Compte-rendu

Compte rendu : Jean-Louis Jadoulle, Gaël Pirard et Sarah Lapré, Le temps historien comme objet d’enseignement-apprentissage, Québec, Presses de l’Université Laval, 2026, 161 p.

Aycha Jouf-Qeddi
L’ouvrage de Jean-Louis Jadoulle, Gaël Pirard et Sarah Lapré[1] part d’un paradoxe au cœur de l’histoire et de son enseignement : alors que toute pratique historienne repose sur une mise en relation des temporalités, le temps lui-même reste peu conceptualisé. Depuis plusieurs décennies, la recherche s’est largement intéressée à la méthode historique, à la pensée historienne, à la conscience historique et à la littératie historienne, sans accorder une attention équivalente au temps comme objet de réflexion. L’ouvrage cherche à combler cette lacune en proposant une définition du « temps historien » comme objet d’enseignement-apprentissage, à l’intersection de la philosophie, de l’historiographie, de l’épistémologie et de la didactique.

Compte rendu : Melchisedek Chétima et Paul E. Lovejoy (dir), Boko Haram, Islamic Protest, and National Security, Trenton, New Jersey, AWP, 2024, 300 p.

Elias Banesé Betaré
L’ouvrage collectif intitulé Boko Haram: Islamic Protest and National Security, codirigé par Melchisedek Chétima, Professeur au département d’histoire de l’Université du Québec à Montréal et Paul E. Lovejoy, Professeur émérite à York University de Toronto, apporte une contribution substantielle aux études contemporaines sur les problématiques d’extrémismes violents. Plus précisément, il éclaircit la compréhension du terrorisme islamiste en Afrique de manière générale et aux pourtours du bassin du lac Tchad en particulier. […]

Compte rendu : Maria Stoianova, Fragments de glace , Ukraine, Norvège, Tabor Ltd., 2024, (95 minutes)

Catherine Thibeault
« Si c’est filmé, par conséquent, c’est aussi emprisonné dans la glace ». Cette citation tirée du film Fragments de glace réalisé par Maria Stoianova résume à elle seule le rôle central de l’image dans la discipline historique. Ces fragments d’histoire, sélectionnés avec soin par la réalisatrice ukrainienne, nous permettent de visualiser non pas la grande histoire de l’URSS, mais plutôt celle de ses peuples, de ses individus. […]

Compte rendu : Laurent Testot (dir.), Histoire des utopies : 3000 ans de rêves pour changer le monde, Auxerre, Sciences Humaines Éditions, 2024, 341 p.

Jérôme Lussier et Audrey St-Arnault
En 2002, Michèle Riot-Sarcey et al. lancent la discussion sur les utopies en publiant le Dictionnaire des Utopies, et dix ans plus tard, celle-ci est enrichie par une collaboration entre Le Monde et La Vie qui génère le numéro hors-série Atlas des Utopies (2012). Plus récemment, le collectif Histoire des Utopies : 3000 ans de rêves pour changer le monde (2024) s’est hissé dans l’arène historiographique afin de réactualiser les réflexions sur le sujet. […]

Compte rendu : Sanjay Subrahmanyam, Faut-il universaliser l’histoire ? Entre dérives nationalistes et identitaires, Paris, CNRS Éditions, coll. « Le nouveau monde », 2020, 144p.

Audrey St-Arnault
Sanjay Subrahmanyam s’affiche comme l’une des figures incontournables des réflexions historiographiques des dernières années. Reconnu en tant que spécialiste d’histoire économique et d’histoire et culture indiennes (XVIe-XVIIIe siècles), il est également présenté comme l’un des fondateurs du courant de l’ « histoire connectée ». Située au carrefour de l’histoire globale, […]

Compte-rendu: Thériault, Joseph Yvon et Jean-François Laniel (dirs.). Le Québec et ses autrui significatifs, Montréal, Québec-Amérique, 2021, 447 p.

Philippe Pinet
Le livre Le Québec et ses autrui significatifs, publié dans la collection « Débats » de la maison d’édition Québec-Amérique, est le plus récent effort de reconsidération multidisciplinaire (histoire, langue, littérature, sociologie, science politique, économie et théologie) des fondements de l’identité collective québécoise.  Il s’agit des actes du colloque du même nom ayant eu lieu à l’UQÀM au mois de mai 2018. Jean-François Laniel, sociologue et professeur adjoint à la Faculté de théologie de l’Université Laval, et Joseph Yvon Thériault, professeur retraité de sociologie politique à l’UQÀM, assurent l’édition des 27 textes (sous-divisés en neuf parties) composant l’ouvrage.

Compte-rendu : Michelin, Franck. La guerre du Pacifique a commencé en Indochine, 1940-1941, Paris, Passés Composés, 2019, 317p.

Julien Lehoux
Le 8 décembre 1941, le Japon déclare la guerre aux États-Unis, à la Grande-Bretagne et aux Pays-Bas en lançant plusieurs attaques simultanées sur leurs colonies en Asie. Dans l’historiographie de la Deuxième Guerre mondiale, cette date marque le début de la guerre du Pacifique. Cependant, Franck Michelin argumente dans son nouveau livre, La guerre du Pacifique a commencé en Indochine, une réévaluation temporelle du conflit qu’il fait commencer vers l’année 1940, au lieu de 1941.

Compte-rendu : Royer, Patrick. La Guerre en miroir. Conquête coloniale et pacification au Soudan occidental, Paris, Les Indes savantes, 2019, 504p.

Thomas Vennes
Cet ouvrage de Patrick Royer illustre le regain d’intérêt pour l’étude des résistances dites « primaires » des populations africaines face au colonialisme. Royer propose une anthropologie historique de la conquête du Soudan occidental (Sénégal, Mali, Burkina Faso et nord de la Côte d’Ivoire) et des réactions africaines face à l’avancé de l’armée française.