliation permet aussi de mettre en valeur les pouvoirs de Seth sur le climat, pouvoirs partagés par Baal.[46]  Les attributs communs des deux dieux font en sorte que les catégories de mots utilisés pour définir Seth se concentrent davantage autour des caractéristiques humaines et des expressions reliées à la météo, autrefois attribués à Baal. Cependant, l’intégration des traits agressifs et combattants de Baal aux traits de Seth fait en sorte que la catégorie des mots reliés aux comportements agressifs demeure plus importante[47]. Enfin, l’utilisation de l’animal sethien () est aussi une façon d’évaluer la négativité associée au dieu Seth. En effet, on le retrouve souvent dans des mots à connotation péjorative, comme être violent () ou « être confus » ()[48]. En fait, la nocivité liée avec l’animal Seth remonte si loin dans la mémoire égyptienne, que même lorsque le dieu est assimilé à Baal, son utilisation demeure très stéréotypée. Un bon exemple de cette association néfaste persistante est le fait que Séthi I fut obligé de supprimer l’animal Seth de son nom () à Abydos ainsi que dans sa tombe. Il est donc intéressant de constater qu’en étudiant les textes et la façon dont les Égyptiens écrivent, il est possible de distinguer un changement de mentalité suite à l’assimilation du dieu Baal à Seth.

Ramsès II et Seth

Il existe plusieurs théories pouvant déterminer la raison pour laquelle Ramsès II choisit de vénérer le dieu Seth, un dieu à connotation négative avant la Deuxième Période intermédiaire (1780 à 1550 av. J.-C.) associée au règne Hyksos (1650 à 1550 av. J.-C.). La première théorie est que Ramsès II cherchait à légitimer le droit de ses ancêtres à régner sur l’Égypte. En effet, ses ancêtres n’étaient pas issus d’une lignée royale, mais plutôt d’une lignée militaire venant du Delta[49]. Donc, en érigeant la stèle des 400 années de règne de Seth, Ramsès II a voulu célébrer ses ancêtres. En faisant remonter le culte de Seth à 400 ans avant son règne, Ramsès II démontre que le dieu Seth, qui est associé au Delta[50], régnait déjà avant l’arrivée des Hyksos[51].  Sa famille serait donc bien établie en Égypte et aurait tous les droits de diriger le pays. En effet, si nous remontons dans le temps en suivant la chronologie suggérée par la stèle de l’an 400, nous remarquons qu’elle fait débuter la fonction du temple de Seth d’Avaris à 70 ans avant le début du règne Hyksos[52]. De plus, en choisissant de représenter Seth avec une iconographie à la fois égyptienne et asiatique sur la stèle de l’an 400, Ramsès II démontre que, malgré son apparence exotique, ce Seth asiatique n’est pas un étranger, mais un véritable Égyptien. Il est alors tout à fait convenable de le vénérer, car le dieu sous cette forme était déjà adoré bien avant le règne Hyksos[53]. La stèle de l’an 400 de règne a donc pour but de légitimer le « Seth asiatique ».

Par ailleurs, Ramsès II n’est pas le premier de sa lignée à vénérer avec ferveur le dieu Seth. En effet, son père en est également un grand adorateur comme peut en témoigner son nom, Séthi Ier, qui est directement inspiré de celui de la divinité. De plus, la dévotion du père de Ramsès II est également perceptible dans les noms qu’il a attribués à ses chevaux favoris, plus particulièrement ceux qui tirent le char de guerre pharaonique. La stèle de l’an 400 rend dès lors hommage aux ancêtres de Ramsès II, qui auraient choisi d’adopter Seth comme leur dieu dynastique. La stèle définit également Seth comme étant « the father of the fathers »[54].

La seconde théorie visant à expliquer la dévotion de Ramsès II au « Seth asiatique » concerne les Étrangers. Tel que mentionné en introduction, le Nouvel Empire est marqué par l’expansion et la colonisation de nouveaux territoires par les Égyptiens. En endossant ce culte, Ramsès II exprime son désir d’intégrer les étrangers à son pays. En effet, le Nouvel Empire est une période marquée par l’expansion et la colonisation de nouveaux territoires par les Égyptiens, augmentant ainsi de façon considérable le nombre d’étrangers faisant partit de l’empire. Avec l’expansion de l’Égypte, de nombreux temples sont bâtis en l’honneur de leurs divinités égyptiennes sur les nouveaux territoires, notamment pour les fonctionnaires qui vont y vivre pour une certaine période. À leur retour, ces fonctionnaires rapportent l’existence des divinités étrangères. Par contre, la construction de temples dédiés à ces divinités en Égypte était souvent une initiative des peuples étrangers qui y ont immigré, comme les prisonniers de guerre, qui sont forcés de s’y installer[55]. L’acceptation de ces nouvelles divinités sert à démontrer l’ouverture d’esprit des Égyptiens aux cultures étrangères, en plus d’accélérer le processus d’adaptation de ces nouveaux peuples. Cela permet, entre autres, de faciliter l’acceptation de la domination égyptienne. Certes, les temples dédiés aux divinités étrangères ne surpassent en rien ceux traditionnels d’Égypte, mais le simple fait de permettre la construction de tels temples accorde une importance locale à ces divinités. Ce geste démontre aux étrangers une volonté d’intégration de leur culture et non une volonté de suppression de leurs traditions[56].

Bien que les Égyptiens se considèrent comme étant au centre de l’univers et se décrivent comme des êtres humains, alors que les étrangers sont désignés comme étant « les autres », une certaine réalité pratique s’installe lorsqu’il vient le temps d’interagir avec ces autres peuples. Cette réalité encourage les Égyptiens à faire un effort pour comprendre et accepter ces peuples afin de faciliter les échanges, non seulement militaire, mais de nature commerciale[57]. De plus, le fait que la religion égyptienne soit polythéiste rend cette intégration des divinités étrangères plus facile et acceptable. Le polythéisme prône le fait qu’aucun dieu de peut-être refusé sur la base qu’il n’existe pas. Malgré une attitude majoritairement ethnocentrique, les Égyptiens n’ont aucun mal à assimiler et intégrer de nouveaux dieux à leur panthéon. Intégrer des dieux étrangers n’est donc pas une chose totalement hors du commun et témoigne plutôt de la tolérance religieuse des Égyptiens[58].

Enfin, la dernière théorie afin d’expliquer ce désir de vénérer le « Seth asiatique » est la volonté du pharaon à bénéficier des attributs militaires associés à la divinité Seth/Baal. En effet, si nous prenons les deux divinités individuellement, nous constatons que chacune d’elle a des attributs de combattant en plus d’une certaine qualité militaire. En assimilant ces deux divinités, il en ressort une divinité puissante et crainte des ennemis. En s’alliant avec elle, le pharaon pouvait ainsi bénéficier de sa force combattante.  Un premier exemple de cette affiliation avec le dieu Seth à des fins militaires est le papyrus d’Astarté, rédigé sous Amenhotep II et mettant en vedette la divinité hybride (Seth/Baal). Sur celui-ci, nous y voyons le dieu combattre la mer et accomplir d’autres actes valeureux. Par contre, si nous observons certains passages du texte, comme les exploits de jeunesses accomplis par le héros, nous remarquons qu’ils ressemblent beaucoup à des éléments de la jeune vie du souverain Amenhotep II.  Dans le prologue, le pharaon s’adresse directement à la divinité afin de s’élever au rang d’élève et d’héritier de Seth/Baal. Ainsi, tout au long du texte, les personnalités de Seth/Baal et d’Amenhotep II s’entrecroisent pour venir se fondre en un seul personnage[59]. En s’associant d’aussi prêt à une divinité au grand pouvoir et au tempérament combattant, Amenhotep II espère gagner les mêmes qualités et bénéficier de la même vénération et crainte qu’inspire le dieu. Ainsi, afin de maintenir la conception de l’image « héroïque » attribuée aux pharaons, Amenhotep II n’hésite pas à faire l’étalage de ses prouesses militaires et sportives, tout en s’assurant de maintenir le culte des divinités guerrières[60].

Il est alors tout à fait possible que Ramsès II ait voulu lui aussi bénéficier des capacités guerrières de Seth/Baal en s’associant d’aussi prêt à lui[61]. En effet, comme la majorité des pharaons, Ramsès II est un pharaon « sportif », aimant les arts de la guerre et dirigeant lui-même son armée, comme ce fut le cas lors de la bataille de Qadesh. Il est possible de voir une telle assimilation avec le dieu dans les différents textes gravés à travers l’Égypte relatant la « victoire »[62] du pharaon à Qadesh. Sur le premier pilonne à Louxor, il est possible de lire que le pharaon est comparé à « Seth in is time »[63] et dans d’autres passages, le roi lui-même s’exclame être comme « Baal in his time »[64].  En se comparant ainsi à deux divinités reconnues pour leurs capacités guerrières, il est clair que le pharaon désire mettre de l’avant ses prouesses hors du commun qui l’ont portée à vaincre les Hittites et ce, alors que son armée était en train de se faire massacrer. Il est alors le seul héros de la bataille et le seul digne d’être comparé à ces divinités. De telles énonciations accentuent le côté mythique associé avec la royauté, démontrant comment le pharaon tout puissant, à la tête de son armée, n’a en fait besoin que de l’aide des dieux, avec qui il a une étroite relation, pour parvenir à terrasser ses ennemis et garder le territoire égyptien en sécurité.

Seth/Baal devient alors une divinité à laquelle il est bien vu de s’associer. En érigeant la stèle de l’an 400, Ramsès II parvient à s’affilier à ce dieu en le faisant remonter à ses ancêtres. Il en fait alors une divinité dynastique et un glorieux prédécesseur[65], encensant ainsi son propre pouvoir. Si Ramsès II compte une divinité aussi puissante et aux prouesses guerrières impressionnantes comme ancêtre, alors Ramsès II lui-même doit être un souverain puissant qui se doit d’être respecté par ses sujets et craint par ses ennemis. En conclusion, il existe plusieurs facteurs pouvant expliquer la raison de l’assimilation du dieu Baal à Seth et le culte de ce nouveau « Seth asiatique » sous les monarques de la XIXe dynastie, comme Ramsès II. Tout d’abord, le culte que voue Ramsès II à Seth peut être justifié par le désir de ce dernier de légitimer son règne. En effet, puisqu’il n’est pas d’origine royale, Ramsès II cherche à associer ses ancêtres et son règne à une divinité locale importante. Ensuite, l’adoption du Seth asiatique par les Égyptiens peut s’expliquer par les nombreuses conquêtes et la colonisation du Nouvel Empire. Plusieurs peuples étrangers sont annexés à l’Égypte ce qui entraîne également une migration dans le pays. Afin d’assimiler plus rapidement ces nouveaux arrivants, Ramsès II fait preuve d’acceptation religieuse. Une dernière raison réside dans le désir de Ramsès II de s’associer avec une divinité guerrière et ainsi mettre de l’avant ses propres valeurs combattantes. Il est donc tout à l’avantage du pharaon d’avoir comme allié un dieu reconnu pour ses exploits militaires et son agressivité. En se décrivant comme Seth et Baal dans leur temps dans son récit de la victoire à Qadesh, Ramsès II ne fait que renforcer le mythe héroïque associé avec la royauté. Finalement, l’association de Baal à Seth est en quelque sorte logique. Lorsque nous comparons les deux divinités, nous constatons qu’elles ont plusieurs points communs, comme leur contrôle sur les éléments et leur agressivité. En immigrant en Égypte, les Asiatiques amènent leur culture et leurs divinités. Leur incorporation rapide à la culture égyptienne laissait présager une possible assimilation des différents peuples afin de créer une divinité locale représentative de la population de Tell el-Dab’a. Cette divinité fut adoptée tout naturellement par les Hyksos. Elle continua d’être vénérée en Basse-Égypte, jusqu’à devenir une divinité dynastique lors du Nouvel Empire. Quoique ce syncrétisme eu à priori un effet positif sur la réputation du dieu Seth, qui acquerra par le fait même les caractéristiques positives de Baal, cette assimilation fut également à l’origine sa perte. Lorsque la population égyptienne recommença à se méfier des étrangers, la popularité du « Seth asiatique » ne fit que décliner et le dieu retomba éventuellement dans l’oubli[66].

ANNEXE

ANNEXE I : Stèle d’Aapehty

Source : https://www.britishmuseum.org/research/collection_online/collection_object_details.aspx?objectId=167377&partId=1

ANNEXE II: Stèle au foudre

Source : Izak Cornelius, The Iconography of the Canaanite Gods Reshef and Ba’al : Late Bronze and Age I Periods (c 1500-1000 BCE), Suisse, University Press; Göttingen: Vandenhoeck & Ruprecht., 1994, PL32

ANNEXE III: Stèle de l’an 400

Source: E. A. Wallis Budge, « A History of Egypt, vol III », 1902, p. 157.

ANNEXE IV: Stèle de Baal-Zaphon

Source: Izak Cornelius, The Iconography of the Canaanite Gods Reshef and Ba’al : Late Bronze and Age I Periods (c 1500-1000 BCE), Suisse, University Press; Göttingen: Vandenhoeck & Ruprecht., 1994, BR11


  • [1] Claude Mossé, Une histoire du monde antique, Paris, Les Éditions Larousse, 2015, p.127
  • [2] Eythan Levy « A Fresh Look at the Baal-Zaphon Steel », The Journal of Egyptian Archaeology, Vol. 100, 2014, p. 293.
  • [3] Claude Mossé, Op. cit, p.127.
  • [4] Ibid, p. 127.
  • [5] Niv Allon, «Seth is Baal: evidence from the Egyptian script», Agypten und Levante, 2007, Vol. 17, p. 19.
  • [6] H. Te Velde, Seth, God of Confusion: A Study of his Role in Egyptian Mythology and Religion, Pays-Bas, Leiden E. J. Brill, 1977, p. 9.
  • [7] Ibid, p. 109
  • [8] H. Te Velde, Op. cit, p. 99.
  • [9] Voir Infra, pp. 7-12
  • [10] Niv Allon, Loc. cit, p.18.
  • [11] H. Te Velde, Op. cit, p. 109
  • [12] Ibid, p. 109.
  • [13] Niv Allon, Loc. cit, p.21.
  • [14] Manfred Bietak, « From where came the Hyksos and where did they go?”, dans Marcel Marée (éd), The second Intermediate Period (Thirtheenth-Seventeenth Dynasties) Current research, future prospects, Louvain, Peters Publishers & Department of Oriental Studies, 2010, p.164
  • [15] Ibid, p. 142
  • [16]  Manfred Bietak, « Egypt and the Levant », dans T. Wilkinson (éd.), The Egyptian World, Londres, Routledge, 2010, p.422.
  • [17] Manfred Bietak, Op. cit., p.145.
  • [18] Ibid, p.144.
  • [19] Manfred Bietak, Op. cit., p.157
  • [20] Ibid, p.139
  • [21] John Van Seters, The Hyksos, A New Investigation, New Haven et Londres, Yale University Press, 1967, p.173.
  • [22] Ibid, p.173.
  • [23] Siegfried Morenz, Egyptian Religion, New York, Cornell University Press, 1973, p.238.
  • [24] Le papyrus Sallier est écris durant le Nouvel Empire, au courant de la XVIIIe dynastie, mais il relate des évènements qui eurent lieu durant la période Hyksôs.
  • [25] Siegfried Morenz, Op. cit.  p.171-172.
  • [26] Pierre Montet, « La stèle du roi Kamose », Comptes rendus des séances de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, vol. 100, no. 3, 1956, p. 114.
  • [27] John Van Seters, Op. cit. p.101-102.
  • [28] Kim Ryholt, The political situation in Egypt during the second intermediate period, C. 1800-1500 B.C., Copenhagen, Museum Tusculanum Press, 1997, 463p.
  • [29] Philippte Collombert and Laurent Coulon, « Les dieux contre la mer: le début du “papyrus d’Astarté » (pBN 202)”, Bulletin de l’Institut Français d’Archéologie Orientale, vol.100, 2000, p. 207.
  • [30]André Dupont-Sommer, « Une stèle araméenne d’un prêtre de Ba’al retrouvée en Égypte », Syria, revue d’art oriental et d’archéologie, vol. 33, 1956, p. 86.
  • [31] Ibid, p.87.
  • [32] H. Te Velde, Op. cit. p.174.
  • [33]André Dupont-Sommer, Loc. cit, p. 87.
  • [34] Izak Cornelius, The Iconography of the Canaanite Gods Reshef and Ba’al : Late Bronze and Age I Periods (c 1500-1000 BCE), Suisse, University Press; Göttingen: Vandenhoeck & Ruprecht., 1994, p.136-137.
  • [35] Ce dernier personnage fut autrefois identifié par les chercheurs comme l’auteur de la stèle qui se serait représenté lui-même en position d’adoration. Ce n’est que plus tard qu’il fut identifié comme étant Séthi I, le père de Ramsès II (Te Velde).
  • [36] Izak Cornelius, Op. cit. p.148
  • [37] Ibid, p.148
  • [38] Ibid, p. 148.
  • [39] Ibid, p. 148.
  • [40] Izak Cornelius, Op. cit. p.148
  • [41] Ibid, p.152.
  • [42] Ibid, p. 152.
  • [43] Niv Allon, « Seth is Baal: evidence from the Egyptian script », Agypten und Levante, 2007, vol. 17, p. 18.
  • [44] Cet oiseau est ainsi nommé car il était associé à la destruction des cultures. Il est généralement employé dans l’écriture hiéroglyphiques pour définir des mots ou phrases négatives.
  • [45] Niv Allon, Loc. ci. p.20.
  • [46] Ibid, p.19.
  • [47] Ibid, p.20.
  • [48] H. Te Velde, Op. cit. p.22-23.
  • [49] Manfred Bietak, Op. cit. p.165.
  • [50] Le Delta est le lieu d’origine des ancêtres de Ramsès II.
  • [51] H. Te Velde, Op. cit. p.126.
  • [52] Niv Allon, Loc. cit. p.19.
  • [53] H. Te Velde, Op. cit. p.126.
  • [54] Manfred Bietak, Loc. cit. p.165.
  • [55] Christiane Zivie-Coche, « Foreign Deities in Egypt», UCLA Encyclopedia of Egyptology, vol. 1, 2011, p. 3.
  • [56] Christiane Zivie-Coche, Loc. cit. p. 7.
  • [57] Ibid, p 4.
  • [58] Ibid, p.5.
  • [59] Philippte Collombert et Laurent Coulon, Op. cit. p. 208-209.
  • [60] Ibid, p.217.
  • [61] Seth étant déjà de prime abord le patron dynastique de la XIXe dynastie, les versions améliorées ou adaptées ne font qu’amplifier les caractéristiques guerrières propre à la nature de Pharaon, et par extension, il s’agit d’un acte visant à exacerber la grandeur et la légitimité divine de son pouvoir.
  • [62] En fait, Ramsès II fut loin de remporter cette bataille. On sait maintenant qu’au mieux, un statut quo fut créé à la fin de la bataille de Qadesh entre les Hittites et l’Égypte. La victoire écrasante de Ramsès II sur les Hittites n’est en fait que le fruit de la propagande royale égyptienne mise en place par Ramsès II à son retour en Égypte afin de se montrer comme un souverain victorieux à la population.
  • [63] Siegfried Morenz, Op. cit, 1973, p. 76.
  • [64] Ibid, p. 77.
  • [65] Philippte Collombert and Laurent Coulon, Op. cit. p. 209.
  • [66] Niv Allon, Loc cit, p.20.