Actes du colloque Jean-Marie Fecteau

Redéfinir la relation avec le territoire en contexte de célébration : les journalistes et le centenaire de la Confédération

Caroline Blais
Cet article étudie les représentations symboliques et identitaires du territoire véhiculées par les journalistes canadiens et québécois lors du Centenaire de la Confédération canadienne et de l’Expo 67. Par le biais de l’analyse de chroniques et d’éditoriaux de journaux canadiens, nous cherchons à mieux comprendre les transformations identitaires qui affectaient le Canada et le Québec lors des années 1960. Nous démontrons, ainsi, que les journalistes canadiens-français ont entamé une transition identitaire qui va les amener à s’identifier à leur territoire provincial. Nous montrons également que les journalistes anglo-canadiens véhiculent de multiples appartenances identitaires qui varient en fonction des balises territoriales invoquées. Pour terminer, nous abordons les façons dont les caractéristiques matérielles et immatérielles du territoire – la nordicité, l’immensité territoriale et les ressources naturelles – sont employées pour distinguer les Canadiens.

Guerre, victoire, gloire, héroïsme : les représentations de la mythologie antique dans les entrées royales françaises de 1515 à 1517

Sarah Laflamme-Tremblay
Cet article porte sur les entrées royales de Paris (1515), Lyon (1515) et Rouen (1517) qui illustrent la façon dont la Renaissance représente les qualités guerrières et héroïques de François Ier dès le début de son règne. Une question est au cœur de cette étude : dans la mise en scène de ces entrées royales, comment le syncrétisme entre la culture chrétienne et l’héritage antique conjugue-t-il l’usage de la mythologie gréco-romaine et le renforcement d’une monarchie de droit divin?

Mobiliser l’utopie : le Projet du Siècle vu par ses concepteurs (1971-1975)

Mathieu Roy
Acte de colloque, 5e édition du colloque Jean-Marie Fecteau, mars 2020
Le présent article s’intéresse à la planification initiale de la phase 1 du projet de la Baie-James au regard des ambitions de ses concepteurs. À travers les déclarations des administrateurs du projet et des responsables politiques, nous verrons quelles représentations sociales ont été mobilisées afin de projeter dans le Nord une forme idéale de société, qui prend souvent des airs d’utopie. En plus d’être imputable à la transition que vit le Québec vers la modernité avancée, j’avance que la planification du projet a fortement été teintée par les débats entourant l’utilisation du nucléaire et par de nouvelles théories développementales mises de l’avant par les administrateurs des sociétés d’État de l’époque. En somme, les structures d’aménagement créées pour prendre en charge l’administration territoriale reflètent de nouveaux modes de pensée, en plus de s’inscrire dans un univers métasocial que les administrateurs et responsables politiques reproduisent tout autant qu’ils promeuvent.

Le « Seth asiatique » de Ramsès II, origine et justification d’un culte

Véronique Lacroix
Acte de colloque, 4e édition du colloque Jean-Marie Fecteau, mars 2019
Seth fut longtemps considéré par les anciens Égyptiens comme étant un dieu négatif dont il fallait se méfier. Il est donc étonnant de voir l’importance que prend le culte de ce dieu sous le règne de Séthi I (1290-1279 av. J.-C.) et de son fils Ramsès II (1279-1213 av. J.-C.), qui ira jusqu’à lui dédier une stèle, « la stèle de 400 années de règne ». Encore plus étonnant est le fait que le Seth vénéré par Ramsès II est représenté avec de nombreuses caractéristiques normalement associées aux dieux asiatiques. Seth fait partie de l’Ennéade, divinités primordiales de l’Égypte ancienne. Il est également connu pour être le dieu dynastique de la famille de Ramsès II. Cependant, durant le règne de ce célèbre souverain, il en vient à être adoré alors qu’il revêt des attributs et des caractéristiques étrangères. Or, les anciens Égyptiens sont réputés pour être méfiants des peuples étrangers en général, particulièrement envers ceux originaires d’Asie. L’article suivant remontera donc aux origines de l’arrivée des peuples asiatiques en Égypte afin d’expliquer comment et pourquoi les cultes asiatiques sont arrivés dans ce pays. Puis, en dernier lieu, il abordera les avantages pour Ramsès II d’adopter le culte de ce dieu résultant d’un métissage culturel.

« Messieurs les Anglais, veuillez tirer les premiers » : l’expérience de la guerre au siècle des Lumières (1715-1789)

Philipp Portelance
Acte de colloque, 4e édition du colloque Jean-Marie Fecteau, mars 2019
Le siècle des Lumières, siècle de raison et de cosmopolitisme, serait ainsi une période militairement peu importante, ou encore un « intervalle décoratif entre les guerres de Religion et […] l’industrialisation du XIXe siècle[4] ». Le XVIIIe siècle est parfois même vu comme une période moins violente entre les guerres du Roi-Soleil et celles, que certains disent totales[5], de la Révolution et de l’Empire. Au regard de celles-ci, en effet – de leur extension et de la conscription qu’elles instaurent en France[6] –, l’historiographie a longtemps présenté les guerres du siècle précédent comme limitées. Il s’agirait d’une guerre de convenance, d’une « querelle de voisinage », voire d’une affaire de famille, comme dans le film de Gérard Krawczyk Fanfan la Tulipe.

Les mariages irlandais catholiques à Montréal : 1815-1834

Jonathan Dechesne
Acte de colloque, 4e édition du colloque Jean-Marie Fecteau, mars 2019
Lors de la Grande Famine, plus de 100,000 Irlandais débarquent à Québec alors que durant le premier tiers du XIXe siècle, ils sont plusieurs autres milliers à venir s’installer en Amérique du Nord britannique[1]. De nombreuses études, publiées au cours des dernières années et basées sur des sources journalistiques, administratives ou gouvernementales, ont souligné l’importance de la diaspora irlandaise dans les deux Canadas ainsi que dans les provinces maritimes[2]. Bien que plusieurs chercheurs soulignent que Montréal accueille de plus en plus d’Irlandais vers 1815, peu se sont penchés plus en profondeur sur le sujet. Nous savons qu’ils sont présents à Montréal, mais comment les retrouver? Et, surtout, qui sont-ils plus précisément?

Entre savoir profane et révélation : la pratique exégétique de Roger Bacon

Gabriel Bellerose-Blais
Acte de colloque, 4e édition du colloque Jean-Marie-Fecteau, mars 2019
Philosophe et exégète, Roger Bacon a probablement étudié dans le milieu moins contraignant de l’université d’Oxford, qui ne connut jamais d’interdit aristotélicien. Devenu maître en Arts à Paris au cours des années 1240, celui-ci est parmi les premiers à y enseigner les libri naturales après la bulle parens scientiarum. Depuis le XIXe siècle, Bacon a souvent été perçu comme un précurseur de Galilée et de la modernité scientifique, notamment en raison de son intérêt pour l’expérimentation. De plus, son œuvre, très polémique, paraît traduire un conflit avec la plupart de ses contemporains, qu’ils soient philosophes ou théologiens.

Les femmes et les pratiques magico-médicales dans le monde gréco-romain

ISABELLE DUFOURUniversité du Québec à Montréal Résumé Même si la médecine dans le monde gréco-romain fut généralement exercée par les hommes et que les textes médicaux qui en découlent ont aussi été écrits par ceux-ci, les femmes ont néanmoins joué un rôle particulier au sein de la pratique médicale. Mais elles furent bien souvent reliées […]

Les oracles militaires dans les ιστοριαι : L’exemple des « filles de Skédasos »

JONATHAN CASTEXUniversité de Montréal Résumé Aujourd’hui plus que jamais, l’idée qu’en Grèce ancienne la guerre aurait été la sphère par excellence de la divination vacille. Les récentes publications de plusieurs milliers de lamelles en plomb, retrouvées à Dodone, infirment de façon indéniable l’authenticité des grands oracles politiques et militaires transmis par le biais de la […]

Une vingtaine de nouvelles tablettes mésopotamiennes retrouvées à l’Université McGill de Montréal

GUILLAUME SELLIERUniversité du Québec à Montréal RésuméEn 2016, 22 tablettes non étudiées, non publiées, non traduites et virtuellement inédites pour le monde scientifique, furent retrouvées dans les collections de la Bibliothèque McLennan de l’université McGill de Montréal. Ces nouvelles pièces s’ajoutent aux 48 pièces cunéiformes (tablettes, briques et cônes) conservées par cette université montréalaise, étudiées […]