BENOIT MARTEL
Université du Québec à Montréal
Résumé
Au courant des XIIIe et XIVe siècles, les croisades menées par la Chrétienté occidentale se portent contre les dernières terres païennes situées au nord-est de l’Europe afin de les christianiser et de les coloniser. Dans ce mouvement d’expansion périphérique, l’Ordre teutonique est appelé à jouer un rôle de premier plan en Prusse et sur les rives de la mer Baltique. Dans cet article, nous tâcherons de voir le rôle que joua l’Ordre teutonique dans l’implantation en Prusse du modèle de société chrétienne qui avait alors cours en Europe occidentale, c’est-à-dire dans ce processus pluriséculaire de christianisation qui inclut, mais sans s’y restreindre, la conversion des populations païennes au christianisme. En effet, désirant appliquer une approche différente et surtout innovante à la question, nous nous attarderons plutôt ici à la conversion du territoire en lui-même, étape préparatoire à sa christianisation proprement dite. Nous étudierons également le devenir des principaux sites sacrés païens, tels les bosquets sacrés et les cimetières, suite à l’arrivée des croisés en Prusse.
Au cours des XIIIe et XIVe siècles, les croisades menées par la Chrétienté[1] occidentale s’étendent aux dernières terres païennes situées au nord-est de l’Europe afin de les christianiser et de les coloniser. À la fin du siècle précédent, soit vers 1190, l’Ordre teutonique est fondé en Terre Sainte. C’est au départ un ordre religieux-militaire similaire aux Templiers et aux Hospitaliers qui s’inspire de leurs deux règles. Connu pour les croisades qu’il mena contre les païens de Prusse, puis de Livonie et enfin de Lituanie[2], c’est surtout son rôle dans la création de la Prusse médiévale qui a retenu notre attention (Figure A). Issu de quelques analyses menées dans le cadre de notre mémoire de maîtrise[3], cet article prend comme point de départ la Chronique de la terre de Prusse du prêtre de l’Ordre teutonique Pierre de Dusbourg[4]. Rédigée au XIVe siècle, cette chronique de croisade relate la conquête et la christianisation de la Prusse par l’Ordre teutonique entre 1226 et 1330. Afin d’ancrer notre analyse dans le contexte plus large des croisades baltes, nous ferons aussi appel à diverses autres sources, notamment le Traité de Christburg de 1249[5] et les écrits de Saxo Grammaticus (v. 1200)[6], d’Henri de Livonie (v. 1226)[7], et de Nicolas de Jeroschin (v. 1341)[8]. Nous tenterons ainsi d’apporter quelques éléments de réponse à la question suivante : comment le processus de conversion de la Prusse païenne en territoire chrétien se déroula-t-il au cours des XIIIe et XIVe siècles sous l’égide de l’Ordre teutonique?
Pour ce faire, nous circonscrirons quelques indicateurs permettant de comprendre de quelle manière l’Ordre a contribué à implanter en Prusse le modèle de société chrétienne qui avait alors cours en Europe occidentale. Évidemment, ce processus se compose de divers éléments, notamment la conversion des populations païennes et la mise en place du cadre paroissial et diocésain. Désirant appliquer une approche différente et surtout innovante à la question, nous nous attarderons plutôt à la conversion du territoire en lui-même. Après une rapide mise en contexte, nous présenterons les différentes manières dont les puissances chrétiennes ont fait disparaître les anciens lieux sacrés païens de la Prusse, soit en les annihilant, en les convertissant ou, de manière plus intéressante encore, en en réemployant certains éléments dans un contexte chrétien. Pour ce faire, nous emboîterons notamment le pas aux historiens Robert Bartlett[9], Kurt Villads Jensen[10] et John Howe[11] par rapport à ce que ce dernier nomme la « creation of a Christian Landscape ».
Pour l’historien Kurt Villads Jensen, qui s’intéresse principalement aux premières croisades menées sur les rives de la Baltique, la destruction visuelle et la réutilisation de monuments et de lieux de culte païens tels les temples, les pierres dressées, les bosquets sacrés et les cimetières sont essentielles pour assurer la conversion des terres païennes. Il s’agit d’une phase de désacralisation préalable à la conversion chrétienne[12]. Par exemple, si les arbres centenaires de la Baltique (chênes, noisetiers, etc.) qui étaient sacrés pour les païens étaient souvent abattus par les croisés, il arrivait également qu’ils soient réemployés ou convertis. Ainsi, on sait que certains arbres sacrés furent réemployés dans la construction de nouvelles églises chrétiennes, vraisemblablement en vue d’une certaine continuation du culte ou de son incorporation afin de faciliter l’acceptation du christianisme chez les païens. En Pologne, vers 1120, ce fut notamment le cas d’un vieux noisetier à Julin (mod. Wolin) et d’un des chênes sacrés à Stettin (mod. Szczecin) selon la vitae de Othon de Bamberg, évangélisateur de la Poméranie[13]. Cette technique, qui favorise le réemploi plutôt que la destruction pour atténuer le changement chez la population à convertir, était d’ailleurs prônée dès le VIIe siècle par le pape Grégoire le Grand dans la lettre qu’il adressa à Mellitus, missionnaire en Angleterre[14]. En outre, il arrivait aussi que les arbres sacrés demeurent debout malgré leur lien avec l’ancien culte païen : convertis et marqués de croix, ils représentent alors de manière explicite le contrôle du territoire par la nouvelle religion en place[15].
Qu’en est-il du cas de la Prusse? Il est bien attesté que, tout comme les Estoniens[16], les Coures[17] et les Lituaniens[18], les Pruthènes possédaient des arbres et des bosquets sacrés[19], et voire même quelques temples[20]. Selon l’archéologue Aleksander Pluskowski, des destructions violentes de lieux de culte païens ont été répertoriées en Prusse en lien avec les croisades qui s’y déroulèrent, notamment celle du bois sacré de Pubetin en Sambie[21]. De son côté, Pierre de Dusbourg fait mention de deux lieux de culte dans sa chronique, soit Romowe en Nadrovie et Romene en Lituanie (Figure B). Selon notre chroniqueur, Romowe était associé au Criwe, une sorte de grand prêtre chez les Baltes qui s’occupait notamment des rituels funéraires, des sacrifices et qui avait charge d’entretenir la flamme éternelle. Voici l’extrait de sa chronique :
Il y avait au milieu de ces nations perverties, c’est-à-dire en Nadrovie, un lieu appelé Romowe, qui tirait son nom de Rome, dans lequel habitait un homme nommé Criwe qui était révéré comme le Pape et qui, comme le Pape, régnait universellement sur la communauté des fidèles, dirigeant par les gestes et les ordres non seulement les peuples mentionnés, mais aussi les Lituaniens et les autres nations de la terre de Livonie[22].
On considère généralement que Romowe est un bosquet sacré[23]. Toutefois, comme Pierre de Dusbourg est la seule source à mentionner Romowe et le Criwe, leur existence est très contestée tant chez les historiens que chez les archéologues. Si d’aucuns croient jusqu’à un certain point à l’existence du Criwe, d’autres la contestent vivement. Ainsi, l’historien S. C. Rowell avance qu’il s’agirait simplement d’une contre-église inventée par Pierre de Dusbourg. Le chroniqueur aurait inversé la religion chrétienne pour faciliter la compréhension du paganisme à ses contemporains : le Criwe, équivalent du pape, vivrait à Romowe, équivalent de Rome[24]. D’autre part, les archéologues Ewelina Siemianowska et Sławomir Wadyl avancent plutôt que le mot décrirait les prêtres païens en général. Le mot « Criwe » dériverait du mot lituanien « krivule », soit un bâton ou une masse qui dénotait l’autorité ecclésiastique. Ce « krivule » était notamment employé pour convier les païens baltes aux assemblées où étaient prises les décisions importantes, notamment au niveau militaire, suite à l’emploi de la divination[25]. Enfin, pour l’historien Jarosław Wenta, ce personnage serait essentiellement un prêtre païen et chaque village possédait son Romowe[26].
Bref, difficile d’y voir clair quant à la réalité ou non de Romowe et du Criwe, mais nous pencherions en faveur de l’interprétation des chercheurs polonais. En ce qui concerne Romene, Pierre de Dusbourg écrit que vers 1300, le commandeur de Ragnit se rendit en Lituanie et qu’il procéda à la destruction d’un village sacré pour les païens appelés « Romene ». La proximité des noms des deux lieux, Romowe et Romene, est frappante[27]. En fait, il s’agit de la seule destruction d’un lieu de culte païen que nous ayons pu relever chez Pierre de Dusbourg. Voici l’extrait :
En ce temps, le frère Ludovic de Libencele était commandeur de Ragnit. Avec ses frères et ses hommes d’armes, il accomplit de nombreuses guerres glorieuses contre les Lituaniens. Il entreprit de nombreuses guerres navales, dont une contre Anstechiam dans la terre du roi de Lituanie, où il brûla un village appelé Romene qui était sacré selon le rite des païens. Tous les villageois furent faits prisonniers ou tués[28].
De son côté, le traducteur de Pierre de Dusbourg en moyen-haut allemand, Nicolas de Jeroschin, fournit quelques détails supplémentaires sur l’attaque du village[29] :
Une fois, [Ludovic de Libencele] navigua avec ses hommes jusqu’à Anstechiam, qui est sujette du roi de Lituanie. Il y avait là un grand village appelé Romene. Dans leur simplicité, les habitants d’[Anstechiam] considéraient ce village sacré. Le commandeur mit silencieusement le village en ordre. Il y perpétra une grande destruction et consacra les natifs sous la bannière de ses propres chapelains. Ce rituel d’imposition des mains fut rude sur leur cou et ceux qui y résistaient furent tués, peu importe qu’ils soient sacrés ou non. Mais assez de cette moquerie : il tua ou captura tous ceux présents et s’en retourna chez lui.
Ces descriptions nous apportent plusieurs informations intéressantes. Ainsi, les destructions de lieux de culte païens avaient également lieu sous la direction des officiers de l’Ordre établis en Prusse. Ne se contentant pas de détruire le sanctuaire à coups de hache, comme celui du dieu Tharapita en Estonie dont parle le chroniqueur Henri de Livonie, les gens de l’Ordre, sous la direction du commandeur de Ragnit, incendient Romene. Les païens présents, quant à eux, étaient forcés de se convertir immédiatement, sinon emmenés en esclavage ou tués sans autre forme de procès. Enfin, nous pouvons constater que, à tout le moins pour Nicolas de Jeroschin, le fait de convertir les païens était réellement secondaire, voire sujet de moquerie, par rapport à l’importance de la chose militaire. Pour nous, ce récit est également à rapprocher de celui de la destruction du temple wende d’Arkona relatée par Saxo Grammaticus dans sa Geste des Danois (Figure C). En 1168, Waldemar 1er le Grand, roi de Danemark, conquit la forteresse et le temple wendes d’Arkona situés sur l’île de Rügen. L’idole païenne du dieu Svantevit y fut abattue et brulée. Cette victoire chrétienne porta un coup décisif au paganisme dans la région et, dès lors, des églises et des monastères y furent construits. Puis la croisade se porta plus à l’Est[30].
Selon l’historien Kurt Villads Jensen, dans la Chronique d’Henri de Livonie, les nombreuses mentions d’utilisation du feu lors de la conquête et de la conversion du territoire visent à démoraliser psychologiquement l’adversaire : voyant leurs villages, leurs maisons et leurs possessions réduites en cendre, la seule option envisageable devient la conversion au christianisme plutôt que la résistance. Allant plus loin, il émet l’hypothèse que le recours au feu dans les chroniques aurait également pour but la purification du sol païen afin de le préparer à la conversion. Il y aurait ainsi deux types d’utilisation du feu : psychologique (destructeur) et symbolique (purificateur)[31]. Suivant notre dénombrement des occurrences de l’utilisation du feu par les chrétiens chez Pierre de Dusbourg, nous pensons qu’il pourrait en être sensiblement de même dans sa chronique (Tableau 1). En effet, le feu est fréquemment utilisé par les chrétiens dans les récits de destruction de villages et de fortifications païens, tout comme il est aussi employé comme un moyen de purifier le sol par la destruction de lieux de culte païens comme Romene[32].
Bien entendu, la destruction pure et simple des lieux de culte païens ne fut pas la seule méthode employée en Prusse. Ainsi, on sait que les bosquets de tilleul associés à la déesse païenne Curche, qui est mentionnée dans le Traité de Christburg, furent rapidement associés au culte de la Vierge Marie, patronne de l’Ordre teutonique[33]. En outre, le cas des cimetières païens mérite d’être approfondi. Pour l’Estonie, l’archéologue Heiki Valk a relevé la présence de 293 cimetières de village pour l’ensemble de la période médiévale. Selon lui, sans que cela ne soit une pratique systématique, on retrouve parmi ceux-ci de nombreuses occurrences d’intégration de cimetières païens dans un contexte chrétien, c’est-à-dire associés à de nouvelles églises[34]. On peut penser qu’un phénomène similaire a pu se dérouler en Prusse. Incorporer les lieux relatifs aux morts était en effet primordial pour l’Église pour qui la paroisse, avec son église et son cimetière, constituait la matrice de la société chrétienne[35].
C’est à tout le moins dans cette direction que pointent les recherches archéologiques menées depuis la fin des années 1990 sur le cimetière d’Alt-Welhau en Sambie. Pierre de Dusbourg nous dit que le château d’Alt-Welhau a été construit vers 1255 par les païens qui voulaient s’opposer à l’avancée des frères de l’Ordre teutonique en Nadrovie. Néanmoins, le commandant du château se convertit rapidement au christianisme avec sa famille et devint un fervent défenseur de la foi. D’autres nobles pruthènes suivirent son exemple[36], ce qui facilita la conversion de la région. Constitué au milieu du XIIIe siècle alors que la ville était encore païenne, le cimetière d’Alt-Welhau exista jusqu’au début du XVIIe siècle. Dans les tombes du XIIIe siècle, des épées rituellement tordues et brisées, des pointes de lances et des symboles de croix ont été retrouvés. De même, jusqu’au milieu du XVIe siècle, et ce, nonobstant la construction d’une église paroissiale en 1361, 60 % des morts de ce cimetière furent ensevelis avec des couteaux et des pièces de monnaie teutoniques[37]. On voit donc ici une sorte de lente transition au niveau des rites funéraires du paganisme au christianisme, voire une coexistence des deux rites en un même lieu au fil des siècles.
Cette situation non orthodoxe par rapport aux cimetières chrétiens où des morts sont enterrés avec des biens ne semble pas être un cas isolé en Prusse. Les statuts synodaux samlandais du XVe siècle nous apprennent que les Pruthènes convertis enterraient parfois leurs morts avec des objets et des armes en terre non consacrée et même dans les forêts. En effet, ce type de funérailles était passible du fouet ou d’une amende de 3 marks[38]. Comme quoi, quand les législateurs sentent le besoin de légiférer, c’est qu’une situation conflictuelle les incite à le faire. Ainsi, tout n’est pas noir ou blanc, il peut y avoir communion des fidèles et création d’une société chrétienne malgré diverses continuations et résurgences païennes[39]. En Prusse, le phénomène de christianisation des mœurs et des pratiques funéraires se poursuivit d’ailleurs graduellement jusqu’à la Réforme, et même au-delà.
Enfin, un dernier type de monument religieux pruthène doit être abordé dans le cadre de sa réutilisation dans un contexte chrétien, c’est-à-dire les babas. Bien que Pierre de Dusbourg n’en dise mot, les babas nous sont connus grâce à l’archéologie. Apparues entre les XIe et XIIIe siècles, ces « pierres levées » sont essentiellement des statues anthropomorphiques plus ou moins détaillées. Jusqu’ici, 24 babas ont été retrouvés en Prusse[40]. De manière générale, on ne retrouve pas les babas dans leur location originelle. Cependant, en 2007, un baba fut retrouvé pour la première fois in situ au site archéologique de Poganowo. Celui-ci ayant été retrouvé à l’intérieur d’un complexe cultuel païen, nul doute ne subsiste aujourd’hui quant à l’affiliation de ces statues au culte païen[41]. En effet, le lieu semble avoir été laissé à l’abandon plutôt que détruit[42].
Quelques babas ont été retrouvés dans le voisinage immédiat d’églises chrétiennes, comme à Boreczno et à Dzierzgoń en Pomésanie. Mais, mieux encore, on a retrouvé à Prątnica en Sasnie un baba d’environ deux mètres de long intégré dans le mur nord d’une église chrétienne. Couché sur le côté, celui-ci sert littéralement de pierre d’assise à la fondation de l’église (Figure D). Symbole fort explicite de la victoire du christianisme sur le paganisme dans la région à nos yeux, cette église a été édifiée vers 1330, soit au moment même où Pierre de Dusbourg rédige son bilan apologétique de la conquête et de la christianisation de la Prusse[43]. Il faut savoir qu’en elles-mêmes les églises et leurs clochers jouent un rôle déterminant sur la conversion du paysage physique : d’abord par leur simple présence au niveau visuel, mais aussi par le son des cloches qui emplit les campagnes nouvellement converties[44] et qui impose la conception chrétienne du temps à la ronde.
En définitive, quels éléments de réponses avons-nous pu apporter à notre question de départ? D’abord, nous avons vu qu’il était important de débarrasser le territoire des lieux et des monuments associés au culte païen. Nous avons ainsi décrit la destruction du lieu de culte « Romowe » (ou d’un des Romowe) à l’aide du feu purificateur. Ensuite, nous avons constaté que la destruction pure et simple n’était pas toujours la meilleure solution, et que l’adaptation ou la conversion de certains lieux liés au culte païen, comme les cimetières et les bosquets sacrés de la déesse Curche, étaient également aussi envisageables par les puissances chrétiennes. Enfin, et c’est là à notre avis le plus intéressant, nous avons pu voir que les babas, ces pierres anthropomorphiques païennes, pouvaient être réutilisés dans la construction même des églises chrétiennes en Prusse, affirmant haut et fort la nouvelle mainmise de la religion chrétienne sur le territoire.
Bref, nous avons pu constater qu’en Prusse
comme ailleurs sur le pourtour de la mer Baltique, la dynamique d’appropriation
et d’éradication des lieux de culte païens dans le contexte des croisades semble
avoir été sensiblement la même. Primordiale pour la conversion du territoire
qui sera ensuite christianisé, cette dynamique constitue la première étape d’un
long processus, réalisé en Prusse sous l’égide de l’Ordre teutonique, qui mena
en définitive à l’incorporation des différents pays baltes à ce grand ensemble
très hétérogène appelé la Chrétienté occidentale. Cependant, pour pouvoir réellement saisir l’ensemble de
ce processus amorcé au XIIIe siècle, il faudrait en outre aborder plus
en profondeur les nombreux autres éléments qui le constituent : notamment l’édification
d’églises et de monastères, la constitution de réseaux de pèlerinage vers les reliques
des saints, l’évolution du nombre de chrétiens sur le territoire
après 1283, ou encore l’instauration effective du cadre paroissial et diocésain
à l’ensemble de la Prusse teutonique – que nous avons abordé plus en détail
ailleurs[45].
En outre, le devenir des cimetières, des monuments et des lieux de culte païens
à la suite de la croisade mériterait également d’être investigué plus avant. Toutefois,
à l’heure actuelle, les éléments de réponse apportés par l’archéologie se font
encore rares pour pouvoir efficacement les confronter aux sources manuscrites
traitant du paganisme en Prusse avant et après l’arrivée de l’Ordre teutonique sur les rives
de la mer Baltique. En effet, le développement de l’archéologie des croisades
baltes en étant encore à ses débuts, suivre ses développements futurs permettra
certainement de peaufiner notre compréhension du phénomène de christianisation
de la Prusse et de ses premiers habitants. Cet article aura, nous
l’espérons, permis de mieux intégrer l’histoire de la Prusse teutonique à
l’histoire plus générale de l’Occident médiéval, de prendre en considération un
lieu précis situé en marge de la Chrétienté afin d’en éclairer à la fois le
centre et les autres périphéries. Si les croisades en Terre sainte et ailleurs
ne menèrent parfois qu’à d’éphémères royaumes chrétiens, ici la pérennité de la
situation mérite d’être soulignée. Nous pensons que l’exemple prussien peut servir
de modèle, ou à tout le moins d’élément de comparaison, pour étudier la
constitution d’autres nouveaux territoires chrétiens ailleurs. Enfin, malgré
les critiques qu’on a pu lui opposer au fil des siècles, on peut affirmer que l’Ordre
teutonique a certainement été un acteur de premier plan du processus d’expansion
des frontières de la Chrétienté sur les rives de la mer Baltique.
Figure A – La région de la mer Baltique (XIIIe siècle)

Source : D’après William Urban, « Baltic Crusades », dans Alan Murray
(dir.), The Crusades : An Encyclopedia,
Vol. I,
Santa Barbara (Calif.), ABC-CLIO, 2006, p. 146.
Figure B – Les principaux lieux de Prusse mentionnés dans l’article

Légende : 1) Romowe (Nadrovie); 2) Alt-Welhau (Sambie); 3) Poganowo (site archéologique); 4) Boreczno (Pomésanie); 5) Dzierzgoń (Pomésanie); 6) Prątnica (Sasnie). Source : D’après Sylvain Gouguenheim, Les chevaliers teutoniques, Paris, Tallandier, 2007, p. 188.
Figure C – La forteresse et le temple wendes d’Arkona (1168)

Source : D’après
Kurt Villads Jensen, « Denmark », dans Alan Murray (dir.), The Crusades : an Encyclopedia, ABC-Clio, 2007, p. 350.
Figure D – Baba pruthène couché dans le mur de l’église de Prątnica, Pologne

Source : Mirosław J. Hoffman, « The Prussian Transition
from Paganism to Christianity: Material Relics of the Transformation of Beliefs
», dans Jerzy Gąssowski (dir.), Christianization
of the Baltic region, Pultusk, Baltic Research Center of the Pultusk School
of Humanities, 2004, p. 69.
Tableau 1 – L’utilisation du feu par les chrétiens chez Pierre de Dusbourg
| Actions | Occurrences |
| Dévastation par le feu (sans précision) | 47 |
| Destruction de châteaux / fortifications | 31 |
| Destruction de villages / villes / faubourgs | 30 |
| Destruction d’édifices | 5 |
| Mise à mort | 2 |
| Destruction de lieu de culte | 1 |
| TOTAL | 116 |
Source : Pour
le détail, voir Benoit Martel, Dilatatio
terminis christianorum. La christianisation de la Prusse par l’Ordre teutonique
(13e-14e siècles), Mémoire de M.A. (histoire),
Université du Québec à Montréal, 2017, p. 169-174. En ligne : http://archipel.uqam.ca/id/eprint/10416.
- [1] Sur l’emploi de la majuscule dans « Chrétienté » au sein de l’historiographie des XIIIe et XIVe siècles, voir l’article introductif de Piroska Nagy, « La notion de Christianitas et la spatialisation du sacré au Xe siècle : un sermon d’Abbon de Saint-Germain », Médiévales, no 49, 2005, p. 121-140 : « L’historiographie actuelle admet généralement que par Chrétienté […] on désigne l’entité sociale et territoriale médiévale qui trouve son identification dans le système religieux chrétien. […] Le terme christianitas prend seulement progressivement le sens de “ communauté des chrétiens ”, “ société chrétienne ”, pour revêtir, à un moment donné, un aspect territorial. C’est ce passage que l’usage historiographie marque par le remplacement de la minuscule (chrétienté) par une majuscule de la Chrétienté (occidentale). Ce changement orthographique marque […] le passage d’une entité relativement abstraite à une entité désormais bien définie, ancrée dans la réalité, qui se comporte sous la plume des auteurs comme l’équivalent d’un nom de pays ».
- [2] Les premières croisades de l’Ordre teutonique contre les païens de Prusse sont menées au Culmerland suite à l’invitation du duc Conrad de Mazovie en 1226. Puis, en 1237, après à la défaite de la Saule, l’Ordre teutonique incorpore les chevaliers Porte-Glaives, qui avaient été fondés par Albert de Riga au siècle précédent. L’Ordre récupère alors leurs possessions de Livonie et d’Estonie, et les croisades contre les populations de ces régions reprennent sous son égide. De son côté, la Lituanie devient un acteur important dans les affaires de l’Ordre teutonique vers la fin du XIIIe siècle.
- [3] Benoit Martel, Dilatatio terminis christianorum. La christianisation de la Prusse par l’Ordre teutonique (13e-14e siècles), Mémoire de M.A. (histoire), Université du Québec à Montréal, 2017, 335 p. En ligne : http://archipel.uqam.ca/id/eprint/10416.
- [4] Pour la plus récente édition de la chronique, voir Petrus de Dusburgk, Chronica terrae Prussiae, éditée par Jarosław Wenta et Sławomir Wyszomirski, Cracovie, Polska Akademia Umiejętności, 2007, 331 p. (cité désormais Pierre de Dusbourg).
- [5] Preußisches Urkundenbuch, Rudolf Philippi et al. (dir.), Königsberg, Hartungsche Verlagsdruckerei, 1882-2000, vol. 1, n° 218 (7 février 1249), p. 158-165. (cité désormais PUB)
- [6] Saxo Grammaticus, Gesta Danorum, XIV, 39, 34, cité dans Kurt Villads Jensen,« Crusading and Christian Penetration into the Landscape: The New Jerusalem in the Desert after c. 1100 », dans Sæbjørg Walaker Nordeide et Stefan Brink (dir.), Sacred Sites and Holy Places: Exploring the Sacralization of Landscape through Time and Space, Turhout, Brepols, 2013, p. 222.
- [7] Henricus Lettus, The Chronicle of Henry of Livonia, trad. par James A. Brundage, New York, Columbia University Press, 2003 [1961], 262 p. (cité désormais Henri de Livonie)
- [8] Nicolaus von Jeroschin, The Chronicle of Prussia : a History of the Teutonic Knights in Prussia, 1190-1331, trad. par Mary Fischer, Burlington, Ashgate, 2010, 306 p. (cité désormais Nicolas de Jeroschin)
- [9] Robert Bartlett, The Making of Europe. Conquest, Colonization and Cultural Change 950-1350, Princeton, Princeton University Press, 1993, 456 p.; Idem, « Reflections on Paganism and Christianity in Medieval Europe », Proceedings of the British Academy, no 101, 1999, p. 55-76.
- [10] Kurt Villads Jensen,« Crusading and Christian Penetration into the Landscape… », loc. cit., p. 215-236. Idem, « Sacralization of the Landscape: Converting Trees and Measuring Land in the Danish Crusades Against the Wends », dans Alan Murray (dir.), The Clash of Cultures on the Medieval Baltic Frontier, Burlington (VT), Ashgate, 2009, p. 141-150.
- [11] John. M. Howe, « The conversion of the Physical World. The Creation of a Christian Landscape », dans James Muldoon (éd.), Varieties of Religious Conversion in the Middle Ages, Gainesville, University Press of Florida, 1997, p. 63-78.
- [12] Kurt Villads Jensen, « Crusading and Christian Penetration into the Landscape… », loc. cit., p. 221-222; Saebjørg Walaker Nordeide, « Introduction: The Sacralization of Landscape », dans Sæbjørg Walaker Nordeide and Stefan Brink (dir.), Sacred Sites and Holy Places: Exploring the Sacralization of Landscape through Time and Space, op. cit., p. 7; Torben Kjersgaard Nielsen, « The Making of New Cultural Landscapes in the Medieval Baltic », dans Kirsi Salonen, Kurt Villads Jensen et Torstein Jørgensen (dir.), Medieval Christianity in the North: New Studies, Turnhout, Brepols, 2013, p. 141-148.
- [13] Die Prüfeninger Vita Bischof Ottos I. von Bamberg nach der Fassung der Groben Österreichischen Legendars, Jürgen Petersohn (éd.), Hannovre 1999, p. 86, 125.Cité dansKurt Villads Jensen, « Sacralization of the landscape… », loc. cit., p. 145. La vitae fut rédigée au milieu du XIIe siècle.
- [14] La lettre de Grégoire le Grand envoyée à Mellitus en 601 nous est connue par la copie qu’en a laissée Bède le Vénérable au chapitre XXX du second livre de l’Historia ecclesiastica gentis anglorum. Bède le Vénérable, Histoire ecclésiastique du peuple anglais, trad. de Philippe Delaveau, Paris, Gallimard, 1995, p. 116-117. Voir aussi Torben Kjersgaard Nielsen, « Henry of Livonia on Woods and Wilderness », dans Marek Tamm, Linda Kaljundi et Carsten Selch Jensen (dir.), Crusading and Chronicle Writing on the Medieval Baltic Frontier, Aldershot, Ashgate, 2011, p. 175, note 57.
- [15] Kurt Villads Jensen, « Crusading and Christian Penetration into the Landscape… », loc. cit., p. 222-223.
- [16] Pour l’Estonie et l’île d’Ösel, voir Henri de Livonie, X, 14, p. 66 ; XXIII, 9, p. 185; XXIV, 5,p. 193-194 et XXX, 4, p. 241-242. Voir également Heiki Valk, « Christian and non-Christian in Medieval Estonia : a Reflection of Ecclesiastical Attitudes towards Popular Religion », dans J. Staecker (dir.), The European Frontier: Clashes and Compromises in the Middle Ages, Lund, Almqvist &Wiksell International, 2004, p. 304, qui a retracé 48 arbres et bosquets, 74 pierres, 59 sources et 33 autres sites sacrés pour 5 paroisses de l’Estonie.
- [17] Pour la Courlande, voir Kaspars Kļaviņš, « The Ideology of Christianity and Pagan Practice among the Teutonic Knights: The Case of the Baltic Region », Journal of Baltic Studies, vol. 37, no 3, 2006, p. 270.
- [18] Sur les bosquets en Lituanie, voir la chronique de Jean d’Orronville dit Cabaret, Chronique du bon duc Loys de Bourbon [†1488], A.-M. Chazaud (éd.),Paris, Société de l’Histoire de France,1876,p. 65. Voir aussi S. C. Rowell, Lithuania Ascending: A Pagan Empire within East-Central Europe, 1295-1345, Cambridge, Cambridge University Press, 1994, p. 121.
- [19] Pour la Prusse, voir Sławomir Wadyl, « The Sacred Sphere of Prussian Life in the Early Middle Ages », dans Jarosław Wenta (dir.), Sacred Space in the State of the Teutonic Order in Prussia, Toruń, Wydawnictwo Naukowe Uniwersytetu Mikołaja Kopernika, 2013, p. 45-47 etEwelina Siemianowska,« Sacred Places in the Research on Early Medieval Roads and Routes. The Prussian Case », op. cit., p. 69 ; Aleksander Pluskowski, The Archeology of the Prussian Crusade, Londres et New York, Routledge, 2013, p. 69-71 ; Marvin L. Colker, « America Rediscovered in the Thirteenth Century », Speculum, vol. 54, no 4, 1979, p. 722, et Pierre de Dusbourg, III, 5, p. 35.
- [20] Michael Burleigh, Prussian Society and the German Order. An Aristocratic Corporation in Crisis c. 1410-1466, Cambridge, Cambridge University Press, 1984, p. 10.
- [21] Aleksander Pluskowski, op. cit., p. 252 et 282.
- [22] Pierre de Dusbourg, III, 5, p. 52 : « Fuit autem in medio nationis huius perversae scilicet in Nadrouiae locus quidam dictus Romowe trahens nomen suum a Roma, in quo habitabant quidam dictus Criwe, quem colebant pro papa, quia, sicut dominus papa regit universalem ecclesiam fidelium, ita ad istius nutum seu mandatum non solum gentes praedictae, sed et Lethowini et aliae nationes Livoniae terrae regebantur ».
- [23] Jarosław Wenta, « Holy Islands and Their Christianization in Medieval Prussia », dans Andrea Grafetstätter, Sieglinde Hartmann and James Ogier (dir.), Islands and Cities in Medieval Myth, Literature and History: Papers Delivered at the International Medieval Congress, University of Leeds, in 2005, 2006 and 2007, Francfort-sur-le-Main, Peter Lang, 2011, p. 41; Nicolas de Jeroschin, p. 71.
- [24] S. C. Rowell, op. cit., p. 39-40 et 124-128. Mary Fisher est aussi de cet avis (Nicolas de Jeroschin, p. 71), tout comme Sylvain Gouguenheim, Les chevaliers teutoniques, Paris, Tallandier, 2007, p. 149-150. L’archéologue Aleksander Pluskowski, quant à lui, réfute également l’existence de Romowe en tant que site cultuel panbalte,op. cit., p. 67-68.
- [25] Sławomir Wadyl, loc. cit, p. 43; Ewelina Siemianowska, loc. cit., p. 75-76.
- [26] Jarosław Wenta, loc. cit., p. 41. Voir aussi Pierre de Dusbourg, p. 52, note 1.
- [27] Si Wenta et Wyszomirski font un renvoi en note (Pierre de Dusbourg, p. 212, note 2), de son côté Mary Fisher ne semble pas établir de lien entre les deux lieux chapitres (Nicolas de Jeroschin).
- [28] Pierre de Dusbourg, III, 259, p. 212-213 : « Eodem tempore frater Ludowicus de Libencele fuit commendator de Raganita, qui cum suis fratribus et armigeris multa bella gloriose gessit contra Lethowinos. Navale bellum multiplex habuit, unum versus Anstechiam terram regis Lethowiniae, in qua villam dictam Romene, quae secundum ritus eorum sacra fuit, combussit captis omnibus et occisis. ». Sur la question des prisonniers de guerre lors des croisades baltes, voir Sven Ekdahl, « The Treatment of Prisoners of War during the Fighting between the Teutonic Order and Lithuania », dans Malcom Barber (dir.), The Military Orders. Fighting for the Faith and Caring for the Sick, Aldershot, Variorum, 1994, p. 263-269.
- [29] Nicolas de Jeroschin, III, 259, p. 227-228 : « On one occasion he sailed with his men to Aukštaitija, wich is subject to the king of Lithuania. There was a large village there called Romene. In their simplicity the inhabitants of Aukštaitija considered the village to be sacred. The commander silently put the village in order, wreaking great destruction there, consecrating the natives under the banner of his own chaplains, this ritual of the layin on of hands was sharp against their neck and whoever encountered it was killed, regardless of how sacred they were. But enough of this mockery : He killed or captured everyone there and returned home ». Pour le texte en en moyen-haut Allemand, voir Niclaus von Jeroschin, Di Kronike von Pruzinland, Ernst Strehlke (éd.), dans Hirsch, Theodor, Max Töppen et Ernst Strehlke (dir.), Scriptores rerum Prussicarum. Die Geschichtsquellen der preussischen Vorzeit bis zum Untergange der Ordensherrschaft, Leipzig, Hirzel, 1861-1874 vol. I, p. 538-539, l. 20 290-20 314 : « Eins er sich zu schiffe nam / mit den sînen unde quam / zu Ousteten in daz lant / daz der kuneg ist benant / von Littouwin und gehaft / mit dînste sîner hêrschaft. / Dâ was ein mechtic dorf gelein / unde rich, daz hîz Rômein. / Daz dorf al dî Ousteten / gar vor heilic hêten / nâch ire tumen wise. / In daz dorf vil lîse / der comentuir sich vlîete / und alumme wîte / dâ traginde dî vanen / mit sînen cappellânen / in michlem ungehirme. / Dâ was scharf dî firme : / swem man sî kegn dem houbte bôt, / der vîl zuhant dâ nidir tôt, / wî heilig er joch wêre. / Nû lâz wir dî schimpfmêre : / er vîng ôt unde machte blas / alliz, daz darinne was, / unde darnâch dannen karte. »
- [30] Kurt Villads Jensen, « Denmark », dans Alan Murray, The Crusades : an Encyclopedia, op. cit., p. 349-355 et Saxo Grammaticus, XIV, 39, 34 cité dans Kurt Villads Jensen, « Crusading and Christian Penetration into the Landscape… », loc. cit., p. 222.
- [31] Kurt Villads Jensen, « Bigger and Better: Arms Race and Change in War Technology in the Baltic in the Early Thirteenth Century », dans Marek Tamm, Linda Kaljundi et Carsten Selch Jensen (dir.), Crusading and Chronicle Writing on the Medieval Baltic Frontier, op. cit., p. 260. Voir aussi Louis Provost-Brien, L’art de convaincre : La christianisation de la Livonie et de l’Estonie au sein des croisades baltes aux XIIe-XIIIe siècles, mémoire de M.A. (histoire), Université de Sherbrooke, 2013, p. 83-84. Pour quelques exemples d’utilisation du feu dans les autres chroniques des croisades baltes, voir notamment Henri de Livonie, XII, 6, p. 84; XVIII, 7, p. 139-140 et XX, 2, p. 166. Voir aussi la chronique de Peter von Suchenwirt, Ernst Strehlke (éd.) dans Theodor Hirsch, Max Töppen et Ernst Strehlke (dir.), Scriptores rerum Prussicarum. Die Geschichtsquellen der preussischen Vorzeit bis zum Untergange der Ordensherrschaft, Leipzig, Hirzel, 1861-1874, vol. II, p. 161-169. l. 262-267, 315, 363 et 414-417, p. 165-167.
- [32] Jarosław Wenta, loc. cit., p. 41 et Pierre de Dusbourg, p. 52, note 1.
- [33] Aleksander Pluskowski, op. cit., p. 71-72; Jarosław Wenta, loc. cit., p. 43.
- [34] Heiki Valk, loc. cit., p. 307.
- [35] Michel Lauwers, La mémoire des ancêtres, le souci des morts. Morts, rites et société au Moyen Âge (diocèse de Liège, XIe-XIIIe siècles), Paris, Beauchesne, 1997, p. 120.
- [36] Sur le château de Wehlau, voir Pierre de Dusbourg, III, 73, p. 104-105 (1255); III, 122, p. 132 (V. 1264); III, 175, p. 163 (1274) et III, 345, p. 259 (2 août 1323).
- [37] Anatolij Voluev, « Alt-Wehlau – pogańskie cmentarzysko na obszarze chrześcijańkich Prus w świetle badań archeologicznych », dans Miroslav Hoffmann et Janusz Sobieraj (dir.), Archeologia ziem pruskich. Nieznane zbiory i materialy archiwalne, Ostróda, 15-17 X 1998, Olsztyn, 1999, p. 397-400.
- [38] Andrzej Radziminski, « The Contribution of the Teutonic Order to the Evangelisation of Prussia. Some Remarks Based on Synod Legislation », dans Id., Kirche und Geistlichkeit im Mittelalter, Torún, Wydawnictwo Naukowe Uniwersytetu Mikołaja Kopernika, 2011, p. 218-219.
- [39] Voir à cet effet l’article introductif de Aleksander Pluskowski et Philippa Patrick, « ‘How do You Pray to God?’ Fragmentation and Variety in Early Medieval Christianity », dans Martin Carver (dir.), The Cross Goes North: Processes of Conversion in Northern Europe, AD 300-1300, Woodbridge, York Medieval Press, 2003, p. 29-57. Voir aussi Nora Berend, « The expansion of Latin Christendom 1000-1300 », dans Daniel Power (dir.) Shorter Oxford History of Europe, Oxford, Oxford University Press, 2006, p. 178.
- [40] Seweryn Szczepanski, « Old Prussian “Baba” Stones: An Overview of the History of Research and Reception. Pomesanian-Sasinian Case », Analecta Archeologica Ressoviensa, no 10, 2015, p. 315.
- [41] Sławomir Wadyl, loc. cit., p. 48-49. Mirosław J. Hoffman, « The Prussian Transition from Paganism to Christianity: Material Relics of the Transformation of Beliefs », dans Jerzy Gąssowski (dir.), Christianization of the Baltic Region, Pultusk, Baltic Research Center of the Pultusk School of Humanities, 2004, p. 66.
- [42] Paweł Szczepanik and Sławomir Wadyl, « A Comparative Analysis of Early Medieval North-West Slavonic and West Baltic Sacred Landscapes », Networks & Neighbours, vol. 2, no 1, 2014, p. 12. Sławomir Wadyl, loc. cit., p. 48-49; Ewelina Siemianowska, loc. cit., p. 68. Voir aussi Aleksander Pluskowski, op. cit., p. 73-75.
- [43] Mirosław J. Hoffman, loc. cit., p. 68-69.
- [44] Alan Murray, « Music and Cultural Conflict in the Christianization of Livonia, 1190–1290 », dans Alan Murray (dir.), The Clash of Cultures on the Medieval Baltic Frontier, Burlington, Ashgate, 2009, p. 293-306.
- [45] Benoit Martel, Dilatatio terminis christianorum. La christianisation de la Prusse par l’Ordre teutonique op. cit., p. 169-174.