« Messieurs les Anglais, veuillez tirer les premiers » : l’expérience de la guerre au siècle des Lumières (1715-1789)

PHILIPP PORTELANCE

Université du Québec à Montréal

Le 11 mai 1745, l’armée française, dirigée par nul autre que le maréchal de Saxe, affronte une armée coalisée composée de Britanniques, de Hanovriens, de Néerlandais et d’Autrichiens, commandée par le Duc de Cumberland, fils de George II. Après le duel d’artillerie et les assauts repoussés des coalisés sur les redoutes de Fontenoy, les réguliers britanniques de Cumberland passent à l’attaque vers 11 heures. Au centre de la plaine, deux troupes d’élite se font face : d’un côté, les gardes françaises ; de l’autre, les Grenadier Guards de l’armée britannique. Quand les deux unités se retrouvent à environ 60 mètres de distance, les deux officiers s’avancent au-devant de leurs troupes et se font la révérence. L’un est le capitaine Lord Charles Hay, commandant des 1st Foot Guards, et l’autre est le lieutenant de grenadier des gardes, Philippe comte d’Anterroches. Ce dernier aurait alors lancé à son adversaire : « Messieurs les Anglais, veuillez tirer les premiers[1] ».

Cette phrase, ce moment du combat et la bataille elle-même sont des archétypes de ce qui est communément appelé la « guerre en dentelle ». C’est-à-dire un « bel art, un beau système[2] », une époque de solidarité entre les noblesses européennes, vêtues d’uniformes somptueux avec des manches de dentelles. Ce serait une ère de chefs bien élevés, s’échangeant des politesses et tentant d’éviter le combat à tout prix[3]. Le siècle des Lumières, siècle de raison et de cosmopolitisme, serait ainsi une période militairement peu importante, ou encore un « intervalle décoratif entre les guerres de Religion et […] l’industrialisation du XIXe siècle[4] ». Le XVIIIe siècle est parfois même vu comme une période moins violente entre les guerres du Roi-Soleil et celles, que certains disent totales[5], de la Révolution et de l’Empire. Au regard de celles-ci, en effet – de leur extension et de la conscription qu’elles instaurent en France[6] –, l’historiographie a longtemps présenté les guerres du siècle précédent comme limitées. Il s’agirait d’une guerre de convenance, d’une « querelle de voisinage », voire d’une affaire de famille, comme dans le film de Gérard Krawczyk Fanfan la Tulipe.

Si les guerres du XVIIIe siècle sont limitées sur certains aspects, il n’en reste pas moins qu’elles sont violentes, intenses et brutales. Comme l’affirme Ilya Berkovich :

The comparatively restrained aims of Ancien Régime policy makers and the relatively limited capabilities of their military forces should not mislead us, for the actual combat experience on the eighteenth-century battlefield was among the most intense in the history of warfare[7].

Ainsi, quelle est l’expérience de la guerre vécue par les soldats durant le siècle des Lumières ? Grâce à l’historiographie récente, nous proposons d’effectuer une synthèse sur le sujet. Nous nous concentrerons surtout sur l’armée française entre 1740 et 1763[8], dates qui marquent le début de la guerre de Succession d’Autriche et la fin de la guerre de Sept Ans. Le royaume de France y est alors un des principaux belligérants, possédant une des plus vastes armées et étant considéré jusqu’alors comme une puissance militaire[9]. C’est durant cette période que s’y impose un nouveau modèle militaire, celui prussien. Les victoires de Frédéric le Grand ont en effet une influence majeure dans le royaume de France et sur ses forces militaires[10], qui vit une réelle Prussomanie[11]. Afin de répondre à ce questionnement, nous traiterons d’abord du renouvellement historiographique de la guerre au siècle des Lumières, ainsi que du terme de « guerre limitée ». Puis, nous examinerons la réalité du champ de bataille : quelles sont les technologies utilisées, les tactiques employées par les armées européennes et la puissance de feu dont elles disposent. Ensuite, nous aborderons comment cette réalité conditionne l’expérience des soldats à travers certaines des émotions, sans être exhaustif, que ces derniers peuvent vivres durant le combat.

La remise en question de la « guerre en dentelles » : une guerre limitée ?

Bien qu’elle ait été mainte fois contestée, l’image de cette « guerre en dentelle » a la vie dure. Depuis les années 1970, l’introduction de l’approche culturelle dans l’histoire de la guerre a poussé les historiens à s’intéresser aux combattants et à l’expérience du combat[12]. Elle a initié un changement de l’échelle d’analyse et recentré l’intérêt sur le soldat, sur les manières de faire et de ressentir la guerre, sur les motivations, les comportements au combat, les gestes, les réactions psychologiques et l’exercice de la violence[13]. Plus récemment, l’intégration d’aspects de l’anthropologie et de la psychologie à l’histoire a amené un changement de paradigme permettant de s’intéresser aux émotions[14]. Celles-ci constituent une voie vers la compréhension des comportements des militaires, notamment des traumatismes vécus par les soldats, phénomène bien connu de nos jours chez les anciens combattants[15].

Bien que la « guerre en dentelle » soit réfutée par la nouvelle histoire de la guerre, un nouveau concept en est né pour qualifier les guerres du siècle des Lumières : celui de guerres limitées. D’après Ian Clarke, « Les guerres limitées peuvent l’être de différentes manières. Elles peuvent l’être par les buts recherchés, l’ampleur géographique du conflit, les armes employées et finalement les objectifs contre lesquels l’action est dirigée[16] ». Si nous nous fions à cette définition, les conflits du XVIIIe siècle peuvent en effet être qualifiés de limités, avec quelques exceptions près[17] : tout d’abord, les buts ont souvent une ampleur dynastique[18], bien que, les questions économiques, notamment du commerce maritime et mercantile, ou encore géostratégiques sont centraux à ces conflits. Sinon, c’est pour contrer l’hégémonie d’une puissance. Une coalition est alors formée pour contrer l’adversaire : c’est la Grande Alliance (1689-1697 et 1701-1713) contre Louis XIV, ou encore la coalition de l’Autriche, de la Russie, de la France et de la Suède contre la Prusse lors de la guerre de Sept Ans[19]. Ensuite, pour ce qui est de l’ampleur géographique, les conflits de cette période ne sont pas limités. Bien qu’orchestrées par des monarchies ou d’autres États en Europe, les guerres peuvent avoir une ampleur mondiale, et ce à cause des colonies et des compagnies de commerce. De la guerre de Neuf Ans (1689-1987) à celle de Sept Ans (1756-1763), les armées combattent non seulement sur le Vieux Continent, mais également sur les mers, en Amérique, en Inde, dans les Antilles et le long des côtes Africaine. Cependant, les armes sont en effet limitées par leur technologie[20], tout comme les armées le sont par le fait d’être composées largement de volontaires et de ne pouvoir ainsi user de la levée en masse ou encore de la conscription. Ces dernières peuvent cependant compter des centaines de milliers d’hommes : l’armée française comporte près de 400 000 soldats pendant la guerre de Succession d’Autriche[21], ce qui est autant, voire plus, que durant la dernière guerre du Roi-Soleil[22].

Bien que le terme de victoire décisive, tel qu’interprété par les historiens de la Seconde Guerre mondiale, ne peut s’appliquer au XVIIIe siècle, il faut néanmoins le relativiser pour cette période. Si nous prenons la définition de Clausewitz, c’est-à-dire « l’anéantissement des seules forces militaires sur le champ de bataille[23] », une bataille peut atteindre un but décisif tactique[24]. Nous pouvons notamment citer celle de Poltava (1709) ou encore de Blenheim (1704)[25]. Cependant, une bataille décide rarement du cours de la guerre[26]. Les belligérants cherchent à occuper des territoires qui pourront être échangés lors des négociations de paix : l’anéantissement de l’ennemi n’est pas le but recherché.

La réalité du champ de bataille

Les changements technologiques ont joué un rôle considérable sur la culture de guerre, notamment sur les armes employées lors de ces conflits[27], bien qu’ils n’expliqueraient pas à eux seuls les transformations de la guerre du XVIIIe siècle. Jusqu’au milieu du XVIIe siècle, la pique, « reine de l’infanterie[28] », joue encore un rôle important au sein des armées, si bien que la moitié des soldats d’infanterie la porte, alors que les autres ont des armes à feu. La proportion d’armes à feu augmente cependant jusqu’à ce que celles-ci deviennent prépondérantes au début du xviiie siècle, grâce à l’évolution du mousquet (ou du fusil à mèche), vers le fusil à la platine de silex[29]. Avec le premier, une mèche incandescente allume la poudre noire. Le soldat doit tenir cette mèche lors du combat, ce qui rend le maniement des armes dangereux et une attaque nocturne quasi impossible. Le second, quant à lui, obtient sa mise à feu par le frottement d’une pierre de silex sur la batterie, une pièce de fer, ce qui cause des étincelles qui enflamment l’explosif. Le fusil devient alors beaucoup plus sécuritaire pour le combattant, en plus d’améliorer sa performance[30]. En effet, avec l’ajout d’une baguette de fer et non de bois pour le rechargement[31], le soldat peut tirer deux à trois coups par minute avec un fusil contre une seul pour le mousquet[32]. Malgré l’amélioration de l’efficacité de l’arme, les fusils de la période demeurent très imprécis, car les canons sont lisses. À environ 150 verges, la chance de toucher une cible est d’environ 40%[33]. De plus, un soldat bien entrainé ne peut tirer qu’environ deux à trois coups par minute[34]. À cette arme est ajoutée la baïonnette, un couteau attaché au bout du fusil, qui le transforme en lance. Celle-ci rend la pique obsolète, car le soldat peut maintenant tirer de son fusil, se défendre contre la cavalerie ou encore passer à l’offensive à « l’arme blanche[35] ». Pour ce qui est de l’artillerie, les améliorations se font dans la fabrication des pièces[36], mais surtout dans leur mobilité et la quantité déployée sur le champ de bataille[37]. Alors que la proportion de canons au début du siècle est d’environ une soixante par combat, lors des guerres de Succession d’Autriche et de Sept Ans celle-ci augmente à cent[38], voire près de deux cents[39] ou trois cents canons[40].

Bien que la technologie ait joué un rôle, qui permet de masser des soldats armés de fusils afin de tirer des volées coordonnées de balles vers l’adversaire, elle n’est pas le seul facteur déterminant de la tactique du XVIIIe siècle. Comme l’a présenté John Lynn, l’amour des hommes des Lumières pour l’esthétisme et la géométrie, ainsi que les préjugés des officiers envers les hommes de rangs ont également joué un rôle. Les formations linéaires permettent par exemple aux officiers de contrôler plus facilement les soldats[41], dont on considère qu’ils n’ont pas d’honneur et qui sont considérés comme « la bourbe de la nation et tout ce qui est inutile de la société[42] ». La formation linéaire a également un autre avantage : maximiser la puissance de feu. Les réformes tactiques de la France dans les années 1740 à 1760 en sont un exemple. En effet, la réduction du nombre de rang au profit des files dans une ligne de bataille permet à davantage de fusils de faire feu en même temps. Ainsi, les bataillons français passent de cinq rangs en 1695, à quatre en 1740 et à trois en 1750[43]. De plus, les armées développent des méthodes de tirs pour permettre un feu continu. La méthode la plus employée, développée au milieu du siècle, est celle du feu de peloton. Malgré une nostalgie de l’arme blanche en France, le désir d’émulation des méthodes prussiennes pousse le royaume à développer ces méthodes de tirs[44].

À la tactique et à l’équipement des militaires se mêle la culture de guerre, qui est définie par la culture nobiliaire et ce que John Lynn appelle « la culture de l’endurance[45] ». La guerre au XVIIIe siècle ne repose pas sur une bataille décisive, mais plutôt sur une sorte de guerre d’attrition : celui qui n’a plus les moyens logistiques ou humains de faire la guerre demande des termes pour la paix[46]. L’idée est similaire sur le champ de bataille : le côté qui ne résiste plus au feu, à cause des pertes reçues ou par défaut de moral, quitte ou fuit le combat[47]. Celui qui reste a alors enduré le feu de l’adversaire. L’éthos militaire de l’époque encourage les hommes à garder leur feu, puisque le premier qui fait feu est considéré comme désarmé. En plus, l’imprécision des armes, en plus de la vitesse de chargement ralentie, semble briser l’initiative d’un assaut. Les soldats, qui avancent à 60 pas par minute[48], gagneraient ainsi du moral en gardant le bon ordre et en bravant les tirs ennemis[49]. Cependant, cette idée semble être contestée durant le siècle des Lumières. Le maréchal de Saxe, un des avocats de l’amélioration des techniques de tir, considère même que de charger vers l’ennemi sans tirer, ce qui est rendu un principe en France, est ridicule[50]. Il écrit également dans son Mémoire sur l’inconvénient d’essuyer le feu de l’ennemi sans lui répondre : « Je me demande si le Français sera moins brave, après avoir tiré le premier, ou après avoir fait feu pour feu, que sans avoir tiré[51] ». Ces transformations des manières de se battre remettent en question la notion du courage et des valeurs inculquées par l’armée, notamment celle du stoïcisme[52].

Ainsi, lorsque Lord Charles Hay lève une flasque et fait appel aux gardes françaises, il leur demande de rester plus longtemps qu’ils ne l’avaient fait à Dettingen[53]. C’est donc une sorte de défi ou une provocation qu’envoie l’officier anglais à son homologue français. Comme l’explique Lynn : « This was a display of bravado in the mode of courtesy, but he was also tempting the French to commit a tactical blunder[54] ». La vraie réponse du comte d’Anterroches serait la suivante : « Messieurs, nous ne tirons jamais les premiers; tirez vous-même[55] ». Le colonel des gardes françaises répond alors au défi des Britanniques en montrant qu’il sait endurer le feu anglais.

Au XVIIIe siècle, les armées, par leur désir d’universalisme et de conformité à des modèles militaires en vogue[56], ont essentiellement les mêmes armes et tactiques : les soldats sont tous armés de fusils à pierre de silex avec baïonnette, et tous les bataillons ont des systèmes pour maximiser la puissance de feu. Jointe à la culture de l’endurance, cette façon de combattre s’assure que les batailles deviennent sanglantes sans assurer une victoire décisive[57]. Cette psychologie pour obtenir la victoire conditionne les expériences vécues par les militaires au siècle des Lumières et ainsi les émotions que ces derniers peuvent ressentir.

L’émotion en bataille

Le champ de bataille est un « monde à part[58] ». Celui du XVIIIe siècle n’y échappe pas. C’est un endroit où la fusillade se fait de très près et où le soldat doit de surcroît traverser la « vallée de la mort[59] » pendant qu’il subit le tir de l’artillerie. L’éventail des émotions vécues par les militaires est bien représenté par ce passage de l’ouvrage de Carl von Clausewitz, De la Guerre :

Accompagnons le novice sur le champ de bataille. Nous approchons, le grondement toujours plus net de la canonnade se mêle aux balles qui sifflent, il frappe l’attention du néophyte. Les impacts de balles commencent à frapper autour de lui, devant, derrière. Nous nous hâtons de gravir la colline où se tient le général, entouré de sa nombreuse suite. Les boulets éclatent, les grenades explosent, il y en a tant que l’imagerie juvénile est soudain transpercée par la gravité de la vie. Et voilà qu’un ami tombe – une grenade a éclaté dans un groupe, entraînant un mouvement de foule involontaire, il commence à se sentir moins calme, moins assuré. Même le plus brave peut être décontenancé. Encore un pas pour entrer dans la bataille qui fait rage devant nous, comme une pièce de théâtre presque, allons vers le divisionnaire le plus proche. Le plomb tombe comme grêle, le tonnerre de nos canons aggrave notre trouble. Nous passons du divisionnaire au brigadier ; connu pour sa bravoure, celui-ci se protège soigneusement derrière une butte, une maison, un arbre, sûr indice de la montée du danger, les cartouches crépitent sur les toits et les champs, les boulets de canon mugissent de tous les côtés, vers nous et au-dessus, et voici le sifflement dru des balles de fusil. Encore un pas vers la troupe, l’infanterie exposée au feu depuis des heures avec une indescriptible fermeté. Ici, l’air est rempli des balles qui sifflent, qui s’approche avec son bref et aigu qui frôle l’oreille, la tête, l’âme. Pour couronner le tout, la compassion nous emplit à la vue des mutilés, des mourants, notre cœur bat la chamade[60].

Les émotions relevées ici et dont nous discuterons sont les suivantes : tout d’abord la confusion, ensuite la peur qu’on tente de supplanter avec le courage, puis la terreur.

Pour décrire la première émotion de manière ludique, voici une anecdote du film Fanfan la Tulipe. Louis XV observe le champ de bataille et il tente de reconnaître les divers régiments des armées belligérantes. Lorsqu’il voit des Écossais – que l’on reconnaît à leurs kilts et habits traditionnels – charger au son de la cornemuse, le monarque proclame : « Tiens, des Grecs[61] ? ». Cette ligne du film rend bien compte de la confusion réelle qui régnait sur un champ de bataille au XVIIIe siècle. Tout d’abord, un champ de bataille est immense : celui de Fontenoy est d’environ deux kilomètres de large[62]. À cette distance et à cette étendue, que doivent scruter et apprivoiser les commandants, s’ajoute toute la variété des couleurs qui caractérisent les uniformes. Pour l’armée française seulement, l’infanterie « nationale » est en gris-blanc, les Allemands en bleus, les Irlandais et Suisses en rouge[63]. Lors des combats eux-mêmes, ces différents uniformes nuisent à la compréhension du champ de bataille. Lorsqu’à Fontenoy la Brigade irlandaise charge à la baïonnette les Grenadier Guards, les deux unités portent des uniformes écarlates. S’ensuit une charge de la cavalerie de la maison du Roi. Les Irlandais doivent alors crier « France », afin d’éviter de se faire sabrer par leurs propres hommes[64]. Par ailleurs, les tirs de fusils et de canons causent énormément de fumée, ce qui limite la vision non seulement des combattants, mais également des officiers commandants. Le troisième duc de Malborough explique bien ce problème en écrivant à sa femme : « I must do my duty as a general, keep clear of the smoke and consequently out of shot to see what is going on in order to give proper orders[65] ». Cette confusion s’accentue avec le bruit assourdissant des armes[66]. Comme l’explique Clausewitz, plus le soldat approche de l’ennemi ou de la ligne de tir, une émotion commence à se faire ressentir : la peur[67].

Cette émotion, véhiculée par l’expérience intense des militaires, fait que ces derniers « commence[nt] à se sentir moins calme[s], moins assuré[s][68] ». Comme l’explique bien Berkovich, « fear for one’s life could actually prove a powerful motivator at times[69] ». La peur peut ainsi causer la déroute d’une unité ou d’une armée entière. Comment alors combattre la peur ? Pour les officiers, la réponse est simple, puisqu’ils sont motivés par l’honneur. Mais pour les soldats, qui n’ont pas d’honneur, comment contrôler leurs émotions et, surtout, leur instinct de survie ? Comme mentionné plus haut, la formation linéaire et la discipline draconienne des armées du XVIIIe siècle sert à cet effet. Comme l’explique le monarque Frédéric II de Prusse :

Tout ce que l’on peut faire de simples soldats, c’est de leur donner l’esprit de corps, c’est-à-dire une opinion plus élevée de leur régiment sur toutes les autres troupes du monde. Parce que les officiers doivent conduire ces soldats dans les plus grands dangers, et que les soldats ne peuvent être influencés par l’ambition, les simples soldats doivent craindre leurs officiers plus que tous les dangers auxquels ils sont exposés. Autrement, personne ne serait capable de mener de tels soldats à l’attaque alors que trois cents canons grondent contre eux[70].

Il faut alors combattre la peur par la peur. La coercition et la discipline parviennent à contrôler cette émotion. La discipline supplante même le courage, car cette dernière émotion « est insuffisante contre les armes à feu[71] ». Comme mentionnée dans Les Principes de l’Art Militaire de 1617, la « première qualité du soldat » est l’obéissance[72].

Si le soldat réussi à vaincre sa peur, que ce soit par son courage personnel ou encore par la coercition de ses officiers, il reste encore une expérience que peuvent lui affliger le combat, celle de « la vue des mutilés, des mourants[73] » : la terreur. Bien que les fusils soient imprécis, ils causent des blessures assez sévères[74] : la perte de membres, le bris des os ou encore l’infection de la plaie par les restants de tissus de l’uniforme dans la blessure et du plomb[75]. Même si le comte d’Anterroches somme les Anglais de tirer en premier, ce sont les gardes françaises qui ouvrent le feu. Le tir  est par contre indiscipliné et n’a pas d’effet significatif[76]. La salve britannique qui s’ensuit est cependant meurtrière : les pertes des gardes françaises sont de 98 morts et 313 blessés, ce qui représente environ 38% de leur effectif à ce moment du combat[77]. Les gardes suisses, le régiment d’Aubeterre et celui de Courten, qui combattent à ce moment au côté des gardes françaises, subissent respectivement environ 226, 328 et 301 pertes chacun[78]. De plus, l’artillerie gagne en efficacité. À Dettingen, l’artillerie française « faisait des rues dans leurs troupes [britanniques][79] », alors qu’à Fontenoy, le marquis d’Argenson mentionne qu’« il est vrai que le canon a eu l’honneur de cette affreuse boucherie[80] ». Malgré l’usage plus massif des armes à feu, l’arme blanche est également meurtrière. À Fontenoy, la Brigade irlandaise charge à la baïonnette dans les gardes anglaises. Les soldats peuvent être estropiés des membres suite à une blessure à la baïonnette[81], alors qu’Eugène Fieffé mentionne que le « lieutenant-colonel, d’Heguerty, qui avait reçu un coup de baïonnette dans l’œil[82] », succomba à sa blessure. Cette mêlée coûte aux Irlandais, ainsi qu’au régiment Royal Vaisseaux, qui suivent dans la charge, de lourdes pertes : 342 soldats et 59 officiers blessés pour les Irlandais et 291 soldats et 29 officiers blessés pour le Royal Vaisseaux[83]. Les scènes de bataille sont assez éprouvantes. Le portrait de Fontenoy, c’est « des morts nus, des ennemis agonisants, des plaies fumantes[84] ». La bataille de Fontenoy coûte près de 7 000 morts et blessés à la France[85], et environ 6 000 pertes à l’armée coalisée[86], sans compter les 2 000 blessés coalisés dans les hôpitaux français après les combats[87]. Pour l’armée victorieuse, cela représente grossièrement 15% de ses effectifs au total. Pour l’infanterie, cette proportion est cependant d’un sur quatre[88]. L’expérience de la guerre réglée et limitée au XVIIIe siècle n’est donc pas celle d’un jeu auquel se livrerait la noblesse. « [L]e plancher de tout cela est du sang humain, des lambeaux de chair humaine[89] ». Louis XV, traversant le champ d’honneur de Fontenoy suite à la victoire française, aurait dit à son fils le Dauphin : « Voyez le sang que coûte notre triomphe. Le sang de nos ennemis est toujours le sang des hommes. La vraie gloire est de l’épargner[90] ». L’horreur de cette scène atteint même les rois.

Nous ne sommes ni les premiers ni les derniers à souligner que l’expression « guerre en dentelle » est un terme péjoratif, qui préjuge d’une expérience limitée de la violence dans les guerres du XVIIIe siècle. La politesse des officiers n’est pas seulement due à une solidarité aristocratique, mais provient en fait d’un éthos militaire qui engage les adversaires à se lancer des défis. Au travers des émotions vécues par le soldat, l’expérience de la guerre est intensifiée par la tactique et la technologie du siècle des Lumières, certes limitées, mais qui est tout aussi mortelle, si bien que les pertes sont assez nombreuses. L’horreur de la guerre, ajoutée aux idéaux des Lumières, force les monarques à chercher la paix et ainsi sauver des vies humaines. Le maréchal de Saxe écrit, lui-même, à la fin de sa vie, qu’« après avoir traité d’un art qui nous instruit avec méthode à détruire le genre humain, je vais tâcher de faire connoître les moyens auxquels on pourroit avoir recours, pour en faciliter la propagation[91] ». Finalement, « La guerre en dentelles n’existe pas. Seule, la peur est vraie, ensuite vient le courage[92] ».


  • [1] Jean-Pierre Bois, Fontenoy 1745 : Louis XV, arbitre de l’Europe, Paris, Economica, 1996, p. vi.
  • [2] Jacques-Antoine-Hippolyte de Guibert, De la Force publique : considérée dans tous ses rapports, Paris, de l’imprimerie de Didot l’aîné, 1790, p .119.
  • [3] John Lynn, Battle : A History of Combat and Culture, New York, Basic Books, 2008 [2003], p. 146.
  • [4] Christopher Duffy, The Military Experience in the Age of Reason, Ware, Hertfortshire, Wordsworth Edition, 1998 [1987], p. 3.
  • [5] C’est notamment le cas des thèses de Jean-Yves Guiomar et David A. Bell, qui Leurs arguments incluent le nombre de mort et d’hommes mobilisés pour qualifier ces guerres de « totales ». L’historicité de ce concept reste un problème crucial et est toujours cause de débat. Cf. David A. Bell, Annie Crépin, Hervé Drevillon, Olivier Forcade et Bernard Gainot, « Autour de la guerre totale », dans Annales historiques de la Révolution française, 366, 2011, p. 153-170.
  • [6] Cf. David A. Bell, La première guerre totale : l’Europe de Napoléon et la naissance de la guerre moderne, trad. de C. Jacquet, Ceyzérieu, Éditions Champ Vallon, 2010, 402 p.
  • [7] Ilya Berkovich, « Fear, Honour and Emotional Control on the Eighteenth-Century Battlefield », dans Erika Kuijpers et Cornelis van der Haven (dir.), Op. cit., p. 93.
  • [8] L’armée française, notamment ces régiments allemands, entre 1740 et 1763 étaient le sujet de notre mémoire. Ces régiments jouent un rôle majeur dans la transmission du modèle prussien dans la tactique militaire française. Cf. Philipp Portelance, « Au service d’un autre roi » : Les troupes étrangères allemandes au service du royaume de France (1740-1763), Mémoire de M.A., Université de Montréal, Département d’histoire, 2018, 227 p.
  • [9] Brent Nosworthy, The Anatomy of Victory : Battle Tactics, 1693-1763, New York, Hippocrene Books, 1992, p. 29-45.
  • [10] Arnaud, Guinier, « Ils avaient des yeux et ils n’ont rien vu » La Prusse et l’émergence d’une culture militaire nationale dans la France des Lumières », dans Deruelle, Benjamin et Arnaud Guinier (dir.), La Construction du militaire, vol. 2 : cultures et identités combattantes en Europe de la guerre de Cent ans à la Seconde Guerre mondiale, Paris, Publications de la Sorbonne, 2017, p. 37-56.
  • [11] Christopher Duffy, Frederick the Great: A Military Life, Londres, Routledge & Kegan Paul, 1985, p. 246-247. 
  • [12] C’est avant tout dans le monde anglo-saxon, notamment avec les travaux de John Keegan et plus récemment ceux de John Lynn. Le monde francophone a suivi cependant cette voie, notamment sous l’influence d’André Corvisier, de Jean Chagniot ou encore de Jean-Paul Bertaud. Bien qu’elle ait un peu été oubliée, l’expérience de la guerre est reprise aujourd’hui en France sous l’influence d’Olivier Chaline et d’Hervé Drévillon. Cf. John Keegan, Anatomie de la bataille : Azincourt 1415, Waterloo 1815, La Somme 1916, Paris, Robert Laffont, 1993, 324 p.; John Lynn, The Bayonets of the Republic: Motivation and Tactics in the Army of Revolutionary France, 1791-1793, Urbana, University of Illinois Press, 1984, 356 p.; André Corvisier, L’Armée française de la fin du XVIIe siècle au ministère de Choiseul : le soldat, Paris, Presses universitaires de France, 1964, 2 vol.; Jean Chagniot, « Le mépris du feu de Folard et de ses disciples », dans Le soldat, la stratégie, la mort : mélanges André Corvisier, Paris, Economica, 1989, p. 118-127.; Jean-Paul Bertaud, La Révolution armée : les soldats-citoyens et la Révolution française, Paris, Robert Laffont, 1979, 382 p.; Olivier Chaline, La bataille de la Montagne Blanche ( 8 nov. 1620). Un mystique chez les guerriers, Paris, Éditions Noesis, 2000,624 p.; Hervé Drévillon, Batailles : Scènes de la Table ronde aux Tranchées, Paris, éditions du Seuil, 2007, 384 p.
  • [13] Cf. Hervé Drévillon, L’individu et la Guerre : du Chevalier Bayard au soldat inconnu, Paris, Belin, 2013, 312 p.; Jean-Pierre Bois, op. cit..; Élisabeth Belmas et Joël Coste, Les soldats du Roi à l’Hôtel des Invalides : étude d’épidémiologie historique, 1670-1791, Paris, CNRS Éditions, 2018, 364 p.; Joël Coste, « La guerre vue des brancards : Traumatismes et blessures dans les registres d’admission de l’Hôtel royal des Invalides (1670-1791) », dans Bertrand Fonck et Nathalie Genet-Rouffiac (dir.), Combattre et gouverner : dynamiques de l’histoire militaire de l’époque moderne (XVIIe-XVIIIe siècles), Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2015, p. 63-73.
  • [14] Erika Kuijpers et Cornelis van der Haven (dir.), Battlefield Emotions 1500–1800 : Practices, Experience, Imagination, Londres, Palgrace Macmillan, 2016, 303 p.
  • [15] Ce sont principalement les travaux d’histoire contemporaine qui s’y sont intéressés. Cf. Mariot, Nicolas. « Faut-il être motivé pour tuer ? Sur quelques explications aux violences de guerre », dans Genèses, vol. n° 53, n° 4, 2003, p. 154-177.; Joanna Bourke, An Intimate History of Killing: Face-to-Face Killing in Twentieth-Century Warfare. London, Granta Books, 1999, 564 p.
  • [16] Ian Clarke, Waging War : A Philosophical Introduction, Oxford, Clarendon Press, 1988, p. 58-59.
  • [17] La guerre de Sept Ans serait la première guerre qui serait moins limitée que les précédentes. Cf. H.V. Bowen, War and British Society, 1688-1815, Cambridge, Cambridge University Press, 1998, 106 p.; Edmond Dziembowki, La guerre de Sept Ans, 1756-1763, Québec, Septentrion, 2015, 680 p.
  • [18] Entre autres, la guerre de Neuf Ans, aussi connue comme la guerre de Succession palatine (1689-1697), la guerre de Succession d’Espagne (1701-1715), la guerre de la Quadruple Alliance où les enjeux dynastiques sont les mêmes qu’à la guerre précédente (1718-1720), la guerre de Succession de Pologne (1733-1735) et la guerre de Succession d’Autriche (1740-1748).
  • [19] Edmond Dziembowki, op. cit.; Laurent Veyssière et Bertrand Fonck (dir.), La guerre de Sept Ans en Nouvelle-France, Québec, Septentrion, 2012, 400 p.
  • [20] Il faut noter que les améliorations techniques dans la logistique et dans l’armement ne s’opèrent que tardivement au XIXe siècle, notamment lors de la guerre de Crimée (1854-1856). Cf. Jeremy Black, A Military Revolution? Military Change and European Society, 1550-1800, Hampshire, Macmillan Press LTD, 1991, p. 35-52.
  • [21] J. B. V. État général des troupes de France, sur pied en Mai 1748, à Paris, 1748, p. 214.
  • [22] John Lynn, Giant of the Grand Siècle: The French Army, 1610-1715, Cambridge, Cambridge University Press, 1997, p. 48.
  • [23] David A. Bell, Annie Crépin, Hervé Drevillon, Olivier Forcade et Bernard Gainot, « Autour de la guerre totale », dans Annales historiques de la Révolution française, 366, 2011, p. 158.
  • [24] Jeremy Black, « Eighteenth-Century Warfare Reconsidered », dans War in History, vol. 1, no. 2, Juillet 1994, p. 216.
  • [25] Jeremy Black, « Eighteenth-Century Warfare Reconsidered », Loc. cit., p. 220.
  • [26] Bien que certaines batailles, tels que celle des plaines d’Abraham (13 septembre 1759), marque en effet une victoire décisive britannique en Nouvelle-France, elle ne veut pas pour autant dire que la France a perdu la guerre de Sept Ans en 1759. CF. Ibid., p. 221.
  • [27] Benjamin Deruelle, « ‘‘C’est une lignée que les arquebuses ont enfantée’’ », dans Armes et cultures de guerre en Europe centrale (XVe siècle – XIXe siècle), Cahiers d’études et de recherches du musée de l’Armée N°6 (2005-2006), 2008, p. 273-290.
  • [28] Brent Nosworthy, Op. cit., p. 29.
  • [29] Ilya Berkovich, Loc. cit., p. 94.
  • [30] Stuart Reid, The Flintlock Musket : Brown Bess and Charleville 1715-1865, Oxford, Osprey Publishing, 2016, p. 6.
  • [31] Jeremy Black, A Military Revolution…, Op. cit., p. 39.
  • [32] John Lynn, Giant…, Op. cit., p. 460.
  • [33] D’après des tests effectués par les contemporains, à 80 verges la chance de toucher une cible est de 60%, à 160 verges de 40% et à 240 verges la chance n’est que de 25%. Cf. Bert S. Hall, Weapons and Warfare in Renaissance Europe : Gunpowder, Technology, and Tactics, Baltimore,Johns Hopkins University Press, 1997, p. 138-139.
  • [34] De meilleurs résultats sont obtenus lors d’entrainements avec des tirs à blanc. Notamment, les Prussiens atteignent la cadence de six coups par minute. Cf. Christopher Duffy, Military experience…, Op. cit., p. 114.
  • [35] John Lynn, Battle…, Op. cit., p. 157.
  • [36] Boris Bouget, « De peu d’effet ». Le fusil et le combat d’infanterie au XVIIIe siècle (1692-1791). Modèles, tactique et efficacité, thèse de Ph.D., Université Paris 1 – Pathéon-Sorbonne, Département d’histoire, 2013.
  • [37] Alder, Ken. Engineering the Revolution : Arms and Enlightenment in France, 1763-1815, Chicago, University of Chicago Press, 1997, 476 p. 
  • [38] Michael McNally, Fontenoy 1745 : Cumberland’s bloody defeat, Oxford, Osprey Publishing, 2017, p 18.
  • [39] 193 pièces d’artillerie pour les Prussiens à la bataille de Zorndorf (25 août 1758). Cf. Simon Millar, Zorndorf 1758 : Frederick faces Holy Mother Russia, Oxford, Osprey Publishing, 2003, p. 43.
  • [40] Environ 309 pièces pour les Prussiens à la bataille de Torgau (3 novembre 1760). Cf. Christopher Duffy, The Army of Frederick the Great, New York, Hippocrene Books, 1974, p. 235.
  • [41] John Lynn, Battle…, Op. cit., p. 254-155.
  • [42] Claude-Louis-Robert, comte de Saint-Germain, Mémoires de M. le comte de Saint-Germain, ministre et secrétaire d’État à la Guerre…, Amsterdam, Rey, 1779, p. 178.
  • [43] John Lynn, Giant…, Op. cit., p. 476.
  • [44] Philipp Portelance, Op. cit., p. 125.
  • [45] John Lynn, Battle…, Op. cit., p. 158.
  • [46] Ilya Berkovich, Loc. cit., p. 93.
  • [47] Ibid., p. 95.
  • [48] Brent Nosworthy, Op. cit., p. 204.
  • [49] John Lynn, Battle…, Op. cit., p. 158.
  • [50] Maurice de Saxe, « Mémoire sur l’inconvénient d’essuyer le feu de l’ennemi sans lui répondre », dans Mes rêveries : suivies d’un choix de correspondance politique, militaire et privée, Jean-Pierre Bois (éd.), Paris, Economica, 2002, p. 435.
  • [51] Saxe, « Mémoire sur l’inconvénient… », Loc. cit., p. 435.
  • [52] Jacqueline Lagrée, «  Anthropologie et guerre dans le néostoïcisme », Ninon Grangé (éd)., Penser la guerre au XVIIe siècle. Presses universitaires de Vincennes, 2012, p. 27-50.
  • [53] La bataille de Dettingen (27 juin 1743) a lieu deux ans auparavant. Les gardes françaises s’étaient retrouvées, comme à Fontenoy, devant les Anglais. Ces derniers tirent en premiers, provoquant un effet considérable : « La brigade de Noailles prit la fuite à la première décharge et ne put se celle des Gardes soutint le premier feu sans y riposter ; M. de Gramont ayant voulu revenir à la charge, ils se mirent en si grand désordre qu’un tiers se jeta dans le Main où beaucoup ont péri ». Cf. Jean Chagniot, « Une panique : les Gardes Françaises à Dettingen (27 juin 1743) », Revue d’histoire moderne et contemporaine, tome 24, no1, 1977, p. 82.
  • [54] John Lynn, Battle…, Op. cit., p. 159.
  • [55] Voltaire, Précis du Siècle de Louis XV, Tome Premier, Dresde, George Conrad Walther Librairie de la cour, 1769, p. 213
  • [56] Stuart Reid, Op. cit., p. 61-63.
  • [57] John Lynn, Battle…, Op. cit., p. 159.
  • [58] Erika Kuijpers et Cornelis van der Haven (dir.), Op. cit., p. 3.
  • [59] C,est un renvoie à la citation biblique du Psaume 23. Cf. John Lynn, Battle…, Op. cit., p. 158.
  • [60] Bien que Clausewitz est un général des guerres napoléoniennes, le combat n’a que peu évolué par rapport à ceux du siècle des Lumières. Cf. Carl von Clausewitz, De la guerre, trad. par Laurent Murawiec, Paris, Perin, 1999, p. 79.
  • [61] Gérard Krawczyk, Fanfan la Tulipe, film cinématographique, produit par Luc Besson, 2003, 2min23.
  • [62] Michael McNally, Op. cit., p. 39.
  • [63] Pour les uniformes des régiments « nationaux », voir René Chartrand, Louis XV’s army (2) : French infantry, Londres, Osprey Publishing, 1997, 48 p. Pour ceux des régiments étrangers, voir Id., Louis XV’s army (3) : Foreign infantry, Londres, Osprey Publishing, 1997, 48 p.
  • [64] Michael McNally, Op. cit., p. 83.
  • [65] Cité dans Jeremy Black, A Military Revolution…, Op. Cit., p. 40.
  • [66] Ilya Berkovich, Loc. cit., p. 95.
  • [67] Au sujet de la peur, voir aussi : Paul Vo-Ha, Rendre les armes : le sort des vaincus (XVIe-XVIIe siècle), Seyssel, Champ Vallon, 2017, 440 p.; Laurent Vissière et Marion Trévisi (dir.), Le feu et la folie :L’irrationnel et la guerre (fin du Moyen Âge-1920), Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2016, 282 p.
  • [68] Carl von Clausewitz, Op. cit., p. 79.
  • [69] Ilya Berkovich, Loc. cit., p. 102.
  • [70] Frédéric II, « Das militârisches Testament », dans A. von Taysen (éd.), Militarische Schriften, Berlin, Richard Wilhelmi, 1882, p. 205.
  • [71] M. de Cugnot. Op. cit., p. 267.
  • [72] Jean de Billon, Les Principes de l’Art Militaire, Rouen, Chez Jean Berthelin, 1633, p. 5.
  • [73] Carl von Clausewitz, Op. cit., p. 79.
  • [74] Stuart Reid, Op. cit., p. 19.
  • [75] Élisabeth Belmas et Joël Coste. op. cit., p. 300.
  • [76] Michael McNally, Op. cit., p. 65.
  • [77] Jean-Pierre Bois, Op. cit., p. 89.
  • [78] Michael McNally, Op. cit., p. 65.
  • [79] Jean Chagniot, Loc. cit., p. 81.
  • [80] Marquis d’Argenson (texte établi par Laurent Sortais), Journal du Marquis d’Argenson : tome V, 1744-1747, Le ministère des affaires étrangères, Clermond-Ferand, Éditions Paleo, 2003, p. 352.
  • [81] Voir les blessures des soldats aux Invalides. Cf. Élisabeth Belmas et Joël Coste, Les soldats du Roi à l’Hôtel des Invalides : étude d’épidémiologie historique, 1670-1791, Paris, CNRS Éditions, 2018, 364 p.
  • [82] Eugène Fieffé, Histoire des troupes étrangères au service de France, Paris, Librairie Militaire, 1854, p. 322.
  • [83] Service Historique de la Défense (SHD), sous- série GR A1, A1 3084.
  • [84] Marquis d’Argenson, Op. cit., p. 352.
  • [85] Jean-Pierre Bois, Op. cit., p. 102-103.
  • [86] Tim Everson, “1409. « A preliminary casualty list from Fontenoy – 1745. », dans Journal of the Society for Army Historical Research, vol. 73, no. 294, 1995, p. 135–137.
  • [87] Jean Lambert Alphone Colin, Les Campagnes du Maréchal de Saxe, vol. 3, Paris, R. Chapelot, 1901, p. 151
  • [88] Michael McNally, Op. cit., p. 65.
  • [89]  Ibid.
  • [90] Jean-Pierre Bois, Op. cit., p. 101.
  • [91] Maurice de Saxe, « Réflexions sur la propagation de l’espèce humaine », dans Abbé Pérau (éd.), Mes rêveries : ouvrage posthume, tome second, Amsterdam et Leipzig, Arestée et Merkus, 1757, p. 155.
  • [92] Jean-Pierre Bois, Op. cit., p. viii.