Captain Baker, Texas Military Institute et la promesse d’un New Texas

OLIVIER PÉLOQUIN
Rice University

Résumé
Cet article s’intéresse à James A. Baker Jr. qui, en tant qu’avocat du fondateur de l’université William Marsh Rice, défendit le testament et la fiducie léguée par ce dernier à sa mort en 1900, pour ensuite prendre les rênes du conseil d’administration et travailler, pendant trente ans, à concrétiser ce rêve d’une institution d’éducation supérieure pour la jeunesse blanche Texane de Houston. Nous allons investiguer ses années formatrices pour mieux comprendre pourquoi Baker était perçu par ses pairs comme un héritier des valeurs du Old South et un bâtisseur de ce New South qui émergea de la Reconstruction. En retraçant ses pas de son enfance durant la Guerre de Sécession, à son adolescence durant la Reconstruction, en passant par le Texas Military Institute et finalement son engagement en tant que capitaine dans la milice blanche Houston Light Guard, nous allons tenter de mieux comprendre son cheminement et sa construction identitaire. Nous allons nous questionner sur l’impact de ces années formatrices et leurs influences sur sa vision du monde ainsi que sur les fondements idéologiques de l’institution qu’il a aidé à créer.

Mots-Clés­

Plan

  1. Enfance
  2. Texas Military Institute (1874-1877)
  3. Houston Light Guard (1878-1880)

« For the white inhabitants of the city of Houston and state of Texas »[1] est inscrit dans la charte fondatrice de la Rice Institute (plus tard renommé la Rice University) rédigée en 1891 et qui établit les principes fondamentaux de la mission académique de ce nouvel institut d’études supérieures. L’homme qui nous intéresse dans le présent article est James A. Baker jr. surnommé par ses pairs Captain, le premier président du conseil d’administration de l’institut au sein duquel il siégea jusqu’à sa mort en 1941. Bien avant l’arrivée de la première cohorte d’élèves en 1912, la charte de la Rice University affirmait l’intention de ses fondateurs non seulement d’éduquer exclusivement les jeunes Texans blancs, mais aussi de supporter l’ordre racial ségrégationniste qui prévalait alors dans la ville de Houston, l’état du Texas et le Sud des États-Unis[2]. Durant son mandat, aucune mention d’une remise en question de la politique ségrégationniste de l’école n’apparaît dans les minutes du conseil d’administration[3]. Il s’agit en quelque sorte, d’un fait accompli, d’une réalité indubitable[4].Une telle omission nous pousse à nous questionner sur les aprioris raciaux véhiculés dans les institutions d’éducation supérieure, du Texas et du Sud des États-Unis, piloté par des hommes blancs tel Baker[5].

À chacune des étapes qui ont mené à la création de la Rice University, Baker a été un rouage essentiel à la concrétisation de ce projet d’école d’études supérieures pour la population blanche de Houston. En premier lieu, il poursuivit en justice Albert T. Patrick, l’avocat véreux New-Yorkais de William Marsh Rice, qui, suite à sa mort suspecte, voulait s’accaparer la fiducie pour la création du Rice Institute légué par ce dernier dans son testament. L’historien Andrew Forest Muirs souligne, dans sa narration de l’affaire, que «During the next few weeks, James Baker can almost be said to have saved the Rice Institute single-handed. »[6]. Par la suite, en 1912, Baker occupa la position de chef du conseil d’administration qui désigna comme premier président, Edgar Odell Lovett. De plus, 20 ans après sa mort, il était encore révéré par ses pairs et désigné comme le principal artisan derrière la création de la Rice University et sans son apport, « The citizens of Houston might continue to wonder if Rice University was ever to be opened.»[7].

Si d’un côté, Baker était rétrograde en regard à l’égalité raciale et, de son vivant, n’a jamais ouvertement critiqué la ségrégation, il pouvait, à l’opposé, parfois avoir des élans progressistes empreints d’un esprit libéral. En effet, ses tendances progressistes et son conservatisme racial étaient tous deux intégrés dans une vision cohérente du monde que nous nous devons de mieux étudier pour comprendre et contextualiser sa construction identitaire et ses aprioris raciaux[8]. Malheureusement, sa biographe Kate Kirkland peine à examiner en profondeur cette perspective racialisée et le décrit simplement comme réformateur progressiste qui n’a point dénoncé la société ségrégationniste ou l’héritage culturel sudiste, mais qui a tout de même « aspired to create an innovative, internationally acclaimed educational institution… and he supported cultural and commercial initiatives that promoted Houston nationally. »[9]. Le silence de Baker sur la ségrégation et sa position à la tête du conseil d’administration de la Rice University lui ont permis d’incarner et de propager une certaine idée d’un New South etd’un Texas moderne, mais surtout de la place spéciale de Houston en tant que métropole moderne en devenir[10]. L’historien K. Stephen Prince caractérise cette génération d’apologistes d’un New South émergeant de la Guerre de Sécession et de la Reconstruction comme préférant « to talk about factories, diversified agriculture, and New South progress, they would stand firm for white supremacy when it counted. »[11].  Ainsi, il n’était pas qu’un simple participant à cette société ségrégationniste, mais en dictait indirectement les règles en supportant la ligne raciale, particulièrement sur le campus de l’université qu’il aida à créer. 

 Au cours de cet article, nous tenterons de mieux cerner l’homme derrière le surnom affectueux Captain. Plus précisément, pour rester dans le thème de l’éducation : Comment son éducation familiale et son parcours scolaire dans une académie militaire texane l’ont préparé à être un leader de ce nouveau Texas qui émergea de la Reconstruction? L’étude des années formatrices de Baker, c’est-à-dire de son enfance à son implication dans le Houston Light Guard en passant par son séjour au Texas Military Institute, nous permettra de mieux comprendre le bagage idéologique et les biais raciaux qu’il a pu internaliser ainsi que la place qu’il envisageait pour l’homme blanc dans l’écosystème racial de Houston, du Texas et du Sud des États-Unis. En quelque sorte, nous verrons que la Rice University a aidé à façonner la vie de Baker autant que ce dernier a façonné celle-ci. Il en résulte un héritage polarisant à la fois d’un projet académique qui a su rayonner au Texas et aux États-Unis, mais qui a été développé et construit sur des fondations ségrégationnistes et racistes par ses leaders d’hier. Le tout mérite donc une analyse historique en profondeur dans le but d’améliorer la compréhension par les étudiants actuels, le corps académique, et l’administration de l’institution, du rôle et du leg de Baker[12].

Enfance

James A. Baker Jr. naquit le 10 janvier 1857 à Huntsville Texas, deuxième enfant du couple formé par James A. Baker Sr. et Rowena Crawford. Le jeune Baker grandit dans un environnement familial où l’exploitation et la possession du corps noir étaient indissociables de l’activité économique de la famille [13]. En 1861, dans les registres d’impôt foncier de Walker County dont fait partie Huntsville, la famille Baker déclara la possession de douze esclaves évalués à 6400 $[14].

Baker père, durant la Guerre de Sécession, s’enrôla dans l’unité des Huntsville Volunteers stationnés à Galveston, pendant que Rowena continua d’administrer la ferme familiale et la population d’esclavisés qui y travaillaient[15]. Dans un de leurs échanges épistolaires, elle décrivit à son mari l’apport inestimable de l’esclavisé Silas à la production fermière. Elle y caractérise ce dernier comme étant « a much better negro than common, and I have had no trouble with him at all since you left. But I suppose there are the fewest number of negroes in the world that will do altogether as well in the absence of the master as when he is present. As far as I know he has done his work just as well since you left as he did while you were here. »[16]. Il est intéressant de relever que dans sa description de Silas, Rowena partage aussi une vision du monde profondément racialisé et sa connaissance de ce qui caractérise un « bon » ou « mauvais » esclavisé. Ces aprioris raciaux sur la main-d’œuvre servile et les étiquettes et stéréotypes attachés à cette dernière ont pu être transmis par Rowena à son fils James. En somme, ce dernier a été élevé dans un environnement où les Afro-Américains réduit en esclavage étaient déshumanisés, évalués à titre de marchandise, et négociés quotidiennement[17].

Dans une autre de ces missives, Rowena donne la fière description du jeune James qui, du haut de ses presque cinq ans, aspirait à devenir un soldat confédéré défendant la mère patrie. Elle y mentionna coudre pour son fils « a soldier’s coat for him with the red stripes » et le petit James « thinks he will then be fully equipped and ready to go to the war, as he says he can get your big knife to cut the Yankees heads off. »[18]. La grand-mère du jeune James n’était pas en reste et Rowena souligna, dans une autre lettre, qu’elle aurait affirmé à un ami de la famille que, même si la Confédération venait à tomber, « all we were fighting for was just because the North was not willing for us to extend the institution of slavery into the territories. »[19]. Chez les Bakers, le soutien à la cause confédérée était une affaire familiale.

En 1862, Baker Sr. est élu juge du 7e district à Houston où il remporta l’élection haut la main, s’adjugeant presque la totalité des votes dans son comté de résidence, Walker[20]. Entre 1863 et 1864, il jugea plusieurs causes, incluant des litiges concernant des esclaves fugitifs et des procès pour compensation aux propriétaires lors de meurtres entre esclaves afro-américains. Il participa par le fait même à la défense et au bon fonctionnement du cadre légal de la société esclavagiste texane[21]. Puis, vint la défaite confédérée et après la guerre, le Sud est en quelque sorte une nation de vétérans. En effet plus de 70 % des hommes blancs en âge de combattre, soit entre 800 000 et 1 million d’entre eux, ont porté les couleurs Confédérés[22]. Le père de James A. Baker Jr., est lui-même un vétéran, tout comme le président de Texas Military Institute Col. John Garland James et une majorité de ses professeurs, ainsi qu’une large proportion de la classe politique et de l’élite économique texane blanche de l’époque.

La Reconstruction qui suivit la guerre est une période qui, chez les Bakers, marquera autant les esprits du père que du fils et servit de tremplin à une radicalisation de leur identité blanche sudiste et texane. Dans un premier temps, dans l’espoir de reconstruire le Sud plus rapidement, le président Andrew Johnson se montra favorable à une approche politique conciliatrice avec les vétérans confédérés[23]. Cependant, les Sudistes exploitèrent rapidement les failles de la politique laxiste de Washington et mirent en place des Black Codes et autres mesures discriminatoires dans le but de contrôler et soumettre la population afro-américaine au diktat de l’homme blanc[24]. Avec les Reconstruction Acts de 1867-1868, le Congrès à majorité Républicain exaspéré par le Président Johnson reprit les rênes de la Reconstruction et désavoua les actions de l’office présidentiel. En quelque sorte, dans ce qui sera plus tard appeléCongressional Reconstruction, le Congrès utilisa les pleins pouvoirs fédéraux, incluant le redéploiement de l’armée, pour tenter d’instaurer une république bi-raciale dans le Sud des États-Unis. Éventuellement avec la mise en place du 14e et 15e amendement à la Constitution, en 1868 et 1870 respectivement, la citoyenneté et le droit de vote pour les hommes Afro-Américains sont enchâssés au document fondateur de la République comme droits inaliénables.

En réponse au Congrès, certains groupes paramilitaires composés de blancs sudistes comme le Klu Klux Klan et les White Leagues, adoptèrent une forme d’activisme politique où la terreur, la violence et l’intimidation jouèrent un rôle central dans leur croisade pour la défense de la suprématie blanche et de la gouvernance étatique, le Home Rule. Conséquemment, ces franges radicales devinrent le bras armé officieux du parti Démocrate et par leurs actions imposèrent et consolidèrent une rigide ligne raciale entre Blancs et Noirs. Selon l’historien Orville Vernon Burton, les forces démocrates modérées se sont tues, « Most white men just did nothing—nothing to break the law and nothing to prevent their friends and neighbors from breaking it. »[25]. En effet, l’immobilisme, la complaisance et le silence d’une large portion de la population blanche ont eu pour résultat la montée en puissance des forces suprémacistes. Ainsi, cela renforça la ligne raciale et joua un rôle central dans l’établissement d’un système légal ségrégationniste plus tard connu sous le nom Jim Crow Laws. Quelques décennies plus tard, Captain Baker adopta à son tour une position similaire et n’engagea pas publiquement les débats politiques sur la ségrégation, mais par ses actions et son silence en embrassa les fondements.

Le jeune Baker a grandi à une époque très instable, où l’utilisation de la violence extra-légale et la polarisation des débats politiques allaient de pair. Celle-ci, selon sa biographe Kate Kirkland, laissa au père « a distaste for political solutions » et son fils se rappellera que ce dernier « had ‘kept him out of politics.’ »[26]. En 1937, en écho à ces idées, Captain Baker professa à la jeunesse houstonienne dans le journal Houston Post « Work hard, study and apply yourself closely, stay on the job, and—keep out of politics. »[27]. Cependant, « keeping out of politics » se révéla plutôt être une pensée magique pour les Bakers. En 1870, à Huntsville, Baker père est engagé comme membre du comité juridique visant à défendre quatre jeunes hommes issus de l’élite blanche de son comté qui sont co-accusé d’un homicide motivé par la haine raciale. Selon l’historien Donaly Brice, la victime, Samuel Jenkin, était un membre actif des Union Leagues[28] et caractérisé par un voisin blanc comme « one of the leaders under “Carpetbagism” rule,’ who ‘made himself obnoxious to white people generally. »[29]. Les opposants à la Reconstruction propagèrent à travers le Sud le stéréotype peu flatteur du Nordiste opportuniste désirant voler les ressources du Sud qu’ils surnommèrent Carpetbagger et de son allié le traître sudiste, désigné par le surnom Scalawag.  Trois des co-accusés, Nat Outlaw, Jo Wright, and John McKinley Parish furent inculpés pour meurtre, mais s’évadèrent lorsqu’une fusillade éclata dans la salle d’audience[30]. Le soutien de Baker père aux meurtriers nous démontre son engagement pour le maintien de la suprématie blanche et son opposition à l’accès à une justice équitable pour les Afro-Américains qui contestaient les abus à leur endroit. Plus tard, en 1880, la sœur de Captain Baker, Minnie Baker épousa John McKinley Parish l’un des co-accusés précédemment reconnus coupables [31].  

Pour les raisons énumérées ci-haut, James A. Baker Jr. et Sr., comme beaucoup d’autres blancs sudistes de leur époque vécurent la Reconstruction comme une ère instable et odieuse caractérisée par ce qu’ils considéraient comme l’imposition d’un cauchemar dénommé démocratie bi-raciale soutenue par un gouvernement fédéral autoritaire et les baïonnettes de ses soldats[32]. En effet, pour reprendre les mots de John Roy Lynch, l’un des premiers députés afro-américains au Congrès, qui dénonça ouvertement la paranoïa blanche, «we would have ‘Negro Domination’ whenever the will of a majority of the whites would be defeated through the votes of colored men. »[33]. Ainsi, la fin de l’esclavage n’efface pas l’idée d’une suprématie politique et sociale de la race blanche qui se perpétue dans un cycle de violences extra-légales visant à miner les germes de démocratie bi-raciale dans le Sud des États-Unis. En somme, ce monde nouveau qui tente de se redéfinir après la Guerre de Sécession en est un où la ligne raciale joua un rôle primordial dans la vie des Bakers.

Texas Military Institute (1874–1877)

À l’automne 1874, James A. Baker quitta le domicile familial et pris le chemin d’Austin, Texas pour s’enrôler au Texas Military Institute (TMI). TMI fut établi à Austin en 1870 par le Col. John Garland James, un vétéran confédéré ayant connu son baptême de feu en tant que cadet du Virginia Military Institute (VMI) lors de la bataille de New Market le 15 mai 1864[34]. Lors de la Guerre de Sécession, VMI participa à l’effort de guerre et mille huit cents de ses anciens élèves s’enrôlèrent dans les forces confédérées, vingt-deux en tant que généraux dont le, non moins célèbre, Stonewall Jackson[35]. En tant que membre de la cohorte qui gradua en 1866, nous pouvons penser que Col. James était présent en juillet 1866, quand le président de l’institution Général Francis H. Smith donna un discours intitulé « The Inner Life of The V.M.I. Cadet: Its Responsibilities and its Privileges ». Cedit discours contient des indices sur le bagage idéologique inculqué à Col. James à VMI et, plus tard, comment il s’en servira pour conceptualiser la place et le rôle de l’éducation militaire dans une société Texane émergeant de la Guerre de Sécession. Ce jour-là, Smith énonça la mission académique de son école :

In the cultivation of science, and literature, and the arts, and in the application of these to the moral, social, intellectual, and physical development of our people, we may show that we have the power and the will to rise above the disasters of civil strife, and maintain in unsullied purity our distinctive civilization; and while we restore the ruin and desolation around us, and give new directions to our industry, we may make progress in greatness as a people, and at the same time preserve the principles of truth, and probity, and right.[36]

En tant que président de TMI, James tenta d’émuler son alma mater, autant au niveau du curriculum académique que dans sa mission idéologique pour la préservation de la « unsullied purity » d’une « distinctive civilization » sudiste[37]. En effet, plus tard, dans un de ses discours à TMI en 1871, ce dernier souligna: « That the faithful instruction and discipline of the Military system of Education and the moral restraints which it imposes, exert a potent influence in molding the moral and religious character of the Cadet, is happily exemplified by the thirty years’ experience of the Virginia Military Institute. »[38]. Il faut comprendre qu’à cette époque VMI et d’autres académies militaires dans le Sud des États-Unis tel que TMI participaient activement à ce que l’historien Rod Andrew Jr. a caractérisé dans ses recherches comme « The flowering of the legend of the Lost Cause. »[39].

En effet, à travers l’ancienne Confédération nous assistons à une réappropriation de la trame narrative et à la construction d’une contre-histoire qui glorifie le Old South d’avant la guerre et encense le courage des soldats confédérés qui s’étaient engagés hier dans un combat inégal, une Lost Cause[40]. Cette Lost Cause devint l’histoire propagandiste d’un Sud qui a vaillamment combattu un ennemi supérieur en nombre pour la protection du droit des États et non simplement la préservation de l’esclavage. Une « noble cause » perdue d’avance portée par des soldats et généraux d’exceptions tels Stonewall Jackson et Robert E. Lee[41]. En effet, pour l’historien W. Fitzhugh Brundage, cette « collective or historical memory is not simply the articulation of some shared subconscious, but rather the product of intentional creation. »[42]. L’émergence de la Lost Cause cimenta l’identité sudiste blanche par le truchement d’associations commémoratives, de manuels scolaires, de la littérature et de la mise en place dans les endroits publics de statues et monuments glorifiant les soldats et généraux confédérés. Col. James, joua un rôle actif dans la création de cette nouvelle mémoire collective avec la publication en 1879 d’un manuel scolaire The Southern Student’s Hand-Book of Selections for Reading and Oratory et par son implication en tant que professeur et directeur d’académies militaires dans les années 1870. En sommes, les années formatrices de bien de jeunes hommes qui feront partie de l’élite blanche Sudiste tel Baker se déroulaient à l’époque dans des académies militaires, comme VMI, Texas A& M et bien sûr TMI où les cadets étaient exposés à des courants idéologiques tels la Lost Cause, le New South, et la légende noire de la Reconstruction[43].

Comme nous l’avons vu précédemment, le président de l’institution Colonel James se veut un ardent défenseur de la culture sudiste et publia The Southern Student’s Hand-Book, certes deux ans après le départ de Baker, mais dont certains des thèmes ont pu être abordés en classe. Ledit ouvrage est un recueil compilant divers textes et discours d’influents écrivains, de poètes et d’hommes politiques tel : « The Slaves of Madison at his Grave » par James Barbour, « Southern View of Slavery » par James P. Holcombe, « The Caucasian Race Must Rule America. » par John T. Morgan, et « The Essentials of True Republican Government » par Alexander H. Stephens[44]. Stephens, ex-vice-président de la Confédération, dont plusieurs se souviendront pour son infâme discours en défense de la cause sécessionniste à Savannah en 1861 où il proclama: « our new government (…) its cornerstone rests, upon the great truth that the negro is not equal to the white man; that slavery, subordination to the superior race, is his natural and normal condition. »[45]. Un autre exemple est John T. Morgan avec « The Caucasian Race Must Rule America» qui défend: « The right of the Caucasian to rule is in his blood; his commission is imprinted on his person with the signet of Divine authority and command; while one lives in the world he will be found exercising his inherited dominion and authority. »[46]. En dernier lieu, le jeune Baker semble avoir particulièrement apprécié le type d’éducation dispensé par Col. James et son académie militaire, car au terme de son cheminement académique il désirait ardemment rester en tant que professeur. John Garland James, dans une lettre à Baker père écrivit :  « We never had any Cadet who enjoyed more fully than he are our entire esteem and confidence; and it will always be a real pleasure to us to advance by all measure in our power his true interest. [sic] »[47].

Ainsi, au fil des classes et des exercices militaires, une vision du monde était inculquée aux jeunes cadets, laquelle servira plus tard comme pierre d’assise de la ségrégation et de la défense de la culture sudiste ainsi que de son idéologie de la suprématie blanche. Pour l’historien Rod Andrew Jr., « the new southern colleges began the task of molding the young men of the next generation, therefore, they sought to instill in them the habits, feelings, and qualities expected of soldiers. They dressed them in gray uniforms, put rifles in their hands, and exhorted them to imitate the virtues of their Confederate forebears. »[48]. Baker fait partie de cette génération de jeunes cadets blancs qui apprenaient à révérer leur héritage sudiste et le Old South. Cependant, bien que marchant dans les pas de leurs ancêtres ils ne s’empêchaient pas de vanter le moment présent, ne ressassant pas l’amère défaite dans l’espoir de ressusciter un monde qui n’était plus. En d’autres mots, ce New South[49] émergeant de la Reconstruction demandait aux jeunes hommes blancs comme Captain Baker, d’être un « (…) link between the old South and the new, the civilization of the planter and frontiersman on the one hand, and that of the industrialist and the city dweller on the other (…). »[50]. Ainsi, TMI avait pour mandat de transformer de jeunes adolescents blancs en citoyens vertueux et disciplinés qui embrassaient leur héritage sudiste tout en démontrant une virilité guerrière et un sens du devoir appris par le truchement de la culture militaire et du maniement des armes.

Les jeunes cadets, comme Baker, apprenaient à l’académie le rôle qu’ils avaient à jouer dans une société sudiste émergeant de la Reconstruction. Un extrait de l’allocution du cadet G. B. Wheelock à la population d’Austin en 1874 nous permet de mieux cerner l’état d’esprit qui prévalait à TMI :

The future alone can show how effectively we will apply the knowledge we have gained to the necessities of the times. Our state demands of her educated sons practical aims, such as strongly task the judgement and give vigor to character. (…) We may idealize thepast and dream in fancy of a better time to come, but there is not and there never will be any other time than a continuous now.[51]

Ce court extrait nous permet, cependant, de constater comment ces jeunes cadets blancs projetaient dans un futur New Texas leur propre version des espoirs véhiculés par le New South. D’ailleurs, un article du journal étudiant de TMI, le Texas Cadet, souligne que « [b]y the close of the present century, we may expect to see this wide domain crowded with an intelligent and industrious population, and rich in all that make a nation great. If nothing interferes to impede our progress, by the end of the nineteenth century, Texas will hold the lead among the mightiest States of this great commonwealth. ».[52] On peut y relever un distant écho du discours tenu par le gouverneur Hubbard aux célébrations du centenaire de la république en 1876 à Philadelphie. Hubbard y affirma: « Of this ‘New West,’ the State I have the honor to represent here today holds the far left, its proper and only ocean outlet, and keeps steady step to the march of this imperial progress and power. »[53]. Par ailleurs, la manière qu’ont les cadets de décrire leur rôle futur dans cette société post-Reconstruction, ce New Texasà construire, n’est pas sans rappeler les mots utilisés pour décrire Captain Baker à son éloge funèbre en 1941. McDonald Meechum, se remémorait Baker ainsi: « James A. Baker was rarely endowed to make the most of the great transitions in which the old South became the new. Walking the world with dignity and honor, and growing in favor with God and man. »[54]. En effet,si nous comparons le discours prononcé par le jeune cadet Wheelock en 1874 et l’éloge funèbre de Baker en 1941, nous pouvons y voir aborder les mêmes thèmes du devoir moral et civique du citoyen sudiste.

Certains indices de l’influence du cursus académique de TMI et des idéologies véhiculées par Col. James peuvent être constatés dans le « scrapbook » compilé en 1876-1877 par le jeune cadet Baker. En effet, Baker y répertorie une variété d’articles de journaux dont certains décrivant les violences et la tyrannie du gouvernement fédéral et son utilisation « dictatorial » de l’armée pour imposer la société bi-raciale aux sudistes blancs. Par exemple, un de ces articles glorifie la campagne politique de 1876 de Wade Hampton et de ses Red Shirts. Cettedite campagne électorale fut empreinte de violence et d’intimidation avec pour objectif le rétablissement de la suprématie politique blanche en Caroline du Sud et les Red Shirts étaient un groupe politique et paramilitaire formé majoritairement par des vétérans confédérés[55]. Un autre article recycle les stéréotypes sudistes sur l’infamie de la Reconstruction et incorpore un symbolisme biblique pour discuter sur un ton apocalyptique de l’« odieuse » ingérence des Carpetbaggers et Scalawags. Nous pouvons y lire que ces derniers « made a covenant » et « entered into a league with Satan » alors que « the angel of justice pursued them with flaming sword. »[56].  Ainsi, Baker à l’image des autres jeunes blancs qui émergèrent comme leaders d’homme et apôtres d’un New South n’oubliait pas les « humiliations » et les spectres d’un « black apocalypse » qu’ils avaient dû subir lors de la Reconstruction.

De plus, entre cadets, certains échanges intellectuels se font par le truchement de l’art oratoire et de la rhétorique et se tenaient au Calhoun Literary Society. C’était dans ce club de débats que l’on discutait de différents sujets de l’heure, tels que la polarisation politique au Texas ou encore le rôle de la religion et de la science. En débattant de la sorte, les jeunes cadets participaient à de plus larges échanges intellectuels régionaux si chers aux supporteurs du New South. Ils se questionnaient sur le futur développement économique du Sud et sa modernisation, la place de l’homme blanc et le rejet de la structure bi-raciale de la Reconstruction, la masculinité, l’honneur, l’éducation et comment forger le caractère entrepreneurial de la jeunesse[57]. Les meilleurs débatteurs de la Calhoun Literary Society étaient récompensés et tenus en haute estime, non seulement par leurs pairs, mais aussi par l’élite blanche de Austin. Le 9 février 1873, moins d’un an avant l’arrivée de Baker à TMI, le Austin Democratic Statesman souligna que les « Ex-Governor Throckmorton, Speaker Taylor, Senator Evans, Major Van Zandt and Capt. Thurmond, all of whom made excellent little speeches to the boys. This gives us the occasion to say that the institution presided over by Col. James, is an honor to the State, and ought to be liberally supported. »[58]. L’une des personnes les plus intéressantes mentionnées dans cette coupure de presse est l’ex-gouverneur de l’état James Webb Throckmorton. Ce dernier était reconnu pour son ressentiment à l’égard du Freedmen’s Bureau et considérait que l’interventionnisme du gouvernement fédéral aurait dû se limiter à l’émancipation des esclaves. En 1866, Il s’est notoirement révélé hostile au Général Philip Sheridan concernant l’intervention et l’occupation du Texas par l’armée unioniste qui comprenait alors des régiments de soldats afro-américains[59]. Selon l’historien Kenneth W. Howell: « The Governor’s appraisal of the troops in the interior seemed to reflects his own racist views. He unfairly blamed black troops for the atrocities occurring in the interior of the state, rather than properly faulting unreconstructed white Texans. »[60]. Ainsi, TMI entretenait des liens étroits avec l’élite politique blanche texane, composée en grande majorité de vétérans confédérés dont certain fortement engagé dans la défense de la suprématie blanche.

Ceux-ci se voulaient des modèles et des mentors pour les jeunes cadets. Ils les récompensaient par des dîners ou par l’octroi de médailles pour leurs prouesses militaires ou leur maîtrise de la rhétorique[61]. Par exemple, juste avant l’arrivé de Baker à TMI, le Austin Democratic Statesman rapporta dans ses pages que: « The fifty dollar gold medal of the Calhoun Literary Society, for pre-eminence in oratory, was awarded Cadet Lewis Hancock of Austin. This beautiful medal was presented by Col. Terrell of Austin. »[62]. Colonel Alexander Watkin Terrell fut l’un des architectes de la ségrégation au Texas et de la limitation du droit de vote des Afro-Américains au Texas[63]. De plus, son fils  A.J. Terrell était un partenaire de classe de Baker[64]. Ainsi, cette génération de vétérans confédérés était fortement impliquée dans la politique texane lors de la Reconstruction et joua un rôle central dans le rejet de l’implication politique afro-américaine, le triomphe de la suprématie blanche et le retour au pouvoir du parti Démocrate. Ils étaient fiers des cadets de TMI, présenté dans Austin Daily Democratic Statesman comme « the very elite of our fair city. »[65]. Ce dévouement citoyen des cadets incorporait une vision de la virilité liée au maniement des armes, mais aussi l’idée du devoir citoyen dans le développement d’un Texas moderne basé sur les idéaux sudistes de la Lost Cause et du New South.

Houston Light Guard (1878-1880)

Durant ces années à TMI, Baker apprit à être un leader d’hommes, un leader d’hommes blancs imprégné d’une culture sudiste où la ligne raciale était une évidence. Après son départ de l’académie en 1877, il s’enrôla dans la milice Houston Light Guard où il obtint son grade de capitaine, incarnant par le fait même son dévouement citoyen pour la ville de Houston. Par exemple, en 1880, à l’occasion d’une compétition de manœuvres militaires entre différentes milices à Dallas, le Dallas Daily, ne put s’empêcher de mentionner que « Its members, from captain to private, are of the very best young men of the city, of the best families, the bon ton of their leading society. Captain Baker is one of the most promising young lawyers of Houston, and his entire company are of the same social status with him. »[66].  De plus, la milice houstonienne intervenait souvent pour briser des grèves et rétablir l’ordre quand les travailleurs afro-américains manifestaient. En d’autres mots, elle aidait à préserver l’ordre racial établi à Houston[67]. La Houston Light Guard est ainsi respectée par la population blanche de Houston et contient plusieurs des fils « prodigues » de l’élite blanche prêts à démontrer leur dévouement civique et asseoir leur statut social par le truchement des armes et l’exaltation de leur virilité martiale.

En outre, le Houston Light Guard occupait aussi la fonction de club social et ses membres se voulaient un groupe de jeunes citoyens concernés par le bien-être de leurs collègues blancs et jouaient le rôle de pacificateur, bien souvent de la ligne raciale[68]. En 1880, lorsque Baker se retira de l’unité, il garda à jamais son rang et resta ainsi Captain en récompense pour services rendus et comme indicateur de son statut social[69]. Au cours de sa vie, Baker, bien que retraité du service actif, ne cessa jamais de participer aux activités sociales de la milice, et occupa même la position de vice-président de l’association de vétérans du Houston Light Guard. Il contribua aussi aux activités de financement en 1924-1925 pour la construction d’une nouvelle caserne pour l’unité[70]. Baker nous démontre par ses actions qu’il était sensible à ce que la population blanche attendait de lui et se faisait un devoir d’incarner une version du dévouement citoyen imprégné des codes de masculinités civiques et martiales si cher à l’identité sudiste blanche[71]. Selon l’historienne Eleonor Hannah, ces nouvelles milices ont joué un rôle important après la Reconstruction et« worked to solidify public claims to responsible and orderly citizenship and respectable manhood. »[72]. De son enfance sur la plantation familiale à ses années en tant que cadet àTMI en passant par son engagement dans la milice Houston Light Guard, Baker a grandi dans un environnement où la suprématie blanche était l’ordre des choses, autant pour sa famille, que ses voisins et ses pairs. De plus, par son service dans la milice, Baker cimenta son statut parmi l’élite blanche de Houston, assuma un rôle de leader d’homme blanc et démontra son engagement à défendre les intérêts de ses congénères par les armes si nécessaire.

Conclusion

Des décennies après TMI et le Houston Light Guard, on se souviendra principalement de Captain Baker comme l’homme qui avait été l’architecte derrière la Rice University. En retraçant les pas de James A. Baker Jr., de son enfance au Houston Light Guard en passant par TMI, nous avons pu nous questionner sur l’influence de ces années formatrices sur ce dernier. Nous pouvons maintenant mieux cerner la fluidité et la persistance des discours de modernité et développement économique du New South, de la Lost Cause et de l’héritage mémoriel confédéré ainsi que l’impact de la Reconstruction sur l’homme et le jeune cadet. Ainsi, nous nous devons d’adopter un ton plus critique sur ces hommes qui comme Baker disaient être « out of politics. »[73]. Ces hommes certes moins vocaux dans l’arène politique en regard à leur rhétorique ségrégationniste et raciste, étaient tout autant des apôtres de ce Sud blanc qui rejeta les avancés de la démocratie bi-raciale et ils forgeront sur les cendres de la Reconstruction une république blanche revigorée. Un Sud qui se voulait moderne et ouvert sur le monde, dont Houston et la Rice University étaient les phares qui incarnaient cette nouvelle modernité sudiste blanche et ce « new » Texas.


Notes

[1] « Charter of the William M. Rice Institute (Printed Version) », Woodson Research Center, Fondren Library, Rice University, 1891, p. 3.

[2] La ville de Houston est caractérisée comme appartenant socio-culturellement à l’espace du Sud des États-Unis dans cet article. En effet, je me réfère à l’historienne Tyina L. Steptoe qui soutient dans Houston Bound: Culture and Color in a Jim Crow City, que la ville est une partie intégrante du « Western South »: « a designation that emphasizes a racial legacy of chattel slavery, Reconstruction, and Jim Crow that linked the city to the U.S. South, while also acknowledging that the creation of Houston and its surrounding plantation belt was part of a process of western expansion in the nineteenth century. ». Voir Tyina L. Steptoe. Houston Bound: Culture and Color in a Jim Crow City, Berkeley, University of California Press, 2015, p. 6

[3] En 1941, quand l’opportunitée se présenta d’amender la charte de l’université dans le but de facturer des frais de scolarités, aucune discussion sur une réforme des critères raciaux de l’établissement n’est noté dans les minutes du conseil d’administration. Voir: Minutes, 1919-1953; Original Constitution and 1940 redraft, 1919-1953, boîte 1, dossier 15, Rice University Association of Rice Alumni records, UA 003, Woodson Research Center, Rice University, Houston, Texas.

[4] Melissa Kean, Desegregating Private Higher Education in the South Duke, Emory, Rice, Tulane, and Vanderbilt. Baton Rouge, Louisiana State University Press, 2008, p. 3.

[5] Pour une réflexion sur l’endoctrinement des jeunes sudistes voir: Charles B. Dew, The Making of a Racist: a Southerner Reflects on Family, History, and the Slave Trade, Charlottesville, University of Virginia Press, 2016, 185p.

[6] Sylvia Stallings Morris et Andrew Forest Muir. William Marsh Rice and His Institute: A Biographical Study. Houston, William Marsh Rice University, 1972, p. 102.

[7] Jesse Andrews, « Capt. James A. Barker (1857-1941) A Texas Portrait », Texas Bar Journal 24, no. 2, 1961, p. 189.

[8] Pour l’historien William A. Link la dualité idéologique inhérente aux projets sociaux des progressistes sudistes est que: « two fundamental values clashed: the paternalism of reformers and the localism and community power of traditionalists. Paternalism explains the often-erratic behavior of reformers: how they embraced uplift and progress, yet believed in a hierarchy of race and culture; how they were fervent advocates of democracy, yet also endorsed measures of coercion and control. Functioning with an assumption of the superiority of their new, modern culture over rural culture—or over the culture of southern blacks reformers offered uplift and improvement but wanted to limit local participation and control.». Voir William A. Link, The Paradox of Southern Progressivism, 1880-1930. Chapel Hill, University of North Carolina Press, 1992, p. XII.

[9] Kate Kirkland. Captain James A. Baker of Houston, 1857-1941, College Station, Texas A&M University Press, 2012, p. 266.

[10] Pour historiographie sur le New South voir : Edward L. Ayers, The Promise of the New South: Life after Reconstruction, New York, Oxford University Press, 1992, 572p.; Don H. Doyle, New Men, New Cities, New South, Chapel Hill, University of North Carolina Press, 1990. 369p.; James Scott Humphreys(dir.), The New South, Kent, The Kent State University Press, 2018, 340p.; C. Vann Woodward, Origins of the New South, 1877-1913, Baton Rouge, Louisiana State University Press, 1951, 542p.; Gavin Wright, Old South, New South: Revolutions in the Southern Economy since the Civil War, New York, Basic Books, 1986, 321p.

[11] Stephen K. Prince, Stories of the South: Race and the Reconstruction of Southern Identity, 1865-1915. Chapel Hill, The University of North Carolina Press, 2014, p. 123.

[12] Cette recherche s’est faite dans le cadre du groupe de travail, Rice University Task Force on Slavery, Segregation and Racial Injustice. Voir : https://taskforce.rice.edu/

[13] Kirkland, Kate, Op. cit, p. 21.

[14] Walker County Tax Assessment 1861, State Archives, Austin, p. 2.

[15] Kate Kirland, Op. cit, p.29, p. 27.; Rowena to James A. Baker, December 18th, 1861, boîte 1, dossier 2, Capt. James A. Baker Family papers, MS 040. Woodson Research Center, Rice University, Houston, Texas.

[16] Crawford, Rowena, Rowena Crawford to Judge Baker, December 18th, 1861, Op. cit.

[17] Comme l’a démontré Stephanie Jones-Roger dans They Were her Property: White Women as Slave Owners in the American South, les femmes sudistes n’étaient de passives spectatrices. Voir: Stephanie E. Jones-Rogers, They Were Her Property: White Women as Slave Owners in the American South, New Haven, Yale University Press, 2019, 296p.

[18] Rowena Crawford to Judge Baker, December 9th, 1861,Op. cit.

[19] Rowena Crawford to Judge Baker, March 3rd 1862, boîte 1, dossier 3, Op. cit.

[20] Kirkland, Op. cit, p. 37.; Judge Mark Davidson, «Feature: The Making of a Judge: 1862 Electing a Judge During the Civil War, » The Houston Lawyer, vol.36, no.10, septembre/octobre, 1998, p. 12.

[21] Kate Kirkland, Op. cit, p. 35-36.

[22] Rod Andrew Jr., Soldiers, «Christians, and Patriots: The Lost Cause and Southern Military Schools, 1865-1915 », The Journal of Southern History, vol 64, no. 4, 1998, p. 702. 

[23] Michael Fitzgerald, Splendid Failure, Chicago, Ivan R. Dee, 2007, p. 29.

[24] Eric Foner, Reconstruction: America’s Unfinished Revolution, 1863-1877, New York, Harper & Row, 1989, p. 198.

[25] Orville Vernon Burton, The Age of Lincoln, New York, Hill and Wang, 2007, p. 301.

[26] Kate Kirkland, Op. cit, p. 37.

[27] «Work Hard, Study and Keep out of Politics Says James A. Baker. », Op. cit.

[28] Les Union Leagues sont des groupe sociaux et politiques affilié au parti Républicain qui entre autres avait pour but d’éduquer et d’enregistrer sur la liste électorale les Afro-Américains fraichement émancipés après la Guerre des Sécession. De plus, les membres pour soutenir leur activisme politique apprenaient aussi le maniement des armes et s’organisaient en groupes d’auto-défenses. Voir : Steven Hahn, A Nation under Our Feet: Black Political Struggles in the Rural South, from Slavery to the Great Migration. Cambridge, Belknap Press of Harvard University Press, 2003, 610p.; Michael W. Fitzgerald, The Union League Movement in the Deep South: Politics and Agricultural Change during Reconstruction, Baton Rouge, Louisiana State University Press, 1989, 283p.; Carl H. Moneyhon, The Union League and Biracial Politics in Reconstruction Texas, College Station, Texas A&M University Press, 2021, 401p.

[29]Donaly Brice, « Finding a Solution to Reconstruction Violence» dans Still the Arena of Civil War: Violence and Turmoil in Reconstruction Texas, 1865-1874, Kenneth Wayne Howell(dir.), Denton, University of North Texas Press, 2012, p. 197.

[30] Kirkland, Op. cit, p. 39.

[31] Ibid., p. 59.

[32] Pour l’occupation du Sud par les troupes fédérales voir: Gregory P. Downs, After Appomattox: Military Occupation and the Ends of War. After Appomattox, Cambridge, Harvard University Press, 2015, 342p.; Andrew F. Lang, In the Wake of War: Military Occupation, Emancipation, and Civil War America, Baton Rouge, Louisiana State University Press, 2018, 317p.

[33] John R. Lynch, The Facts of Reconstruction, New York, The Neale Publishing Company, 1913, p. 95.

[34] Daniel Morley McKeithan, « James, John Garland. », Handbook of Texas Online, 1995.  https://www.tshaonline.org/handbook/entries/james-john-garland. (8 mai 2021);Wm Couper, The V. M. I. New Market Cadets; Biographical Sketches of All Members of the Virginia Military Institute Corps of Cadets Who Fought in the Battle of New Market, May 15, 1864. Charlottesville, The Michie Company, 1933, p. 103–104.

[35] Virginia Military Institute, https://www.vmi.edu/archives/civil-war-and-new-market/vmi-in-civil-war-faq/ (8 mai 2021).

[36] Francis Henney Smith, The Inner Life of the V. M. I. Cadet: Its Responsibilities and Its Privileges: Introductory Address to the Corps of Cadets at the Virginia Military Institute, on the Resumption of the Academic Exercises, September 10, 1866, Lexington, 1873, p. 50.

[37] Ibid., p. 50.

[38] Annual Register of the Officers and Cadets of the Texas Military Institute, Austin, Texas, for the Academic Year. New York, University Pub. Co., 1871, p. 3-4.

[39] Rod Andrew Jr., Long Gray Lines: The Southern Military School Tradition, 1839-1915, Chapel Hill, University of North Carolina Press, p. 38.

[40] Pour historiographie sur Lost Cause et identité blanche sudiste voir: James C. Cobb, Away Down South: A History of Southern Identity. Oxford, Oxford University Press, 2005, 404p.; Adam H. Domby, The False Cause: Fraud, Fabrication, and White Supremacy in Confederate Memory, Charlottesville, The University of Virginia Press, 2020, 272p.;  Gaines M. Foster, Ghosts of the Confederacy: Defeat, the Lost Cause, and the Emergence of the New South, 1865 to 1913, New York, Oxford University Press, 1987, 317p.; Janney, Caroline E. Janney, Remembering the Civil War: Reunion and the Limits of Reconciliation. Chapel Hill, The University of North Carolina Press, 2013, 451p.

[41] Rod Andrew Jr., «Soldiers, Christians, and Patriots: The Lost Cause and Southern Military Schools, 1865-1915 », Loc.cit, p.680.; Caroline E. Janney, Op.cit, p. 131.

[42] W. Fitzhugh Brundage, The Southern Past: A Clash of Race and Memory, Cambridge, Harvard University Press, 2005, p. 4.

[43]Selon l’historien Rod Andrew Jr.: « Yet the most powerful force legitimizing the military system in southern (white) higher education may have been the image of the knightly, valorous, virtuous, and pious Confederate soldier. The legend of the Lost Cause, in which the gray-clad paladins of the South sacrificed life and limb to defend their homeland against the Yankee horde, reinforced and solidified the southern cultural notion that martial and moral virtues were inseparable. As the new southern colleges began the task of molding the young men of the next generation, therefore, they sought to instill in them the habits, feelings, and qualities expected of soldiers. They dressed them in gray uniforms, put rifles in their hands, and exhorted them to imitate the virtues of their Confederate forebears. ». Voir Rod Andrew Jr., Long Gray Lines, Op.cit, p. 56.

[44] John Garland James (dir.), The Southern Student’s Hand-Book of Selections for Reading and Oratory. New York, ASBarnes & Co, 1879, p.53-54, p.87-88, p.161-162, p. 116-117.

[45] Le discours du 21 mars 1861 de Alexander Stephens voir : Henry Cleveland, Alexander Stephens in Public and Private, Philadelphia, 1866, p. 721-723.

[46] John Garland James (dir.), Op.cit, p. 162.

[47] James, John Garland, John Garland James to Judge Baker, March 26th, 1877, boîte 1, dossier 7, Capt. James A. Baker Family papers, Op. cit.

[48] Rod Andrew Jr., Long Gray Lines, Op.cit, p. 45.

[49] Dans cet article, New South sera utilisé plus souvent que New Texas. En effet, les termes sont parfois utilisés de manière interchangeable, car ils expriment des visions idéologiques similaires. La vision d’un New South est à la base de l’expression d’un New Texas qui est attaché à son héritage sudiste et se valorisa dans son caractère de « Frontier » du Sud Antebellum. 

[50] «Proceedings in the Supreme Court of Texas: Incident to presentation of resolution on the life and the service of the late Captain James A. Baker», p. 7-8. Dans boîte 42, dossier 5, Rice Institute President Edgar Odell Lovett papers, UA 014. Woodson Research Center, Rice University, Houston, Texas.

[51] «Valedictory of Cadet G.B.  Wheelock at the Commencement Exercices of the Texas Military Institute, June 5, 1874.», Democratic American-Statesman, 7 juin, 1874, p. 1. 

[52] The Texas Cadet, Mars 1876, p. 1.

[53] Richard Bennett Hubbard, Centennial Oration of Gov. R.B. Hubbard, of Texas, Delivered at the National Exposition, Philadelphia, September 11, 1876, St. Louis, The Texas land and immigration co., 1876, p. 4.

[54] « Proceedings in the Supreme Court of Texas: Incident to presentation of resolution on the life and the service of the late Captain James A. Baker », Op. cit., p. 6.

[55] Jerry Lee West, The Bloody South Carolina Election of 1876: Wade Hampton III, the Red Shirt Campaign for Governor and the End of Reconstruction. Jefferson, McFarland & Co, 2011, 216p.

[56] Baker Jr., James A, Cadet James A. Baker Diary, Diary. voir, Box: 6. Capt. James A. Baker Family papers, MS 040. Woodson Research Center, Rice University, Houston, Texas.

[57] Texas Cadet, Mars 1876, p. 2.

[58] «Hon. John Henry Brown and his Young Friends», Daily Democratic Statesman, 9 février, 1873, p. 2.; Pour notice biographique Major Brown voir: Erma Baker, «Brown, John Henry», Handbook of Texas Online, https://www.tshaonline.org/handbook/entries/brown-john-henry. (09 février, 2023); Pour notice biographique Senator Evans, voir:  Aragorn Storm Miller, «Evans, Samuel», Handbook of Texas Online, https://www.tshaonline.org/handbook/entries/evans-samuel.(09 février, 2023); Pour notice biographique Major Van Zandt voir: Patricia P. Kinkade, «Van Zandt, Khleber Miller», Handbook of Texas Online, https://www.tshaonline.org/handbook/entries/van-zandt-khleber-miller. (09 février, 2023); Pour notice biographique Captain Thurmond, voir: Hobart Huson, «Thurmond, Alfred Sturgis», Handbook of Texas Online, https://www.tshaonline.org/handbook/entries/thurmond-alfred-sturgis. (09 février, 2023)

[59]Kenneth Wayne Howell, « Governor James Throckmorton and the Question of Frontier Violence in Reconstruction Texas, 1866-1867.» dans Still the Arena of Civil War: Violence and Turmoil in Reconstruction Texas, 1865-1874, Kenneth Wayne Howell(dir.), Denton, University of North Texas Press, 2012, p. 359-362.

[60] Ibid., 362

[61] «Commencement Exercises at the Texas Military Institute», Daily Democratic Statesman, June 6th, 1874, p. 3.

[62] Ibid., p. 3.

[63] Nichols Jr., Irby C. «Terrell, Alexander Watkins», Handbook of Texas Online, https://www.tshaonline.org/handbook/entries/terrell-alexander-watkins. (4 mai 2021)

[64] Galveston Daily News, June 13th, 1875, p. 4.

[65] « Commencement Exercises at the Texas Military Institute, » Daily Democratic Statesman, June 6th, 1874, p. 3.

[66] «The Military Prize of the Fourth of July », The Dallas Daily Herald, 20 juin, 1880, p4.

[67] Bruce Allan Olson, The Houston Light Guards: Elite Cohesion and Social Order in the New South, 1873-1940, thèse de Ph.D. (histoire), Houston, University of Houston, 1989, p. VI.

[68] Ibid., p. 109.

[69] En 1883, Mark Twain remarque sarcastisquement  dans Life on Mississippi que  « it was Sir Walter that made every gentleman in the South a Major or a Colonel, or a General or a Judge, before the war; and it was he, also, that made these gentlemen value these bogus decorations. For it was he that created rank and caste down there, and also reverence for rank and caste, and pride and pleasure in them. » dans Mark Twain, Life on the Mississippi, Boston, James R. Osgood, 1883, p. 475.

[70] «Work Hard, Study and Keep out of Politics Says James A. Baker. » Op. cit,; Kate Kirkland. Op. cit, p. 59.

[71] Cette analyse s’inspire en partie des recherches de Kristin L. Hoganson. Voir : Kristin L. Hoganson, Fighting for American Manhood: How Gender Politics Provoked the Spanish-American and Philippine-American Wars, New Haven, Yale University Press, 1998. 314p.

[72] Eleanor L. Hannah, Manhood, Citizenship, and the National Guard: Illinois, 1870-1917, Colombus, The Ohio State University Press, 2007, p. 20.

[73] « Work Hard, Study and Keep out of Politics Says James A. Baker. » Op. cit.